Par Mehenna H. – Avec son podcast au titre évocateur – «Nid d’espions» –, L’Express remet en scène une figure devenue familière de l’imaginaire éditorial des médias français : le général Toufik. Charlotte Lalanne et Charlotte Baris annoncent vouloir dresser le portrait du «puissant général». L’intention pourrait promettre une analyse fouillée, mais le résultat s’inscrit plutôt dans la tradition bien rodée du récit haletant où l’atmosphère l’emporte sur la démonstration.
Le choix du titre donne le ton. Avant même d’entrer dans les faits, le décor est planté : réseaux occultes, loyautés troubles, intrigues feutrées. Le portrait se construit alors sous le coutumier prisme déformant, alimenté par une cybermythologie tenace à laquelle le journalisme français s’accroche avec constance. Le soupçon devient méthode, l’évocation tient lieu de preuve et la suggestion remplace l’enquête contradictoire.
Rien n’interdit de s’intéresser au rôle central qu’a pu jouer le général Toufik dans l’histoire sécuritaire et politique algérienne. Mais un tel sujet exige une contextualisation rigoureuse, un travail sur les sources, une confrontation des points de vue. A défaut, l’analyse glisse vers la narration. Le «puissant général» cesse d’être un acteur inscrit dans une trajectoire nationale complexe pour devenir un personnage de roman.
Ce traitement, qui n’est pas anodin, s’inscrit dans une manière récurrente d’aborder l’Algérie à travers le filtre de l’opacité supposée, des réseaux invisibles et des stratégies souterraines. La répétition de ces schémas finit par produire une vision figée. Comme si le pays ne pouvait être compris qu’à travers le lexique de l’espionnage et de la manipulation permanente.
En réaction à L’Express, un commentateur ironise en affirmant que ce nid de cons serait au chômage sans l’Algérie. La formule souligne une réalité : les médias français puisent dans ce sujet une ressource inépuisable, au risque d’en épuiser la nuance. A force de revenir aux mêmes figures et aux mêmes angles, on confond profondeur et insistance.
La question dépasse un simple podcast et touche à la crédibilité d’une école journalistique française présentée pompeusement comme un modèle d’exigence. Si la priorité devient le récit accrocheur plutôt que la restitution scrupuleuse des faits, la promesse d’information s’effrite.
Le général Toufik mérite mieux qu’un décor de «nid d’espions». Les auditeurs et les lecteurs français – s’il en reste – aussi.
M. H.



Bonjour
Ce qui est saisissant c’est quand on parle de l’Algérie c’est en mal a y croire en Algérie et part delà les Algériens nous sommes des tordus des bons a rien en fait nous ne valons pas grand chose mieux nous nous distinguons dans l’inutile nous sommes là pour nuire .
Voila le constat raciste permanent que l’on a d’une majorité de journalistes Français de parlementaires Français .
A un moment donné il faudra dire stop