Résurgence
Par R. Mahmoudi – A moins d’une année de l’élection présidentielle, les islamistes se mobilisent et cherchent à se repositionner sur la scène politique, en retissant des alliances, en occupant les espaces et, surtout, en se partageant bien les rôles.
Fidèle à l’esprit d’entrisme hérité de son fondateur, le MSP a été le premier à annoncer son intérêt pour cette élection, abstraction faite de la participation ou non du Président sortant. Son offre pour une «solution consensuelle», réitérée, hier, lors de la première réunion de son bureau exécutif après le congrès, et les entretiens initiés récemment avec la direction du FLN, visent justement à préparer le terrain pour la prochaine étape qui devrait être, selon toute vraisemblance, celle du grand retour du MSP au gouvernement. C’est pourquoi, d’ailleurs, le courant dit «participationniste» au sein de ce parti s’était totalement effacé au dernier congrès devant Mokri et sa nouvelle feuille de route. Dans leur logique, les islamistes dits modérés semblent persuadés que la conjoncture nationale et internationale leur est favorable, et que le moment est propice pour renforcer leurs positions au sein des institutions.
Le deuxième aspect de cette «résurgence» de l’islamisme politique, c’est la montée des figures de la mouvance radicale qui tentent de peser dans le jeu politique et multiplient les sorties publiques. La rencontre «au sommet» qui a eu lieu dans une chambre d’hôpital cette semaine, à Alger, entre l’ex-numéro deux du FIS, Ali Benhadj, le chef du FJD, Abdallah Djaballah, et d’autres dirigeants islamistes, autour d’Abdelkader Boukhamkham, malade, marque une étape cruciale dans cette offensive. La levée partielle des interdictions en faveur d’Ali Benhadj, annoncée par lui-même le lendemain même de cette visite à l’hôpital Mustapha, est un autre indice que les islamistes ont actuellement le vent en poupe.
Parallèlement à ce remue-ménage, les islamistes sont plus actifs que jamais dans les forums de débat et leurs voix sont actuellement dominantes sur les réseaux sociaux. Ils reprennent leurs vieux credo : la moralisation de la vie publique (films à censurer, spectacles à interdire…) et la mise en avant des «constantes nationales», les deux thèmes avec lesquels ils réussissent à ratisser large.
R. M.
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