Par Mehenna H. – Le cynisme politique en France a désormais sa loi : le projet «casseurs-payeurs». Sous couvert de fermeté et de bon sens populaire, le pouvoir français s’apprête à faire voter un texte destiné à faire payer aux émeutiers les dégâts matériels causés lors des violences urbaines. L’intention paraît louable : qui casse paie. Mais en grattant le vernis de cette communication sécuritaire, l’évidence éclate, brutale et révoltante. Si l’on devait appliquer cette loi avec une rigueur absolue, c’est au sommet de l’Etat qu’il faudrait envoyer les huissiers. Les véritables casseurs de la France ne portent pas de cagoules ; ils siègent dans les dorures de l’Elysée et des ministères.
Quelle est la réalité des dégâts reprochés aux révoltés des banlieues ? Quelques vitrines brisées, des abribus fracassés, quelques paires de baskets et deux ou trois survêtements pillés dans l’euphorie destructrice d’une jeunesse abandonnée. Ces actes sont condamnables, certes. Mais ils relèvent du fait divers comparés au saccage méthodique, à grande échelle, perpétré par les dirigeants. Eux ont brisé quelque chose de bien plus précieux qu’une vitrine de magasin : ils ont cassé l’avenir économique de toute une nation.
Sous leur gouvernance hors-sol, la France a été noyée dans une dette abyssale qui frôle aujourd’hui les 3 800 milliards de dollars. Une ardoise astronomique que les futures générations devront traîner comme un boulet. Où est passée la responsabilité financière ? Où est la loi qui force ces décideurs en costume à rendre des comptes pour leur gestion calamiteuse ?
Pendant que les Français se voient imposer une austérité insupportable, l’argent public est dilapidé à l’étranger. Des milliards de dollars ont été injectés à fonds perdus pour renflouer les caisses du régime ukrainien, entretenant ainsi une guerre d’usure qui a déstabilisé l’économie mondiale, fait exploser l’inflation et plongé des millions de foyers dans la précarité énergétique. Ce sont ces choix géopolitiques et financiers irresponsables qui ont conduit tout un pays à la dérive.
Alors, qui sont les vrais casseurs ? Ceux qui volent des baskets par opportunisme de rue, ou les épicuriens qui dévalisent les contribuables et financent des conflits lointains, creusant des déficits historiques impunément ? Ce projet de loi est une diversion grossière, une tentative de braquer les projecteurs sur la micro-délinquance pour masquer la macro-destruction de l’Etat-providence. Il est grand temps d’inverser la logique : si les casseurs doivent payer, que les ploutocrates ripous et repus commencent par signer le chèque.
M. H.


