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L’affaire Alex : symbole d’une répression croissante des voix dissidentes en France

De Paris, Saliha Fayez – Perquisitions antiterroristes, gardes à vue, contrôle judiciaire, inscription au FIJAIT, interdiction de manifester : le parcours judiciaire d’Alex, militant lyonnais engagé pour la Palestine, illustre une escalade de la répression politique en France.

Depuis plus d’un an et demi, Alex fait face à ce que la Coordination Stop Répression Palestine qualifie de véritable harcèlement de la part de l’Etat français. Son affaire met à nu une réalité devenue difficile à masquer : en France, la solidarité avec le peuple palestinien est susceptible d’être traitée comme une menace relevant de l’antiterrorisme.

En mars 2025, Alex est arrêté sur le tarmac d’un aéroport parisien à son retour d’un voyage par une équipe de la police antiterroriste. Au même moment, son domicile est perquisitionné. Après 48 heures de garde à vue et un passage devant un juge, il est placé sous contrôle judiciaire. Il sera également suspendu administrativement de son travail avant même son jugement.

Ce sont notamment des prises de position en soutien au peuple palestinien et à Georges Abdallah qui lui sont reprochées. En janvier 2026, la justice le condamne à dix mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. La décision prévoit également cinq ans d’inéligibilité et son inscription au FIJAIT, le fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes.

Quelques mois plus tard, en mars 2026, l’appareil antiterroriste est à nouveau mobilisé. Alex est perquisitionné puis placé en garde à vue pendant 48 heures. Cette fois, les poursuites concernent des propos tenus à Beyrouth, au Liban, en soutien au peuple palestinien. Il est de nouveau placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de manifester et de quitter la France, ainsi qu’une obligation de pointage hebdomadaire au commissariat.

Pour la Coordination, la disproportion est manifeste. «Alex n’est pas réprimé pour un acte, mais pour une parole, pour un discours», affirme-t-elle. Le collectif dénonce ainsi la transformation de la contestation politique en affaire sécuritaire et estime que «ce n’est pas l’acte qui est criminalisé, mais la parole».

A cela s’ajoutent la confiscation de plusieurs appareils électroniques, la fermeture de son compte bancaire et les conséquences professionnelles de la procédure. Autant de mesures qui constituent les éléments d’une pression destinée à isoler et à réduire au silence un militant politique.

L’affaire Alex n’est d’ailleurs pas isolée. La Coordination cite de nombreux militants et personnalités engagés pour la Palestine et dénonce une répression qui s’étend bien au-delà d’un seul dossier.

«Non, les opposants au génocide, à la colonisation et à l’impérialisme ne sont pas des terroristes», martèle la Coordination. Une formule qui résume l’enjeu politique de cette affaire : derrière le dossier judiciaire d’Alex se joue le droit de dénoncer la politique génocidaire israélienne, de défendre les Palestiniens et de contester la politique étrangère française sans être assimilé à une menace terroriste.

Le procès d’Alex doit se tenir le 14 septembre à Lyon. Son procès en appel dans la première affaire est prévu le 26 octobre à Paris. La Coordination appelle d’ici là à «refuser la normalisation de la répression contre les militants pro-palestiniens». Car pour la Coordination, l’enjeu dépasse largement le cas d’un seul militant. Il s’agit de savoir jusqu’où l’Etat français entend aller dans la restriction des libertés lorsqu’une partie de la population refuse de se taire face au drame palestinien.

S. F.

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