Urgent |

Messali Hadj : les confidences inédites de sa fille sur le père du Mouvement national algérien

De Paris, Saliha Fayez – A l’ occasion du centenaire de la création de l’Etoile nord-africaine, fondée en juin 1926, Djanina Messali Benkelfat, fille de Messali Hadj, a accordé un entretien au journaliste français d’origine algérienne Rachid Arhab. Depuis son domicile en Espagne, elle est revenue sur le parcours de son père, considéré comme l’un des principaux précurseurs du Mouvement national algérien, mais également sur l’histoire de sa famille et la transmission de cette mémoire aux générations suivantes.

Au cours de l’entretien, Djanina Messali a rappelé que son père avait passé une grande partie de sa vie en détention ou en résidence surveillée. «J’ai surtout vu mon père en prison», a-t-elle déclaré, évoquant notamment ses visites à la prison de Lambèse alors qu’elle était encore enfant.

Elle garde le souvenir d’un homme marqué par la répression coloniale mais également d’un père attentif à sa famille. Interrogée sur sa personnalité, elle l’a décrit comme «charmant», «tendre» et «doté d’un grand sens de l’écoute».

L’entretien a également permis d’évoquer le rôle d’Emilie Busquant, épouse de Messali Hadj. Militante syndicaliste originaire de Lorraine, elle a accompagné l’engagement politique de son mari tout au long de son parcours. Selon sa fille, c’est elle qui confectionna le premier drapeau algérien à Paris. Durant les nombreuses absences de Messali Hadj, elle assura seule l’éducation de leur fille et participa à l’organisation du Mouvement nationaliste.

Djanina Messali est revenue sur les circonstances du décès de sa mère en 1953, relatant l’hommage qui lui fut rendu à Alger avant le rapatriement de son corps vers la France. Selon son témoignage, les dockers du port interrompirent leur travail lors du passage du cercueil et plusieurs navires firent retentir leurs sirènes.

Interrogée sur le 5 juillet 1962, date de l’indépendance de l’Algérie, Djanina Messali a rappelé que son père se trouvait alors en France. «Il n’était pas en Algérie le jour de l’indépendance», a-t-elle indiqué, soulignant que celui qui avait porté très tôt la revendication indépendantiste n’avait pas participé aux célébrations officielles.

L’entretien a également abordé la question de la reconnaissance institutionnelle de la famille Messali. La fille du dirigeant nationaliste a révélé avoir obtenu sa première carte nationale d’identité algérienne en 2023 auprès du consulat d’Algérie à Paris.

Sa fille Leïla, également présente lors de l’entretien, est revenue sur la visite effectuée en Algérie en 2011 à l’invitation du défunt président Abdelaziz Bouteflika, à l’occasion de l’inauguration de l’aéroport de Tlemcen portant le nom de Messali Hadj. Elle a notamment évoqué la présence d’Ahmed Ben Bella à leur arrivée à Alger, un moment qu’elle a qualifié de particulièrement marquant pour la famille.

Enfin, Leïla Messali a souligné l’importance du travail de transmission réalisé par sa mère, notamment à travers la publication du livre Une vie partagée avec mon père Messali. Elle a expliqué avoir découvert à cette occasion plusieurs épisodes de l’histoire familiale dont elle n’avait jusque-là qu’une connaissance partielle.

En conclusion de l’entretien, Djanina Messali a résumé son rôle en une formule : «Je suis une transmission», affirmant ainsi sa volonté de préserver et de transmettre la mémoire de son père et de son engagement dans le Mouvement national algérien.

S. F.

Laisser un commentaire