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La France bascule

Par Mrizek Sahraoui – Vu de l’étranger, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais, en réalité, la France va mal, même très mal. Le macronisme touche à sa triste fin. Avec son crépuscule, c’est le basculement vers un Etat de non-droit qui s’opère et s’accélère. L’extrême-droite et ses alliés mécènes, une oligarchie conservatrice, réactionnaire et insatiable, sont sur le point de conquérir le pouvoir politique, après avoir méthodiquement verrouillé le pouvoir médiatique. 

Ainsi, les voix dissonantes sont désormais la cible de campagnes de presse ignobles où la diffamation et la criminalisation des opposants tiennent lieu de débat public. Un dernier clou s’enfonce dans le cercueil de la Ve République française dont la parenthèse va se refermer tantôt, s’accordent à prédire le peu de républicains qui résistent encore à la tempête qui s’annonce.

La France traverse une crise d’une gravité inouïe, existentielle même. Elle s’achemine à grands pas vers le chaos. Vers un Etat de non-droit dont les contours se dessinent à vue d’œil. 2026 et 2027, années d’élections, anni horribiles : des meetings de campagne pour les municipales, prévues les 15 et 22 mars 2026, perturbés, des élus menacés de mort – ils sont 77% à déclarer subir des menaces, des violences physiques pour certains, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur –, les alertes à la bombe dans les sièges des partis d’opposition se multiplient, à l’image de celle qui a visé LFI, la semaine dernière.

Cette violence politique qui monte – on meurt pour ses idées dans la France de Macron – n’est pas un phénomène de circonstance. Elle s’inscrit dans un basculement idéologique que le régime kakistocratique en place non seulement tolère, mais encourage. Ce 21 février encore, un rassemblement néonazi a été autorisé dans la ville de Lyon, où des saluts et des svastikas nazis ont été observés, des chants patriotiques rappelant les heures sombres entonnés. 

A cela s’ajoutent l’hommage rendu à l’Assemblée nationale à un militant néonazi, la validation par le Conseil constitutionnel d’une mesure instaurant une préférence nationale traduite par la suppression de l’aide au logement aux étudiants étrangers et la reprise en plein débat télévisé d’un slogan du maréchal Pétain par une candidate aux municipales à Marseille du parti de l’innommable Bruno Retailleau.

Tout cela en moins de 48 heures, sous les yeux d’un régime plus soucieux de légitimer l’extrême-droite que de protéger la démocratie. Contrairement aux boucs émissaires désignés par la propagande des médias de Vincent Bolloré, et même des médias publics, les responsabilités incombent à trois racines du mal, un mal profond qui ronge la France.

Il y a d’abord l’alliance contre-nature et mortifère entre l’extrême-droite française et le sionisme international, dont les intérêts convergent dans une entreprise commune d’éradication des voix qui ont dénoncé le génocide commis à Gaza. La proposition de loi visant à ériger l’antisionisme en délit, portée par la députée franco-israélienne Caroline Yadan et examinée en janvier dernier au Parlement, en est la parfaite illustration.

Il y a, ensuite, la stratégie de bipolarisation méthodique de la vie politique mise en place par Emmanuel Macron. Rien de moins qu’une manœuvre machiavélique visant à décaler le centre de gravité républicain vers l’extrême-droite pour mieux échapper aux critiques et finir le mandat avec le moins de dégâts possibles.

Il y a, enfin et surtout, le rôle délétère que jouent les médias totalement inféodés. Cinq milliardaires détiennent, faut-il le préciser, plus de 90% des titres de presse française. L’oligarchie, qui s’est gavée tout le long du règne macroniste, a transformé l’information en outil de propagande et en une arme redoutable contre tout positionnement réfractaire à l’ordre qui se met en place.

Pas à pas, dans la perspective d’une prise imminente du pouvoir.

M. S.

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