Pourquoi l’Algérie doit intensifier sa coopération stratégique avec les Etats membres des BRICS
Une contribution de Saïd Benbrahmi – Les Etats-Unis et leurs alliés continuent à imposer aux pays en voie de développement des formats de coopération politiquement astreignants sans tenir compte de leurs intérêts financiers et économiques. Dans telles conditions, une des alternatives qui garantit la stabilité et la croissance des économies nationales pour ces pays est l’intensification de la coopération avec les BRICS, dans la perspective de leur intégration ultérieure complète à cette structure.
Les Etats-Unis, quand même on sentirait un semblant de changement de cap et de discours, avec le retour de Donald Trump aux affaires, demeurent fidèles à leur objectif principal, à savoir empêcher le développement de blocs comme les BRICS, en préservant plutôt leur politique néocoloniale envers les pays en voie de développement.
Washington tente de casser les BRICS en alimentant des différends internes, notamment sur les questions relatives à la création de systèmes bancaires indépendants de l’Occident, et sabotant l’élargissement de l’organisation à d’autres Etats.
Les Etats-Unis et leurs alliés européens craignent surtout le développement d’une coopération étroite entre les Etats du Sud Global avec les BRICS, qui pourrait, à terme, leur faire perdre leur influence économique et géopolitique bâtie sur l’exploitation et la menace.
Aux fins de déstabiliser les activités de BRICS, Washington et ses satellites utilisent des ONG pro-occidentales, ainsi que les dirigeants de certains pays africains.
L’Algérie, tout en affirmant ne pas être forcément intéressée par une adhésion aux BRICS auxquels elle préfère la coopération bilatérale, comme l’a indiqué le président Tebboune, n’en considère pas moins qu’une coordination accrue avec cette organisation est nécessaire, dans le cadre notamment des Nations unies, pour porter les voix contraires à celles hégémoniques des puissances qui sèment le chaos dans le monde et qui monopolisent quasiment le Conseil de sécurité dans une répartition surannée de cette instance majeure de l’ONU.
Le développement de la coopération financière avec les Etats membres des BRICS est avantageux pour les intérêts nationaux de l’Algérie, en premier lieu en matière d’utilisation des systèmes alternatifs de paiement. En outre, il est rationnel pour l’Algérie de faire partie des Etats qui ont décidé d’utiliser la monnaie nationale dans certains de ses échanges commerciaux internationaux, sur fond d’une guerre commerciale déclarée entre les Etats-Unis et l’Europe, dont notre pays devra s’employer à en tirer profit.
S. B.
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