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Coopération algéro-indienne : New Delhi mise sur l’Algérie comme future «pharmacie de l’Afrique»

Par Farida O.  – Les relations algéro-indiennes dans le secteur des industries pharmaceutiques connaissent une dynamique inédite, marquant l’entrée dans une nouvelle phase stratégique, a affirmé l’ambassadrice de l’Inde en Algérie, Swati Vijay Kulkarni, en marge du Forum algéro-indien du médicament tenu récemment à Alger. La diplomate a souligné que cette évolution est illustrée par la venue d’une délégation exceptionnelle de 65 entreprises pharmaceutiques indiennes, toutes issues d’un même secteur, une première en ce début d’année.

Dans une déclaration accordée à Echorouk, l’ambassadrice a indiqué que cette forte présence témoigne de la profondeur du partenariat entre les deux pays dans un domaine qu’elle qualifie de stratégique. Elle a précisé que les rencontres entre opérateurs indiens et algériens ont permis d’examiner de nouvelles pistes de coopération, notamment à travers l’élargissement des projets communs et le développement de partenariats industriels durables.

Swati Vijay Kulkarni a estimé que ces échanges devraient aboutir à la génération d’un chiffre d’affaires d’au moins 100 millions de dollars, rappelant que les entreprises pharmaceutiques indiennes ont réalisé près de 15 millions de dollars d’activités sur le marché algérien l’année dernière. Elle a également indiqué que les exportations pharmaceutiques indiennes vers l’Algérie ont atteint environ 80 millions de dollars, confirmant la place centrale du médicament dans les échanges bilatéraux.

Lors de son intervention au forum organisé à Alger, l’ambassadrice a mis en avant le potentiel des deux pays. Elle a rappelé que le marché pharmaceutique indien est estimé à 55 milliards de dollars, tandis que l’Algérie dispose de plus de 150 usines de production de médicaments, avec des avancées notables en matière de couverture des besoins nationaux et d’ouverture vers les marchés africains.

La diplomate indienne a également souligné que l’Inde souhaite renforcer son engagement en Algérie à travers le transfert de technologie, l’implantation d’unités de production et le développement d’un tissu industriel local performant. Elle a affirmé que son pays considère l’Algérie comme un partenaire clé, capable de jouer un rôle central sur le continent africain.

Evoquant les relations globales entre Alger et New Delhi, Swati Vijay Kulkarni a rappelé que le volume des échanges commerciaux entre les deux pays s’élève à 1,7 milliard de dollars, estimant que le secteur pharmaceutique constitue l’un des leviers majeurs de cette coopération. Elle a enfin affirmé que l’Algérie est appelée, selon la vision indienne, à devenir une véritable «pharmacie de l’Afrique», avec l’Inde comme partenaire stratégique dans cette ambition.

F. O.

5 Commentaires

  1. L’ambition que New Delhi projette sur l’Algérie — celle d’une future pharmacie de l’Afrique — demeure, en réalité, bien modeste au regard du potentiel réel du pays.

    L’Algérie peut et doit viser davantage : devenir une puissance régionale de **recherche médicale**, dotée de grands centres hospitaliers de référence, capables d’innover, de former et de soigner au plus haut niveau. La santé n’est pas un simple secteur social ; c’est un **enjeu stratégique de souveraineté**, au même titre que l’énergie ou la défense.

    Notre pays dispose d’un atout rarement mis en avant : un capital humain médical exceptionnel, disséminé à travers le monde. Des professeurs algériens figurent parmi les pionniers de disciplines de pointe. Je me souviens notamment de l’un d’eux, à l’origine d’un dispositif révolutionnaire de conservation d’organes permettant leur préservation durant plusieurs jours — une avancée majeure dans la transplantation.

    L’Algérie a donc vocation à devenir un **pôle africain de recherche biomédicale**, capable non seulement de soigner sa population, mais aussi d’accueillir — dans un cadre maîtrisé — les responsables politiques, diplomatiques et institutionnels africains. Soigner nos propres dirigeants sur le sol national serait déjà un acte fort de crédibilité et de souveraineté.

    En revanche, il serait politiquement dangereux et économiquement suicidaire de transformer le pays en centre médical humanitaire à ciel ouvert, où l’ensemble de la détresse maghrébine et africaine viendrait se soigner indéfiniment aux frais du contribuable algérien.

    La vocation de l’Algérie n’est pas la charité permanente, mais **l’excellence**, la **recherche**, la **maîtrise technologique** et la **puissance sanitaire**.

    Être la pharmacie de l’Afrique est une fonction.
    Devenir l’un de ses cerveaux médicaux serait une stratégie.

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  2. Même en affaires, la courses aux contrats et aux bénéfices ne doit pas se faire au détriment du respect et de la souveraineté de chacun. L’Inde l’a parfaitement compris, contrairement à « quelques pays » – dont un en particulier – qui prennent l’Algérie pour leur chasse gardée et un simple débouché pour leurs industries…On se souvient de l’ancien ministre de l’industrie pharmaceutique Ali AOUN, qui, ce mois de février 2023, sermonnait les représentants du groupe pharmaceutique danois en Algérie :  » «Le groupe NOVO NORDISK est présent en Algérie depuis quatre-vingt-cinq ans. Il fallait attendre toutes ces années pour voir un investissement de plus de 65 millions d’euros ! » s’est indigné l’ex-ministre. Un laboratoire danois qui semble avoir entendu le « message » en revenant à de « meilleures intentions »…

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  3. Les indous sont connus dans l’industrie pharmaceutique mais il faut aussi savoir s’en méfier. Seuls les algériens hautement compétents à l international doivent leur face. Incorruptibles aussi sinon bonjour les ennuis à la Mital.

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