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Epicure a fui Dubaï

Par M. Aït Amara – Il fut un temps où Dubaï se voulait le temple de l’excès. Les yachts y scintillaient comme des étoiles de pacotille, les boîtes de nuit rivalisaient de décibels pour masquer le vide moral, et la luxure se déclinait sous toutes ses formes avec l’ostentation d’un carnaval permanent. Les Emirats ont cru que l’hédonisme pouvait constituer le ciment d’une nation, que le plaisir à outrance, la débauche soigneusement scénarisée et les gratte-ciels vertigineux pouvaient remplacer la réflexion sur l’Etat et l’avenir de ses citoyens. Epicure lui-même, philosophe du plaisir raisonné, aurait fui ce mirage, car il ne s’agissait plus de cultiver le bonheur, mais de le dissoudre dans l’orgie et le clinquant.

Aujourd’hui, ce décor de cartes postales s’est déserté sous la menace des missiles qui tombent depuis l’Iran. Les avenues autrefois animées, les centres commerciaux saturés de touristes et d’illusion, ressemblent à des corridors de silence. La luxure, l’opulence et les fêtes continuent peut-être dans quelques tours isolées, mais l’ombre de la guerre transforme les fantasmes en poussière. Là où la démesure régnait, la peur s’installe, et on réalise brutalement que l’édifice n’était qu’une façade. Derrière les vitres fumées et les ascenseurs dorés, l’illusion de puissance se fissure.

Le régime émirati a cru que la grandeur d’un pays se mesurait à la hauteur de ses tours. Mais un gratte-ciel, même le plus vertigineux, n’a jamais construit une nation. La vraie puissance naît de la capacité à protéger ses citoyens, à garantir la justice, à développer une identité commune, un sens de l’histoire partagé. Dubaï a préféré compter ses hôtels de luxe et ses éclatantes galeries marchandes comme des trophées, oubliant que la sécurité, la cohésion sociale et le projet politique sont les seuls fondements durables.

Le spectacle de l’hédonisme devenu désertique dans le Las Vegas du Golfe est saisissant. Les piscines scintillantes et les suites dorées ne sont que des miroirs vides face à l’inquiétude qui règne dans la ville. L’Emirat a échoué dans l’essentiel, qui est de construire un Etat, une nation, une vision capable de durer. A la place, il a élevé des monuments à son narcissisme. Et lorsque la guerre frappe, ces monuments se dressent comme autant de témoins muets de la vanité de ceux qui croient que la hauteur d’une masse en béton mesure la grandeur d’un peuple.

M. A.-A.

4 Commentaires

  1. « Epicure a fui Dubaï » titre M. A.-A..

    je crois que nous ne devons pas perdre notre précieux temps à évoquer une illusion (les émirats), i. e. une entité artificielle, i. e. sans profondeur historique, qui disparaîtra dès que les puissances impérialistes et l’entité sioniste n’auront plus besoin de ce minable vassal.

    Wa el fahem yefhem.

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  2. Certaines chambres d’hôtels à 2000 dollars la nuit sont louées à 45 dollars maintenant

    Les Iraniens vont bientôt débarquer aux EAU pour tout prendre, ils feront comme les Israéliens en Palestine, tout est à moi.

    Tous les ultra-riches de Dubaï se sauvent actuellement à Monaco, Menton, Cannes.

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