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L’ultime chance ?

Par Mrizek Sahraoui – C’est dans un contexte de relations franco-algériennes polaires que le ministre de l’Intérieur français se rend en Algérie, déplacement de deux jours (16 et 17 février) désormais confirmé. La mission de Laurent Nuñez s’annonce herculéenne : tenter le dégel en dépit de la multitude d’embûches qui se dressent sur le chemin d’une réconciliation jusqu’ici minée par la meute algérophobe qui, elle, préfère l’escalade à l’apaisement, alors même que les intérêts de la France en ont pâti.

Mission d’une extrême difficulté. D’abord parce que son prédécesseur a laissé derrière lui un champ de ruines diplomatiques. Ensuite parce qu’il faut savoir si Laurent Nuñez a eu l’aval du président Macron, les coudées franches et la marge de manœuvre nécessaire pour discuter de tous les sujets que son homologue algérien pourrait mettre sur la table. Reste enfin à savoir si l’actuel locataire de la place Beauvau saura prendre la mesure des nombreuses doléances algériennes, notamment la libération immédiate et sans conditions du diplomate algérien pris en otage en France, la remise des individus réclamés par la justice algérienne, dont certains reconnus terroristes et ayant un lien avec l’affaire Epstein. 

Des demandes légitimes auxquelles la France doit réserver une réponse favorable si elle veut sortir de cette crise qui dure. Crise qui persiste car, il faut le savoir, l’apaisement a un prix. C’est celui d’un dialogue empreint de respect et de reconnaissance mutuelle, débarrassé des préjugés et, surtout, des postures politiciennes servant les agendas électoraux des uns et des autres. Un dialogue exempt de ce mépris, de cette arrogance, des invectives et du dénigrement systématique de l’Algérie. Toute cette litanie qui a empoisonné les relations franco-algériennes.

La solution est pourtant évidente. Il suffit de sortir de cette posture qui consiste à considérer notre pays comme l’ennemi de toujours, quoi qu’il fasse. La preuve, s’il en fallait une, c’est le traitement indigne réservé à l’initiative de Ségolène Royal par la meute et ses procureurs. Les mêmes qui n’ont pas pipé mot lorsque des négociations ont abouti à la libération de Laurent Vinatier, détenu en Russie, de Gilles Paris et Cécile Kohler, jugés et condamnés en Iran, tous les trois libérés après des négociations ayant abouti à un échange de prisonniers.

Pourtant, la présidente de l’Association France-Algérie, dont le président Tebboune a salué le courage et l’honnêteté intellectuelle, a obtenu lors de son séjour à Alger, fin janvier – elle a rendu visite à Christophe Gleizes et réussi sa mutation vers une prison près de la capitale –, ce que de longs mois de coups de menton et d’une pitoyable politique du rapport de force n’avaient pas permis. 

Alors, la visite de Laurent Nuñez en Algérie est peut-être l’ultime chance de faire entendre la voix de la raison. Et d’éteindre celle de ceux qui, à Paris, préfèrent voir Christophe Gleizes rester en prison pour servir de prétexte à leurs attaques contre l’Algérie, plutôt que de chercher une solution pérenne.

Dans l’intérêt des deux pays.

M. S.

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