Par Kahina B.-H. – Les Premiers ministres de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal sont annoncés en Algérie dans les prochains jours, dans un contexte de renforcement des relations énergétiques et économiques avec l’Union européenne. Les visites de Giorgia Meloni, de Pedro Sanchez et de Luis Montenegro sont surtout liées à la négociation de contrats gaziers, à la sécurisation des approvisionnements européens et à la lutte contre l’immigration.
L’intérêt de l’Europe du Sud pour l’Algérie est directement lié à la guerre en Iran, qui structure fortement le contexte stratégique dans lequel ces déplacements s’inscrivent. Le conflit a accentué la peur européenne d’une crise énergétique et de nouvelles tensions régionales, ce qui pousse les pays de l’UE à chercher des partenaires fiables hors zone de conflit, et l’Algérie devient un acteur central dans ce schéma.
La guerre au Moyen-Orient a touché des goulots d’étranglement stratégiques, notamment le détroit d’Ormuz, par lequel passe environ un cinquième du pétrole mondial. La menace de fermeture ou de destructions infrastructurelles a fait remonter brutalement les prix du pétrole et du gaz.
L’Agence internationale de l’énergie qualifie cette situation de plus grande menace pour la sécurité énergétique mondiale depuis longtemps, avec des conséquences sur les factures d’électricité et d’essence en Europe, et une pression supplémentaire sur la croissance.
Cette crise énergétique agit pour l’Europe comme un frein à la croissance, un accélérateur d’inflation, un facteur de pression financière et un levier de recomposition des chaînes énergétiques et commerciales, ce qui explique en partie l’urgence de l’intérêt italien, espagnol et portugais croissant pour l’Algérie pour sécuriser les approvisionnements en gaz à moyen terme.
Les experts sont catégoriques. Dans le cas où ce conflit perdure, «on bascule d’un choc ponctuel à une crise structurelle pour l’économie mondiale et surtout pour l’Europe, avec des conséquences sur l’énergie, l’inflation, la sécurité et la géopolitique régionale».
Si la guerre se poursuit, craint-on, la confrontation Iran-Occident/Israël-Etats-Unis se durcirait, avec un risque de nouvelles alliances régionales figées, de blocages diplomatiques et une perception de «l’Europe comme spectatrice ou dépendante des Etats-Unis sur le volet sécurité».
Dans ce contexte, des pays comme l’Algérie, la Turquie, la Russie ou la Chine pourraient jouer des cartes plus offensives (négociations, contrats énergétiques, médiation) pour tirer profit de la fragmentation de l’ordre énergétique et géopolitique actuel, présage-t-on. La crise actuelle «représente une opportunité stratégique pour l’Algérie afin de transformer sa position de simple fournisseur en acteur central de la sécurité énergétique européenne», indiquent des sources spécialisées en Europe.
Ces experts économiques ont estimé que l’Algérie «reste un partenaire stable et fiable», en contraste avec l’instabilité que vivent les pays du Golfe, en soulignant la «sécurité de ses infrastructures» et la proximité géographique avec l’Europe.
L’Algérie, qui insiste sur la souveraineté de sa politique énergétique et de sa diplomatie, est appelée à jouer un rôle très important dans la crise énergétique actuelle. Etant le deuxième fournisseur de gaz à l’Italie (plus de 30% de ses besoins) et un partenaire majeur pour l’Espagne, la France et d’autres pays, elle en fait un pilier de la diversification énergétique européenne.
Elle est aussi un fournisseur stratégique de GPL et commence à peser sur le marché de l’hélium, gaz rare crucial pour les hautes technologies, ce qui renforce son rôle de «pivot énergétique» au-delà du simple gaz naturel.
L’Algérie profite de son levier gazier pour renégocier les équilibres économiques et ses relations avec l’UE, transformant la crise énergétique mondiale en une opportunité de repositionnement stratégique, non plus en simple fournisseur périphérique, mais en partenaire central dont la stabilité énergétique pèse désormais dans les calculs de sécurité et de souveraineté de l’Europe.
K. B.-H.



Il ne faut pas trop mettre en avant les atouts de l’Algérie, car cela alimente des postures agressives et menaçantes de certains pays et attisent la haine de certaines populations à l’endroit du peuple algérien. Juste une opinion!
Il ne faut pas s enflammer ce n’est pas la première que les cours flambent..ca retombera fatalement
Le plus important c est de diversité nos exportations et surtout que les recettes supplémentaires ne partent pas en importations et fausses factures pour ramène des bananes du chocolat et du kiwi
« L’atout algérien » titre K. B.-H..
je pense que l’enthousiasme affiché par l’auteur ne devrait pas nous détourner d’un constat incontournable:
les intérêts bien compris du capital financier mondial, fraction dominante du moment du capital mondial, exigent que l’Algérie (et toutes les économies pourvoyeuses d’hydrocarbures) soit réduite à un ounboub d’hydrocarbures sans robinet d’arrêt pour le plus grand profit du ………………… Grand Capital.
En termes crus, au lieu d’ergoter sur notre futur statut de « partenaire central dont la stabilité énergétique » profitons de cette opportunité pour investir*, d’une manière judicieuse, la rente générée par l’exportation des hydrocarbures dans les créneaux porteurs (l’IA, la cybersécurité, l’industrie 4.0, la biotechnologie, et) .
Ainsi, ces investissements nous permettraient de « déconstruire » le système basé sur la distribution de la rente et sur …………… la prédation, qui nous réduit à des tubes digestifs ambulants doublés de zombies décérébrés, pour mettre en place les conditions de reproduction d’un système basé sur le travail en tant qu’activité et valeur autour desquelles gravitent toutes les autres ………….. activités et valeur, système qui nous favoriserait l’émergence d’une société civile (au sens de Marx et/ou de Gramsci) composée de citoyens conscients de leurs droits et de leurs devoirs.
Moralité de l’histoire : il n’y en a aucune à part que si nous ne prenons pas garde des enjeux mondiaux du moment, nous risquons, avec une forte probabilité, de tourner en rond en consommant d’un manière improductive nos surplus financiers au lieu de prendre nos distances de notre arriération manifeste dans les divers domaines qui permettent de différencier une économie performante d’une économie arriérée.
Wa le fahem yefhem.
* Il me paraît inutile de souligner que l’importation de bus de la Chine, de bananes de l’Équateur ou de …………… kbèches (pour l’Aïd) de Roumanie , entre autres, ne peut, aucunement, être considérée comme un ………….. investissement productif.
On espère qu en contrepartie de la sécurité énergétique pour l Europe, notre pays ne gagnera pas seulement du « poisson » mais aussi des Cannes à pèche.
Sécurité énergétique contre investissements industriels et agricoles pour sortir de la dépendance des hydrocarbures, des valeurs éphémères.
Ces usines italiennes espagnoles très energivores, au lieu de nous demander plus d energie, pourquoi ne viennent elles pas s installer chez nous et profiter d une énergie bon marché !?
Ainsi tout le monde y gagnera, notre pays, du boulot pour nos jeunes, des impôts pour nos finances et, pour les usines sud-européennes expatriées, des produits très concurrentiels à l échelle mondiale.