«Théâtre : beauté, vérité, bonté» de Kadour Naïmi : enfin un livre guide !

Kadour Naïmi
Kadour Naïmi présentant un de ses ouvrages de qualité. D. R.

Publié chez Dar El-Qods El-Arabi d’Oran, un livre nous arrache de la torpeur ordinaire qui lamine le monde culturel. Ecrit par Kadour Naïmi, il retrace le parcours hors pair d’un passionné du théâtre. Un ouvrage de référence et un outil de travail.

Kadour Naïmi est un intellectuel bien de chez nous. Il a écrit du théâtre, expérimenté des manières innovantes de le présenter, inventé des espaces pour le représenter, fondé des associations pour le produire et l’enseigner. Il a produit et réalisé des films, écrit des analyses, des fictions et des poèmes. Une multitude d’activités que Naïmi a imaginées puis écrites avant de les présenter en algérien (dramaturgiquement élaboré), puis en français, ensuite en Italien et, enfin, en mandarin, car il a passé des années en Chine.

A Rome, il a fondé une société de production de cinéma, couplée à une école de cinéma et de théâtre, cumulant ainsi une somme d’expériences, de savoir-faire, une connaissance de l’art et du savoir théâtral et cinématographique de chacun des pays étrangers où il a vécu, outre en Algérie, en France, en Belgique, en Italie et en Chine. Il a partout donné une image flatteuse d’une Algérie digne de nos martyrs.

Cette somme de vécus insoupçonnables a été consignée, autant que faire se peut, dans un livre magistral dont le titre est d’entrée un programme : Théâtre : beauté, vérité, bonté.

L’ouvrage se présente en cinq livres qui évoquent autant de périodes, c’est-à-dire, dans ce cas, autant de pays avec leurs cultures. Chaque livre se déploie en plusieurs parties qui décrivent les tentatives artistiques, les rencontres formatives, les difficultés et les contournements. Avec les clés pour affronter le monde des idées, le livre est une encyclopédie indispensable à chaque lecteur passionné de culture, de théâtre ou de cinéma.

Il a les traits d’un livre de chevet pour n’importe quel professionnel associatif ou curieux culturel, car il pose les problèmes, décrit les jalons et propose des issues heuristiques et des dénouements efficients.

Il reste un ouvrage universitaire avec tous les atouts du référentiel dans le domaine pour les enseignants et les étudiants en théâtre particulièrement. Bref, où la culture trouve son compte et l’art son esthétique. Un livre à avoir sous la main le cas échéant, comme dictionnaire d’un itinéraire qui, à chaque page, expose les difficultés du métier et de la pratique

R. C.

Dar El-Qods El-Arabi, impression, édition et diffusion. 10, rue Harouni-Bouziane Rondpoint, centre commercial El-Mountazah (Oran).

Comment (2)

    Mohamed El Maadi
    31 janvier 2025 - 13 h 59 min

    Je ne peux m’empêcher de penser à tous ces écrivains, intellectuels, journalistes et hommes de lettres qui ont été assassinés par les hordes islamistes cherchant à nous plonger dans l’ignorance. Je me souviens, étant très jeune, des salles de cinéma en Algérie, même dans les régions les plus isolées. Je me remémore cet instituteur aux cheveux longs qui, le week-end, prenait sa guitare pour nous faire découvrir la musique.

    Les vols d’Air Algérie, où nous étions peu nombreux, et ces bateaux où le petit déjeuner était servi par un hôte en blouse blanche avec un petit chariot. Il y avait des boîtes de nuit sur ces navires, et puis, à notre arrivée à Alger, mon cœur s’emballait devant la beauté de cette ville, où la population faisait preuve d’une éducation exemplaire et chaque individu se tenait avec dignité.

    Il est important de comprendre qu’une partie de l’Algérie a disparu, laissant place à une insouciance et une vitalité où la moralité n’était pas un slogan. Peut-être que mon propos semble déconnecté, mais je souhaite que l’on se souvienne de nos écrivains, intellectuels et artistes de théâtre qui, après l’indépendance, ont nourri l’essence même de l’Algérie.

    Puis, le cauchemar est arrivé, une nuit interminable où tout ce qui constituait l’âme algérienne, sa culture et sa joie de vivre, s’est évanoui. Dans cette obscurité qui a duré dix ans, l’adolescent algérien, celui qui aurait dû devenir un homme et contribuer à renforcer cette nation, a disparu.

    Dr Kelso
    31 janvier 2025 - 13 h 58 min

    Perfect ! Well done !
    Nous lui souhaitons plein succès pour son ouvrage.

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