Par Mehenna H. – «Si tu te sens un jour inutile, rappelle-toi juste que les Etats-Unis ont consacré 20 ans, dépensé des milliards de dollars et agi sous quatre présidents pour remplacer les talibans par les… talibans», a ironisé l’historien américain antisioniste Norman Finkelstein. Cette phrase, grinçante mais terriblement lucide, résonne avec une brûlante actualité. L’escalade militaire qui se déroule actuellement en Iran, où l’ingérence hégémonique américaine répète encore et encore, presque à l’identique, les erreurs stratégiques du passé.
Après deux décennies d’interventions en Afghanistan et en Irak, marquées par des coûts humains et financiers astronomiques et des résultats géopolitiques inverses à ceux annoncés, Washington n’a tiré aucune leçon. L’histoire est pourtant là, sous nos yeux, comme un avertissement clair. Imposer par la force un ordre politique à l’étranger ne garantit ni stabilité ni sécurité. Et pourtant, aujourd’hui, l’énième agression contre l’Iran illustre cette tentation américaine de résoudre des problématiques complexes par la coercition militaire, sans aucune prise en compte des dynamiques locales.
Finkelstein pointe le ridicule tragique d’un cycle où les Etats-Unis dépensent des ressources considérables pour atteindre un objectif finalement inutile et complètement contre-productif. L’exemple afghan était emblématique. Après vingt ans, les talibans sont de retour au pouvoir, et l’intervention américaine apparait comme une série d’efforts dépensés pour reproduire le statu quo initial. La rhétorique guerrière actuelle, les sanctions renforcées et les actions militaires suggèrent que l’histoire ne sert toujours pas de guide.
Le parallèle avec l’Iran est suffisant pour alerter. Chaque intervention militaire porte un prix humain et matériel, mais surtout un coût politique durable. L’obsession de remodeler un pays selon une vision extérieure, sans tenir compte des réalités internes, entraîne des cycles de violence et de ressentiment qui échappent aux décideurs étrangers. Comme Finkelstein l’a souligné, non sans sarcasme, il s’agit d’un problème de stratégie et de perspective historique.
Si les Etats-Unis veulent éviter de répéter le scénario afghan, il est urgent de repenser la politique envers l’Iran. Diplomatie, négociation et compréhension des équilibres régionaux devraient primer sur la démonstration de puissance. Sinon, la leçon de Finkelstein continuera de s’appliquer. Des décennies d’efforts et des milliards dépensés pour aboutir au même point qu’au départ.
M. H.


