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Le drapeau sahraoui flotte à Laâyoune : un double message lancé au Maroc et à la France

Par Mohamed K. – A Laâyoune, au Sahara Occidental, un geste hautement symbolique est venu rappeler que, malgré les démonstrations diplomatiques et les soutiens internationaux fictifs dont se vante Rabat, la revendication sahraouie demeure vivace. De jeunes militants sahraouis ont abaissé le drapeau marocain à l’entrée d’un établissement scolaire avant d’y hisser celui de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), transformant ce lieu en symbole de leur aspiration à l’inexorable indépendance.

Pour les auteurs de cette action, il ne s’agit pas d’un simple coup d’éclat. Ce geste est l’expression d’un refus de voir la question du Sahara Occidental considérée comme définitivement tranchée. En remplaçant l’emblème du maréchal Lyautey par celui de la RASD, ces jeunes entendent affirmer que, malgré des décennies de contrôle marocain sur la majeure partie du territoire, le peuple sahraoui continue de revendiquer son droit à décider librement de son avenir.

Le calendrier de cette action lui confère une résonance politique particulière. Elle intervient au lendemain de la visite du nouvel ambassadeur de France au Maroc, Louis Alliot, à Laâyoune. Ce déplacement, promu par l’occupant marocain comme le reflet d’un partenariat renforcé avec la France, est perçu par les militants sahraouis comme une nouvelle illustration du soutien français à l’hypothétique plan marocain d’autonomie.

Depuis plusieurs mois, la diplomatie française défend cette initiative dans les enceintes internationales comme une base de règlement du conflit. Une position rejetée par le Front Polisario et par toutes les organisations sahraouies, qui considèrent qu’elle marginalise la perspective d’un référendum d’autodétermination, soutenue dans le seul cadre légal des Nations unies.

Dans cette perspective, l’action menée à Laâyoune est une réponse éminemment politique adressée à deux capitales. A Rabat, elle signifie que les symboles de la souveraineté marocaine continuent d’être contestés par le peuple sahraoui. A Paris, elle exprime le refus de voir les choix diplomatiques français être interprétés comme le reflet d’un consensus sur l’avenir du territoire.

Au-delà de l’acte courageux lui-même, cet épisode rappelle que le Sahara Occidental demeure l’un des conflits de décolonisation les plus anciens encore inscrits à l’agenda des Nations unies. Alors que les initiatives diplomatiques se multiplient sans parvenir à rapprocher les positions, à cause des atermoiements marocains et des manœuvres dilatoires françaises, le terrain continue d’être le théâtre de gestes symboliques qui traduisent la profondeur et la pérennité du combat sahraoui.

Pour les militants sahraouis, le drapeau hissé à Laâyoune se veut le rappel que, derrière les déclarations officielles et les équilibres géopolitiques, la revendication d’autodétermination reste au cœur de la question sahraouie.M. K.

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