Le temps des ralliements
Par Kamel Moulfi – Après le renoncement déclaré de Hamrouche qui reporte son combat à un hypothétique après 17 avril, c’est le temps du ralliement au camp présidentiel qui commence, sans attendre que Bouteflika lui-même intervienne, d’une façon ou d’une autre, pour confirmer sa candidature annoncée par Sellal à Oran le 22 février dernier. Dans la conférence de presse qu’il a animée exceptionnellement jeudi, l’ancien chef de gouvernement a donné suffisamment d’indications sur la direction du vent dominant pour que les opportunistes sachent où ils doivent se positionner. A ceux qui croyaient que le pouvoir était encore traversé par des divisions à propos du quatrième mandat, Hamrouche a délivré un message qui les a ramenés à la réalité et que l’on peut traduire comme suit : «ils sont tous d’accord pour que ça continue». Il n’en fallait pas plus pour les hésitants qui n’étaient pas encore fixés sur leur choix, surtout qu’en face, l’opposition au camp présidentiel est restée très dispersée et n’a pas su se présenter comme une force susceptible d’offrir un cadre qui ferait contrepoids à la machine électorale mise en place par le pouvoir. Elle n’a même pas réussi à faire converger ses mots d’ordre partagés entre, d’un côté, boycott ou participation par un vote blanc ou pour un autre candidat que Bouteflika, et, de l’autre, la position attentiste de Hamrouche sur ce qui va se passer les mois ou les années qui suivront le scrutin du 17 avril. Les opposants au quatrième mandat ne cessent de crier leur consternation et leur indignation dans les colonnes des journaux, sur les sites et les plateaux de télévisions privées, avec une liberté d’expression surprenante, sans aucune réserve, et des arguments solides, mais on ne peut dire quel impact ils produisent sur le cours des événements. Personne dans cette opposition ne semble croire en les chances d’Ali Benflis qui avait été présenté au début comme l’alternative. Pis encore, il y en a qui souhaitent son retrait de cette élection comme forme de lutte contre le quatrième mandat. Mais il reste encore plus de 45 jours.
K. M.
Comment (4)
Les commentaires sont fermés.