Mystérieux Ouyahia
Par R. Mahmoudi – On ne sait pas si le communiqué aussi inédit que mystérieux qu’a rendu public, hier, le Premier ministère pour «démentir» les rumeurs qui circuleraient sur une restructuration ou un remaniement «imminent» du gouvernement marque un nouveau mode de communication de l’actuel Exécutif, sur instigation incontestable de son chef, ou bien c’est le signe d’un bouleversement politique à venir.
Parce que, d’abord, sur le plan éthique, cette sortie du cabinet d’Ouyahia semble quelque peu irrévérencieuse ou, en tous les cas, maladroite. En effet, il n’appartient pas au gouvernement de parler, encore moins de façon aussi tranchée, d’une chose qui relève exclusivement des prérogatives du Président de la République. C’est lui qui, conformément à la Constitution, nomme et dégomme les ministres de la République. Dans ce cas de figure, Ouyahia donne l’impression d’avoir agi exactement comme un directeur de cabinet de la Présidence qu’il n’est plus, du moins officiellement, depuis qu’il a été nommé à la tête du gouvernement, le 15 août dernier.
Alors, cette incursion est-elle pour combler une carence, très visible en effet, en matière de communication officielle au sein de la Présidence ? A première vue, il est permis de le croire puisque, de toutes les façons, le Premier ministère est l’autorité la plus habilitée, politiquement parlant, à porter la voix du chef de l’Etat ou de l’institution présidentielle pour apporter des clarifications aussi importantes sur la vie institutionnelle.
A moins qu’Ahmed Ouyahia vise, sur un plan symbolique, à s’approprier cette fonction de porte-voix de la magistrature suprême pour des objectifs lointains, qui sont faciles à deviner.
R. M.
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