Vingt-sept imams algériens détachés en France traités comme des terroristes
Par Kamel M. – Nous apprenons de sources informées à Paris que vingt-sept imams détachés par l’Algérie au profit de la Grande Mosquée de Paris sont l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Ces imams, qui n’ont pas touché leur salaire depuis plus d’une année, sont traités comme des terroristes. Leurs passeports leur ont été confisqués par les services de Bruno Retailleau et de son prédécesseur Gérald Darmanin. Assignés à résidence dans les mosquées où ils officient, ils sont tenus de pointer tous les jours au commissariat.
Sollicité par Algeriepatriotique, le recteur de la mosquée de la Paix, à Nîmes, Abdallah Zekri, a confirmé l’information, en précisant, avec regret, que son propre imam subit la même humiliation et que celui-ci étant, à l’instar de tous ses confrères détachés, sans revenu et dans l’incapacité de payer un avocat, il a dû lui-même en constituer un à ses propres frais par souci de préserver la dignité du religieux.
La situation des imams détachés en France est dramatique, alerte-t-on. La Grande Mosquée de Paris semble ne pas avoir agi pour défendre ses propres prêcheurs, qui subissent ainsi l’avanie du gouvernement français qui les traite comme des malfrats. Chems-Eddine Hafiz n’a pas communiqué sur cette grave dérive de l’administration française et n’a pas soulevé le problème auprès des institutions officielles concernées. Du moins, aucune information n’a émané de la Grande Mosquée de Paris sur ce sujet et aucune condamnation n’a été formulée officiellement par le recteur, pourtant prompt à répondre aux médias français dès qu’il s’agit de prendre fait et cause pour celui dont il dit qu’il l’honore de son amitié, en l’occurrence Haïm Korsia, le grand rabbin de France, et de mêler sa voix à celle du CRIF pour dénoncer le pseudo-antisémitisme.
Le problème de ces imams offensés sera-t-il traité ce dimanche à Alger, lors de la réunion prévue entre le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et son homologue algérien, Ahmed Attaf ? Ces hommes de foi, indiquent nos sources à Paris, sont indispensables pour un fonctionnement normal des mosquées, qui plus est dans ce contexte marqué par une guerre sourde menée par les services secrets marocains aux fins de faire main basse sur les lieux de culte musulmans. Les imams algériens détachés sont surtout un rempart contre les prédicateurs salafistes ou affiliés à la secte des Frères musulmans, dont le rôle nocif impacte les jeunes générations de musulmans attirés par le discours extrémiste prôné par ces adeptes de ce que le Dr Dalil Boubakeur a qualifié d’«islam des caves».
K. M.
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