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Quand Rahabi renvoie Tahar Ben Jelloun, Omar Hilale et Moncef Marzouki dans les cordes

Par Kahina. B.-H. – S’exprimant dans les colonnes de nos confrères d’El-Khabar, l’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi interroge l’impact de la crise de Ceuta sur la géopolitique algérienne et met en évidence les rôles respectifs des différents acteurs directs et indirects qui alimentent ce qu’il qualifie de «stratégie de tension permanente». L’analyse de l’ancien diplomate s’articule autour de trois faits marquants qui illustrent, selon lui, la recrudescence d’une hostilité flagrante envers Alger.

D’emblée, il s’attaque à l’impertinence d’Omar Hilale à l’ONU, y voyant la première illustration d’une réécriture de l’histoire visant à nier la profondeur territoriale et souveraine de l’Algérie.

Pour Rahabi, ces déclarations, qui font écho à ses appels à la sécession de la Kabylie en 2021, traduisent une confusion délibérée entre le concept occidental d’Etat moderne et l’histoire ancienne. L’ancien ministre rappelle que l’Algérie puise sa souveraineté et ses frontières dans un socle millénaire, la Numidie de Massinissa, qui possédait tous les attributs d’un Etat bien avant l’apparition de ses voisins ou des puissances coloniales, qu’il s’agisse des empires antiques comme Rome et Carthage, ou des dominations plus tardives comme l’Empire ottoman et la France.

Dans un deuxième temps, l’ancien ministre de la Communication s’attaque à Tahar Ben Jelloun, qualifié d’«écrivain le plus décoré du Maroc». Rahabi lui reproche d’avoir faussement affirmé que l’Algérie téléguidait la «marche bleue» à Ceuta et composait la majorité des 72 000 migrants. Pour lui, ces contrevérités visent délibérément à nuire à l’Algérie en l’associant au désordre et à la violence, tout en déshumanisant les migrants pour en faire de simples leviers d’ajustement géopolitique aux frontières algériennes.

Enfin, Rahabi dénonce l’ingérence de l’innommable Moncef Marzouki, ancien président tunisien. Il l’accuse ouvertement d’appeler de nouveau à un «hirak» en Algérie et de rompre avec la neutralité historique de la Tunisie sur le Sahara Occidental. Pour Rahabi, Marzouki a agi pour le compte de la France et du royaume voyou du Maroc, allant jusqu’à proposer en 2014 un marché géopolitique inédit : l’acceptation du plan d’autonomie marocain par Alger contre un accès à l’Atlantique.

Pour Rahabi, ces trois événements ne sont pas isolés. Ces déclarations convergentes traduisent le «double jeu» maîtrisé du Makhzen. Ce dernier affiche une volonté de normalisation par canaux officiels tout en orchestrant une guerre d’usure et d’hostilité à travers ses relais officieux.

Selon l’ancien diplomate, ce discours hostile ne respecte aucune réserve diplomatique, s’appuyant sur le «soutien des lobbies les plus radicaux aux Etats-Unis, tant chez les Républicains que chez les Démocrates», déterminés à faire payer à l’Algérie son soutien intransigeant à la cause palestinienne et à l’autodétermination du Sahara Occidental.

Enfin, il a ajouté que ce discours cherche ultimement à diaboliser l’Algérie auprès de l’Occident pour offrir au Maroc le monopole des intérêts stratégiques régionaux, selon une méthode inspirée de l’entité génocidaire sioniste. L’Algérie, tout en rejetant ce rôle de représentant, refuse catégoriquement que le Maghreb devienne le théâtre d’affrontements entre puissances étrangères.

Il conclut par ce constat amer et non moins implacable : «C’est la géographie qui commande la stratégie, et non l’inverse. Ainsi, à nos frontières – qui se classent au quinzième rang mondial par leur longueur –, la géopolitique a pris des formes plus complexes avec le recul des idéologies et la montée des extrémismes ; les alliances sont devenues fluides, non exclusives et non permanentes, et la multiplicité des alliances s’impose de plus en plus comme la règle dans les relations interétatiques.»

K. B.-H.

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