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Migrations : la cheffe de l’OIM à Alger Lalini Veerasamy salue un partenariat exemplaire avec l’Algérie

Par Farida O. – Dans un contexte mondial où la migration est devenue l’un des dossiers les plus complexes et les plus politisés, l’Algérie occupe une position singulière. Pays de transit et de destination à la fois, elle se trouve au carrefour des flux migratoires entre l’Afrique subsaharienne, le Sahel et l’Europe. C’est ce rôle central qu’a analysé Mme Lalini Veerasamy, cheffe de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Algérie, dans un entretien approfondi accordé à nos confrères d’El-Khabar.

Membre de l’OIM depuis 2002, l’Algérie accueille la mission de l’organisation onusienne depuis 2017. «Les priorités sont définies par l’Etat membre», explique Mme Veerasamy, soulignant que l’OIM agit en appui aux autorités nationales pour répondre aux défis spécifiques liés à la migration. Le principal, selon elle, réside dans la situation géographique du pays, qui attire des milliers de migrants originaires majoritairement d’Afrique de l’Ouest, à la recherche de travail ou d’une vie meilleure.

Contrairement aux idées reçues, l’Algérie n’est pas seulement un pays de passage. «Elle est aussi un pays de destination», rappelle la responsable de l’OIM, précisant que de nombreux migrants, souvent en situation de vulnérabilité, ont besoin d’un accompagnement humanitaire. C’est dans ce cadre que s’inscrit le programme phare de l’organisation : l’aide au retour volontaire et à la réintégration.

Ce programme, qualifié de «choix humain et digne», constitue le pilier de la coopération entre l’OIM et l’Algérie. Il permet aux migrants de rentrer volontairement dans leur pays d’origine, en toute sécurité et avec un accompagnement psychosocial et professionnel. «En 2025 seulement, nous aurons réalisé près de 9 500 retours volontaires», indique Mme Veerasamy, un chiffre en forte hausse par rapport aux années précédentes, preuve selon elle de la confiance accordée au dispositif.

Les principaux bénéficiaires proviennent du Mali, du Burkina Faso, de la Guinée, du Bénin ou encore du Nigeria, mais aussi, dans une moindre mesure, d’Asie et de la Corne de l’Afrique. Une fois rentrés, les migrants sont suivis par les équipes de l’OIM dans leurs pays afin de favoriser leur réintégration et leur autonomie.

L’entretien avec El-Khabar met également en lumière les efforts de l’Algérie en matière de protection des droits des migrants, notamment l’accès à la santé, la prise en charge des femmes et des enfants, ainsi que la lutte contre la traite des êtres humains. L’adoption en 2023 d’une loi spécifique contre le trafic et la traite est saluée comme «un pas majeur», même si sa mise en œuvre reste un défi.

Mme Lalini Veerasamy insiste enfin sur l’approche algérienne, qu’elle qualifie de «non politisée». «L’Algérie ne cherche pas à instrumentaliser la migration», affirme-t-elle, notant que le pays privilégie la coopération avec l’Union européenne, l’Afrique et les agences onusiennes pour trouver des solutions durables. A ses yeux, ce positionnement, conforme au Pacte mondial pour les migrations, pourrait faire de l’Algérie un modèle régional dans la gestion humaine et responsable des migrations.

F. O.

3 Commentaires

  1. Derrière les filières de migration illégale et les passeurs, des ong droits-de-l’hommiste et des réseaux criminels organisés. Quand la bien-pensance flirte avec le cynisme, ça donne toujours des drames.

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  2. Voilà qui devrait rabattre le caquet d’une certaine « bassecour » médiatique dont le coq – les ergots dans la merde – chante à tue-tête, de l’aube au coucher, que le « régime algérien » abandonnerait des migrants en plein Sahara sans eau et nourriture…De régime de cette espèce, on n’en connaît qu’un : la narco-monarchie du roi PETAUD VI qui les massacre par dizaines sans états d’âme, comme ce jour funeste de juin 2022 où la police de BOUSBIR a tué 23 migrants…

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