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Leviers de puissance

Par Mehenna H. – L’Algérie vient une fois de plus de rappeler au monde que, loin de subir les sanctions, c’est plutôt elle qui les impose. Si l’histoire récente a déjà montré cette réalité face au Maroc et à la France, le différend avec les Emirats marque une étape supplémentaire dans cette dynamique de puissance assumée. Après des avertissements restés lettre morte, notre pays n’a pas hésité à passer à la vitesse supérieure, démontrant que sa posture n’est jamais le fruit du hasard, mais le résultat d’une stratégie pensée et mûrie sur le long terme.

Ce qui distingue l’Algérie sur la scène internationale, c’est avant tout sa souveraineté soigneusement préservée. Cette indépendance n’est pas théorique. Elle se traduit concrètement par une gestion rigoureuse de ses finances, une dette remboursée rubis sur l’ongle, et une économie structurée pour protéger le pays contre les chocs externes. Cette stabilité économique, loin d’être un simple gage de crédibilité, constitue un levier puissant qui lui permet de peser sur les décisions des autres Etats.

Par ailleurs, l’Algérie a su développer son économie de manière à garantir sa sécurité dans des domaines essentiels, notamment agricole, renforçant ainsi son autonomie alimentaire et sa résilience stratégique. Ce pragmatisme économique est étroitement lié à ses choix en matière de défense. En investissant dans ses capacités militaires, le pays s’est imposé comme une puissance régionale incontournable. Loin des postures théoriques, cette force concrète sur le terrain constitue un argument de poids qui oblige partenaires et rivaux à la prendre au sérieux sur l’échiquier international.

La capacité de l’Algérie à imposer sa volonté repose donc sur un triptyque solide : souveraineté financière, autonomie stratégique et puissance militaire. Elle démontre que la véritable influence ne réside pas dans la contrainte extérieure subie, mais dans la maîtrise de ses propres leviers de puissance. La première mesure de rétorsion prise à l’encontre du régime émirati vient confirmer cette logique. L’Algérie ne réagit pas seulement aux provocations, elle agit avec la certitude de disposer des moyens pour peser efficacement.

Loin d’être un acteur passif sur la scène internationale, l’Algérie illustre l’art de transformer la résilience en instrument de diplomatie active. Sa stratégie, fondée sur la prévoyance et la robustesse, fait du pays un arbitre capable de rééquilibrer les rapports de force régionaux. Dans un monde où la souveraineté est souvent menacée, l’Algérie montre qu’elle sait la défendre avec intelligence et détermination, transformant chaque défi en démonstration de sa force.

M. H.

7 Commentaires

  1. La situation du pays appelle à endiguer le culte de l’esbroufe politique et sur ses conséquences. (…)

    L’histoire récente nous a enseigné que le pays a besoin des réformes profondes qui accordent une place déterminante à l’initiative individuelle.

    Cette grille de lecture a le mérite d’exister. Ce serait une grave erreur de l’ignorer car toute erreur d’appréciation peut avoir des conséquences graves sur l’édification d’un Etat fort, d’une république économiquement solide et socialement juste, d’une Algérie libérée des entraves politiques inhérents à un système d’un autre âge et des sarcomes du sous développement.

    Il importe, au jour d’aujourd’hui, d’examiner les causes des échecs, rectifier les erreurs et définir de nouvelles options qui laissent espérer de profonds changements loin d’un conservatisme social qui étouffe, d’un sentiment obsidional qui mine et d’un poids de l’Histoire qui entrave.

    L’Algérie, jeune nation et nation jeune avec une vieille histoire, pourrait être en mesure de surmonter les défis en cours pour peu qu’il faudrait plus de sécularisation de la société, un véritable renouveau culturel, une totale liberté d’expression des voix dissidentes et un essor économique ne laissant plus qu’une portion congrue à la corruption, au népotisme et aux réflexes claniques.

    L’action, dans cette optique et ce but, est possible si nous agissons, ensemble, avec courage et dévotion qui conviennent à la situation.

    Ne nous dérobons pas au devoir qui nous incombe. Ainsi, nous affronterons les jours difficiles qui sont devant nous avec le juste courage d’une unité nationale, en ayant clairement conscience de devoir chercher des valeurs morales anciennes mais précieuses, avec la satisfaction irréprochable qui découle de la rude performance du devoir que l’on soit jeune ou vieux.

    Comme la majorité du peuple dont le patriotisme est chevillé à son corps, le citoyen algérien que je suis aspire à l’assurance d’une vie nationale, équilibrée et durable, qui permet de toujours répondre aux besoins les plus extraordinaires et ce, en changeant de cap et en prenant de nouvelles dispositions sans perdre ce que la loi fondamentale a d’essentiel.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

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  2. Aujourd’hui, dans le pays, un constat s’impose presque naturellement : le système, avec ses lourdeurs, ses imperfections et ses zones d’ombre, aura finalement constitué un passage obligé. L’histoire politique n’avance jamais en ligne droite ; elle progresse par paliers, par ajustements successifs. Or, ces dernières années, l’Algérie a incontestablement évolué vers davantage de transparence, de lisibilité, notamment sur le terrain économique.

    Rien n’est parfait, nul ne le prétend. Mais en l’espace de cinq ans seulement, l’image du pays s’est transformée de manière sensible. À l’extérieur, la perception change. La crédibilité augmente. L’Algérie redevient un acteur, non plus un simple spectateur. Sa cote diplomatique et stratégique s’est élevée, et cela se ressent jusque dans les équilibres régionaux.

    C’est pour cette raison que je n’ai jamais souscrit à cette vieille rengaine méprisante d’un peuple prétendument « fainéant ». L’histoire, elle, a déjà tranché : ce peuple a combattu, résisté, reconstruit. On ne bâtit pas une nation avec l’indolence. On la forge avec l’endurance.

    Mais il y a une règle simple que beaucoup oublient : l’Algérien ne se commande pas, il se convainc. Le braquer, c’est le perdre ; le respecter, c’est obtenir son engagement total. On ne transforme pas une société du jour au lendemain. Les habitudes, surtout les mauvaises, sont tenaces. Les réformes exigent du temps, de la pédagogie et de la patience.

    Pourtant, je demeure confiant. La nouvelle génération change la donne.

    La jeunesse algérienne est instruite, connectée, ouverte sur le monde. Elle observe, compare, apprend vite. Elle n’est ni passive ni dupe. Elle connaît le prix du sang versé pour que l’Algérie existe aujourd’hui comme nation souveraine. Cette conscience historique, couplée aux outils modernes, constitue une force considérable. C’est un capital humain que beaucoup de pays nous envient.

    La route, évidemment, sera longue. Mais l’Algérien possède une qualité rare : une capacité d’adaptation presque instinctive. Il est lucide, pragmatique, capable de se réinventer lorsque les circonstances l’exigent.

    Il faudra toutefois rester vigilant. Car toute transition comporte ses dérives.

    À vouloir être compétitif à marche forcée, certains prônent déjà l’abandon de nos acquis sociaux, comme s’ils étaient des archaïsmes. C’est une erreur dangereuse. L’Algérie n’a pas seulement mené une révolution politique ; elle a aussi porté une révolution sociale. Cette dimension fait partie de notre ADN national.

    Notre socle demeure une forme de socialisme au sens le plus noble : justice, solidarité, dignité collective. Moderniser ne signifie pas copier servilement des modèles étrangers, encore moins sacrifier les plus faibles sur l’autel de la rentabilité. Il s’agit de trouver un équilibre, une voie propre, adaptée à notre histoire et à notre société.

    Si l’Algérie est aujourd’hui attaquée de toutes parts, ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas un signe de faiblesse, mais au contraire la preuve que son évolution est visible, rapide, et qu’elle inquiète. On ne s’acharne jamais sur un pays insignifiant. On tente de freiner ceux qui avancent.

    D’où la nécessité de rester unis, lucides, patriotes, débarrassés des naïvetés et des slogans creux. Le monde change brutalement, les rapports de force se déplacent, et seuls les États dotés d’une assise politique, historique et stratégique solide survivront aux secousses.

    Certains voisins ont choisi d’échanger leur profondeur civilisationnelle contre des gains immédiats. Ces calculs à courte vue finissent toujours par se payer. Une nation qui renie ses fondements perd plus qu’elle ne gagne.

    L’Algérie, elle, doit tenir sa ligne : souveraineté, cohésion sociale, indépendance de décision.

    Et sur le plan économique, nous n’avons encore montré qu’une partie de notre potentiel. Les véritables leviers restent à activer. Ceux qui nous sous-estiment aujourd’hui feraient bien de s’en méfier demain.

    Car lorsque l’Algérie se met réellement en mouvement, elle ne progresse pas : elle change l’équation.

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  3. « La capacité de l’Algérie à imposer sa volonté repose donc sur un triptyque solide : souveraineté financière, autonomie stratégique et puissance militaire. » souligne M. H..

    Je pense que le triptyque mentionné par M. H. est nécessaire mais pas suffisant, car il lui manque un facteur essentiel qui est l’osmose et la symbiose entre le peuple et ses dirigeants qui génèrent une invincibilité historiquement prouvée (voir l’histoire du Vietnam et de Cuba, notamment).

    En effet, je persiste et signe:

    les puissances impérialistes et leurs valets ne peuvent être que des tigres en papier à une condition et une seule. il faut qu’il y ait une osmose totale entre le peuple et ses dirigeants. Il faut que leurs dirigeants soient dignes de confiance, intègres, patriotes et totalement désintéressés pour que les algériens se sacrifient, se coupent en quatre, déplacent des montagnes, assèchent des mers et anéantissent tous leurs ennemis.

    Moralité de l’histoire: l’encerclement observable de l’Algérie par des puissances ennemis n’aurait aucun impact sur l’Algérie et les algériens si et seulement si les patriotes algériens se débarrassaient rapidement des couches compradores, représentées au niveau politique par la vermine islamiste et la vermine séparatiste, dont les intérêts sont intimement imbriqués avec les intérêts de puissances impérialistes (les usa et la france, entre autres), et sous-impérialistes (la turquie et les pétro-monarchies du golfe, entre autres)*.

    Wa el fahem yefhem.

    * je continue à penser que la vermine islamiste est, au moment présent, l’ennemi principal des patriotes algériens car, elle constitue un allié objectif et subjectif des puissances impérialistes et de l’entité sioniste et leur sert de « cheval de Troie » pour fragiliser l’Algérie en tant qu’Etat et Nation.

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  4. On devrait juger tous les responsables qui ont offert la gestion des cigarettes et tabacs aux Émiratis.
    Ils sont déjà en prison. Il faut les préjuger.
    La gestion de leur compagnie aérienne, Émirates, est assurée par des Anglais…
    Rien à attendre de ces roitelets au savoir-faire inexistant.
    Bravo pour ces décisions.

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