Lancement des travaux de réhabilitation des quartiers de la vieille ville de Constantine

constantine vieille ville
Constantine, histoire et patrimoine. D. R.

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Brahim Merad, a présidé, jeudi, le lancement d’une opération de réhabilitation des quartiers de la vieille ville de Constantine.

Le ministre a indiqué que cette opération «vient en exécution des directives du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, relatives à l’adoption d’une vision stratégique pour la ville de Constantine dans l’optique de valoriser son patrimoine culturel unique, à la réhabiliter et à moderniser ses équipements pour lui permettre de recouvrer son statut», avant de souligner, à ce propos, «la disponibilité de l’Etat à financer les opérations de réhabilitation de la vieille ville de Constantine».

Sur le parvis du palais Ahmed Bey de Constantine, le ministre a écouté un exposé portant proposition d’une vision pour la réhabilitation et le développement de la ville de Constantine, à travers un certain nombre de projets structurants visant à valoriser les actifs et les équipements non utilisés, et à accroître son attractivité économique, sociale et culturelle, tout en restaurant et en mettant à niveau le patrimoine bâti, les venelles et les vieilles placettes urbaines pour renforcer la fonction touristique et culturelle de la ville.

Merad a rappelé, à ce propos, la «priorité accordée par le président de la République à la promotion des grandes villes, notamment Constantine, une cité chargée d’histoire», avant de noter que «son riche patrimoine lui permet d’être un pôle urbain attractif aux niveaux régionaux, national et international».

Saluant le lancement de l’opération de réhabilitation des ruelles de la vieille ville, pour laquelle un investissement public de 370 millions de dinars a été consenti, Merad a appelé à «l’implication de toutes les parties prenantes à l’effet d’enrichir la vision proposée pour le développement de la ville et ce, avant qu’elle ne soit portée devant les autorités supérieures du pays et concrétisée».

«Ces efforts s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie nationale de préservation des villes anciennes, selon une vision alliant développement durable et préservation de l’identité historique», a encore ajouté le ministre, soulignant «la nécessité de respecter le caractère architectural de la ville et d’impliquer tous les acteurs du domaine dans la mise en œuvre du processus de réhabilitation pour en assurer les meilleurs résultats».

Selon Merad, le projet de réhabilitation des ruelles de la vieille ville de Constantine constitue «une étape importante dans le processus de préservation du patrimoine culturel algérien», et «traduit la volonté de l’Etat de réaliser un développement équilibré entre l’authenticité et la modernité, conformément aux directives du président de la République».

R. C.

Comment (6)

    Algérien Pur Et Dur
    26 mars 2025 - 17 h 27 min

    Restaurer, pas raser : Constantine a besoin de sa vieille ville
    Certains s’étonnent ou critiquent les projets de l’État visant à restaurer la vieille ville de Constantine, estimant qu’il vaudrait mieux tout démolir pour construire du neuf. Mais détruire ce quartier, c’est effacer une partie essentielle de notre mémoire collective. La vieille ville n’est pas un décor vétuste : c’est un héritage vivant, un repère urbain, un symbole. Avec ses ruelles suspendues, ses maisons accrochées aux falaises et ses ponts qui relient les deux rives, cette ville ancienne incarne un génie architectural rare. Constantine est unique en Afrique du Nord et dans le monde par sa géographie, et ce quartier ancien en est la preuve vivante. On ne reconstruit pas un tel tissu urbain — on le perd à jamais si on le rase.
    Ceux qui parlent de “dépenses superflues” passent à côté de l’essentiel : la vieille ville a un potentiel touristique énorme. Mais pas n’importe quel tourisme — un tourisme de qualité, de patrimoine, qui peut faire travailler des artisans, attirer des visiteurs étrangers, et surtout créer un vrai attachement local à un bien commun. Et ça, c’est une richesse que peu de villes possèdent. À mon sens, l’Université de Constantine devrait être impliquée à fond dans ce projet, en devenant sa marraine naturelle. Ses départements d’architecture, d’histoire, de géographie et de sociologie peuvent faire de cette restauration un chantier-école, utile à la formation des étudiants et à l’ancrage de l’université dans sa ville. Cela permettrait aussi de sécuriser les lieux, de former de vrais spécialistes, et de garder les artefacts à l’abri du pillage. En clair : restaurer, c’est préserver notre identité, transmettre une histoire, et bâtir un avenir intelligent. Constantine a tout à gagner à sauver sa vieille ville. Et surtout, elle n’a rien à gagner à la sacrifier.

    Djamel
    24 mars 2025 - 0 h 38 min

    Quand je vois les plaques des rues de Constantine, des rues qui portent des noms des personnes extraordinaires mortes la plus part dans la fleur de l’age, beaucoup n’avaient pas la trentaine, j’ai envie chaque fois de pleurer, surtout quand je constate ce que sont devenues la rue BEN M’HIDI et la rue DDIDOUCHE MOURAD.
    Par pitié, j’implore les responsables d’avoir un peu de respect pour ces gens qui ont sacrifié tout ce qu’ils avaient de plus cher au monde

    el hadj
    22 mars 2025 - 8 h 52 min

    entreprendre la restauration du vieux bâti notamment la vieille ville ne devra être une opération de dépenses superflues et inutiles si tant qu il est plutôt judicieux de raser les quartiers en ruine et ériger des immeubles qui feront honneur a la ville de Constantine , trop longtemps délaissée tant ses élus locaux que par les autorités centrales .ne pas répéter les mêmes opérations aventureuses ayant entrainé des gabegies préjudiciables pour le trésor public soit disant pour illustrer la quinzaine culturelle de l époque mais qui se sont avérées être un fiasco sur tous les plans, bien cela a
    causé en outre des malformations sur certains projets de réhabilitions de lieux religieux, des revêtements de chaussées et trottoirs largement financés qui se sont très top dégradés.si on planifie une nouvelle opération pour la ville Constantine il faut non seulement un sérieux dans le choix des entrepreneurs, un établissement méticuleux des clauses des marchés, la désignation de techniciens compétents et honnêtes pour le suivi des travaux, des constats inopinés par les responsables gestionnaires et bien entendu l engagement des délégués de la société civile .

      RBOBA
      23 mars 2025 - 16 h 39 min

      Avant tout, faire appel à de VRAIS spécialistes de L’Histoire et de l’Histoire de l’Art, de VRAIS architectes spécialisés en réhabilitation de villes et/ou quartiers historiques et pas seulement des….. entrepreneurs illettrés ! Qui s’en mettront plein les fouilles !Je croyais qu’il y avait des liens culturels avec l’Italie : ce pays possède nombre de spécialistes reconnus dans le domaine du bâti ancien et historique. .La France aussi, mais vu les relations actuelles avec ce pays….Quant à détruire pour construire du neuf ?????????? C’est quoi des buildings à la manière émirati ou qatari (pays qui n’a aucune Histoire car artificiel). Vous pensez que les tourismes viennent voir les mêmes horreurs qu’ils ont chez eux ? Vous ne pensez pas que la France a assez détruit comme cela en Algérie contrairement au Maroc et à la Tunisie, raison pour lesquelles les touristes se rendent nombreux dans ces deux pays et non en Algérie ! Vous voulez continuez d’achever l’Histoire de l’Algérie en effaçant les traces anciennes, preuves de son passé riche, et contribuer ainsi au discours colonial qui dit que : « L’Algérie n’a jamais existé et que c’est une construction française » ? Contrairement au Maroc qui serait millénaire ? Les Israëliens font la même chose en ce moment en Palestine. Détruire, effacer pour (re)construire du neuf pour faire oublier l’Histoire de la Palestine et des Palestiniens !

        Anonyme
        25 mars 2025 - 7 h 02 min

        Le patrimoine dégradé du fait du non entretien est le seul responsable de cet état de fait. 63 ans après ce n’est pas la faute du colonisateur.

    Dr Kelso
    22 mars 2025 - 8 h 51 min

    Perfect ! Well done !

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