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ONU : adoption d’une résolution ordonnant le retrait de l’entité sioniste du Golan syrien

 L’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution réclamant «l’illégalité» de la poursuite de l’occupation et l’annexion par l’entité sioniste du Golan syrien, réclamant son retrait jusqu’à la ligne du 4 juin 1967, a rapporté mercredi l’agence de presse syrienne Sana.

Le projet de résolution, rédigé et présenté par l’Egypte, a été adopté mardi à la majorité de 123 voix, avec 41 abstentions de vote.

La résolution a déclaré que la décision de l’entité sioniste du 14 décembre 1981, relative à la gestion par celle-ci du Golan syrien, est «nulle et non avenue».

Le texte réclame que l’entité sioniste se retire totalement du Golan occupé jusqu’à la ligne du 4 juin 1967, conformément aux résolutions pertinentes adoptées par le Conseil de sécurité.

R. I.

2 Commentaires

  1. La résolution exigeant le retrait israélien du Golan pourrait passer, à première lecture, pour un rappel de droit international de plus. Elle ne l’est pas. Derrière cette gesticulation solennelle se déploie une alchimie politique plus trouble : l’influence persistante des Accords d’Abraham, l’effacement stratégique de l’Égypte et le remodelage discret du Levant post-2024.

    Il faut d’abord comprendre le paradoxe : on proclame un retrait, mais on sait qu’Israël n’abandonnera ni les hauteurs, ni la maîtrise stratégique que lui offre le Golan. Alors pourquoi ce texte ? Parce qu’il sert de paravent à un jeu diplomatique beaucoup plus large, initié depuis les rapprochements israélo-arabes de 2020 et prolongé par les nouvelles configurations régionales.

    Les Accords d’Abraham ne sont jamais loin : ils ont reconfiguré les alliances, redessiné les lignes de confiance et créé un axe discret où certains États arabes, soucieux de stabilité interne, préfèrent composer avec Israël que d’ouvrir des fronts idéologiques. Dans cette architecture nouvelle, la question du Golan devient un jeton d’ajustement, un instrument symbolique permettant aux capitales arabes de maintenir, à peu de frais, une façade de cohérence vis-à-vis de leur opinion publique. On condamne l’occupation, tout en laissant intact le statu quo qui sous-tend les rapprochements stratégiques opérés depuis 2020.

    Et voici l’Égypte, auteur de la résolution, mais puissance en retrait. L’Égypte de 2025 n’est plus celle qui tenait le Levant d’une main ferme. Sa marge militaire est réduite, sa pression diplomatique inexistante, son rôle régional marginalisé par le tandem israélo-émirati d’un côté, et par la Turquie et l’Arabie saoudite de l’autre. Alors pourquoi prendre l’initiative ? Justement parce qu’elle ne coûte rien. Le Caire se trouve à court d’influence réelle : il lui reste la posture. Déposer l’initiative lui permet de renouer avec son vieux rôle de « pilier du monde arabe » — une façade sans armature. Cette activisme modeste agit comme un masque : il donne l’illusion d’un retour égyptien dans le jeu alors même que l’Égypte n’a plus de levier direct sur la Syrie, Israël ou la sécurité régionale.

    Derrière la résolution, un autre enjeu s’invite : l’équation druze. Car si l’on imagine encore un retrait du Golan, une question bloque tout calcul rationnel : que deviendrait une population dont une part substantielle possède désormais la nationalité israélienne, travaille en Israël, y étudie, s’y marie, y construit sa vie ? Les liens affectifs et économiques tissés depuis quarante ans rendent tout scénario de réincorporation syrienne quasi irréalisable. Ce n’est plus un dossier territorial, mais un dossier humain — infiniment plus complexe.

    Ainsi se referme le cercle : une résolution de droit, un statu quo militaire, une population druze enracinée des deux côtés de la frontière, une Égypte qui joue à ressusciter son prestige sans en avoir les outils, un contexte façonné par les Accords d’Abraham où l’on condamne officiellement ce que l’on tolère officieusement. Rien n’est fortuit dans cette bouillabaisse diplomatique : on parle de Golan, mais on pense stabilité ; on brandit le droit international, mais on négocie des lignes de sécurité ; on évoque la Syrie, mais on regarde le Golfe.

    Le mystère n’est donc pas dans la résolution elle-même, mais dans l’élégance feutrée avec laquelle les États tentent de sauver les apparences tout en pliant devant les équilibres nouveaux. Le Golan reste occupé. L’Égypte fait semblant d’exister. Les Accords d’Abraham continuent de dicter la grammaire stratégique régionale. Et l’ONU sert, comme souvent, de rideau — à défaut de scène.

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