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Le pet de la prière

Par Mehenna H. – Décidément, les proverbes algériens ont l’élégance cruelle des vérités qui voyagent bien. On les croyait nés pour irriguer la sagesse des villages, les voilà recyclés en clés de lecture géopolitique, taillés sur mesure pour le pitoyable voisin de l’Ouest. Après le «faux riche nu parce qu’habillé avec l’argent des autres», voici donc le «pet de la prière», cette flatulence symbolique qui annule l’ablution du fidèle, autrement dit, l’illusion de pureté que le moindre courant d’air dissipe. A peine proclamée, la solennité s’évapore.

Il y a, en effet, des ambitions qui sonnent creux. Le Maroc, tout heureux d’avoir été «sollicité» par Donald Trump, s’est cru invité à la table des grands, alors qu’on lui proposait surtout un strapontin laissé vacant par des Etats sérieux, trop occupés à ne pas cautionner la mascarade d’un prétendu Conseil de la paix. Un machin diplomatique mort-né, conçu pour la photo souvenir et promis à l’oubli sitôt que l’éphémère président américain, empêtré dans des contestations titanesques chez lui, aura quitté la scène. Le pet, ici, a fait son œuvre : l’ablution diplomatique n’a pas tenu.

Revenons donc au Maroc. Il aura suffi que Mohammed Ben Zayed, sous-traitant zélé de Tel-Aviv, sonne la cloche de la normalisation pour que le régime marocain se précipite, souffle court et regard brillant, dans les bras de l’entité sioniste. Une course effrénée, sans carte ni boussole, où l’essentiel n’est pas la direction mais la vitesse. Le but ? Appartenir à quelque chose, n’importe quoi, pourvu que ça donne l’allure d’un pays qui compte. Quitte à ressembler à une poule sans tête, courant d’un forum à l’autre, d’un parrain à l’autre, pour grappiller un vernis de respectabilité.

La satire est facile, dira-t-on. Peut-être. Mais elle s’impose quand la politique étrangère se confond avec une quête d’apparences, quand l’histoire se résume à un album de selfies et la souveraineté à un communiqué flatteur.

Les proverbes ne mentent pas. Ils rappellent que l’emprunt de prestige ne fait pas la puissance, que l’odeur de la prière ne remplace pas l’acte, et que les vents de l’opportunisme finissent toujours par dissiper les faux-semblants.

A force de courir après des invitations creuses, on oublie de bâtir une maison solide. Et quand le vent se lève – il se lève toujours –, il ne reste que le silence embarrassé de l’ablution annulée.

M. H.

1 Commentaires

  1. Le « Pet de la Prière » pour les Makhnez est une véritable tradition cultuelle scellant une tradition Sociologique inavouable et surtout innommable sur ce Site ……..Remarquez ……le « géant » sur la Photo a des Atomes très crochus avec l Engeance du Makhnez en ce qui concerne l inavouable et l innommable ……………

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