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Ecart abyssal

Par Karim B. – L’interview accordée par Stéphane Romatet à RFI se veut empreinte de mesure, de prudence diplomatique et d’espoir raisonné. L’ambassadeur de France à Alger y exprime le souhait que l’année en cours permette de «sortir de l’ornière» dans laquelle s’enlisent les relations franco-algériennes. Mais à bien y regarder, ces souhaits relèvent davantage du vœu pieux que d’une perspective politique crédible, tant rien, côté français, ne laisse présager un véritable retour à la normale.

Certes, le ton officiel a légèrement évolué. Le nouveau ministre de l’Intérieur a mis, selon l’expression consacrée, de l’eau dans son vin, s’alignant sur la prudence verbale du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et du nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu. La rhétorique la plus agressive semble avoir été tempérée au sommet de l’exécutif. Mais cette inflexion cosmétique ne saurait masquer le fond du problème. En effet, à Paris, aucune initiative politique forte n’a été prise pour faire réellement bouger les lignes avec Alger. Aucun geste symbolique, aucune clarification stratégique, aucune volonté assumée de rompre avec une logique de crispation devenue structurelle.

Pendant que l’exécutif temporise, la droite la plus haineuse et l’extrême-droite, elles, occupent le terrain. Sous l’impulsion du nervi politique Bruno Retailleau et avec le soutien actif de Marine Le Pen et de ses affidés, un climat délétère est méthodiquement entretenu. Discours condescendant, résolutions provocatrices, amalgames constants entre immigration, sécurité et Algérie. Tout concourt à nourrir une animosité durable à l’égard d’un pays pourtant central dans les équilibres méditerranéens et sahéliens. Ces forces politiques manœuvrent pour casser tout effort de dégel, torpillant chaque tentative d’apaisement avant même qu’elle ne prenne forme.

Dans ce contexte, les propos de Stéphane Romatet sur la nécessité de privilégier les canaux de communication apparaissent presque déconnectés du réel. Comment renouer une coopération sécuritaire et migratoire efficace quand une partie significative de la classe politique française prospère sur la confrontation et la stigmatisation ? Comment espérer une décrispation durable lorsque l’Algérie est instrumentalisée à des fins de politique intérieure française ?

On ne peut que constater l’écart abyssal entre le discours diplomatique policé relayé sur RFI et la réalité d’un rapport politique miné par l’hostilité idéologique. Tant que Paris ne s’attaquera pas frontalement à ses propres blocages, les espoirs de normalisation resteront ce qu’ils sont aujourd’hui : des paroles sans lendemain.

K. B.

14 Commentaires

  1. Que nos autorités fassent preuve de fermeté et le peuple sera avec eux.

    Les autorités françaises doivent imprimer une bonne fois pour toute que le peuple Algérien se fiche royalement de leurs injonctions.

    Les diplomates français, comme leurs aînés du temps des colonies, évoluent dans une chambre d’écho.

    Ils n’ont toujours pas compris que pour 99% des Algériens, la France dans son ensemble présente ZÉRO valeur ajoutée, et que leurs zélites politiques et médiatiques les propulsent en zone négative.

    Peut être que les chiffres du commerce extérieur leur permettront d’ouvir les yeux: ils ne peuvent pas à la fois insulter le peuple Algérien et l’état Algérien, et s’attendre à ce qu’on achète leur quincaillerie.

    Et s’ils ne comprennent pas la vérité des chiffres, tant pis pour eux.

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  2. « Ecart abyssal » titre K. B..

    Question à un doro: puisque l’écart est abyssal, pourquoi ne pas prendre la décision radicale de considérer le régime de fafa comme n’importe quel autre régime, et de cesser de nous lamenter sur les positionnements abjects de la classe politique française, dans sa grande majorité, à l’égard de notre pays?
    En termes crus, en gaspillant notre précieux temps à scruter ce que pense de nous, les algériens, la classe politique de fafa, n’agissons nous pas comme tous les colonisés qui veulent, à tout prix, arracher une reconnaissance du colonisateur?

    Réponse gratuite: je pense qu’il est temps d’oublier fafa et son régime, pour la simple raison que fafa est un pays en pleine déliquescence et que rien, absolument rien ne présage d’une quelconque remontée des abysses dans lesquelles la classe politique française a enfoncé son propre pays.

    Moralité de l’histoire: il n’y en a aucune, à part que que nous devons prendre en compte l’arrivée prochaine de la droite extrême, pour ne pas dire l’extrême droite au pouvoir et prendre nos dispositions pour affronter une politique super agressive du futur régime français.

    Wa el fahem yefhem

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  3. Décidément, C’est l’Algerie qui serait trop méchante ?
    Quoi ?
    On veut faire oublier la cause de la dégradation des relations et des rappels d’ambassadeurs… ?

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  4. L’Algérie soit d’ores et déjà envisager une victoire des « Droites dures » aux présidentielles de 2027…MACRON tout à son souci de finir son calamiteux second mandat a largement déblayé le terrain à la Peste brune des LE PEN et RETAILLEAU le petit GOEBBELS du Puy du Fou…

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  5. C’est exclusivement en france que le regime pourri de paris demande aux récidivistes, délinquants, criminels, voleurs et même illettrés ce qu’ils prévoient de faire en réponse à leurs actes répréhensibles et condamnables. On qualifie fréquemment la france comme une nation où les droits de l’homme sont mis en œuvre dans leur forme la plus authentique..

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  6. L’avenir de l’Algérie passe inéluctablement en dégageant cette france de sa vue! . La fin du 4 ème mandat de bouteflika nous à montrer à quelle point de quoi ce pays de misérables est capable.
    Ferme ta gueule romatet!, vos discours sentimentaux mêlés d’exigences ne passe plus!.

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  7. Mais de quoi attendez-vous quelque chose de concret de la part de la france ? qui sombre dans l’oubli des Algériens et Algériennes. Les harragas cassoss pour la plupart vers fafa représentent une minorité infime , nous ne sommes pas divisés comme fafa ou quelques immigrés harkis le prétendent. Hizb franssa représente également une infime minorité !

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  8. Weche, ils n ont pas compris ou il font semblant !?
    L Algérie doit cesser le langage diplomatique avec ces gens.
    Clairement, revenez le jour où vous aurez du respect pour notre nation, car votre refus de voir en face votre histoire colonialiste abjecte sans aucune ambiguïté n est que l expression du mépris profond dont vous nous gratifiez.
    On a ras le bol de votre double langage.
    Nous savons que tout ce qui vous interesse, c est nous vendre votre quinquaillerie au pris fort et que nos services de sécurité travaillent pour vous.
    Vous nous prenez vraiment pour des demeurés.
    Comme disait mon professeur: nos jugements nous jugent!

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  9. Notre histoire nous appartient et tout ce qui relève de celle ci doit nous revenir : Archives, cultures, en somme tout patrimoine matériel et immatériel , ces moyens renforcemt notre construction.

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  10. Parler d’un « retour à la normale » avec la France relève de la supercherie quand une partie significative de ses forces politiques mène une hostilité ouverte et décomplexée contre l’Algérie. Ce que Paris attend d’Alger n’est pas un dialogue, mais une capitulation. C’est là que tout se bloque.

    Comment dialoguer quand on refuse même de reconnaître la légitimité d’un État et de dirigeants élus démocratiquement, tandis que la France elle-même s’enfonce dans une crise politique où les choix électoraux sont systématiquement contournés ou vidés de leur sens ? Le deux poids deux mesures est total, assumé, et méprisant.

    Macron n’est pas un chef d’État souverain : c’est un exécutant. Un mandataire enfermé dans des rapports de force internes, soumis aux lobbys, aux réseaux idéologiques et aux calculs de court terme. Il ne décide pas, il gère la façade. Et il n’y a strictement rien à attendre de mieux tant qu’aucun événement majeur ne viendra faire exploser cet agenda verrouillé.

    Face à cela, l’Algérie n’a qu’une seule option rationnelle : tenir bon. Diversifier son économie, sortir de la dépendance européenne, multiplier les partenariats hors d’un cadre occidental devenu hostile. Car il faut le dire clairement : la France fera tout pour empêcher l’émergence d’une Algérie forte, prospère et souveraine. Non par peur, mais par refus historique d’accepter un égal en face d’elle.

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