Urgent |

La dignité des morts ne se partage pas : de Saint-Eugène-Bologhine aux crânes algériens

Une contribution d’Ali Farid Belkadi – À Alger, l’Association des Amis des Cimetières de Saint-Eugène-Bologhine mène depuis plusieurs années des actions de sauvegarde, de restauration et de valorisation d’un vaste ensemble funéraire chrétien et juif, qu’elle présente comme un patrimoine commun à la France et à l’Algérie. Son action, qui concerne notamment des carrés militaires, des sépultures familiales, un mausolée de rabbins et un columbarium contenant plusieurs centaines d’ossements, repose explicitement sur le respect des personnes inhumées, de leurs croyances et de leur mémoire. Cette exigence mérite d’être saluée, mais elle invite aussi à poser une question de cohérence morale et historique : pourquoi une sollicitude comparable ne se manifeste-t-elle pas publiquement à propos des crânes et autres restes humains algériens conservés depuis le XIXe siècle dans les collections anthropologiques françaises, notamment au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris ? Il ne s’agit pas d’opposer une mémoire à une autre, encore moins d’établir une concurrence entre les morts, mais d’affirmer qu’un principe de dignité funéraire n’a de portée universelle que s’il s’applique également aux défunts européens d’Algérie et aux Algériens dont les corps furent déplacés, prélevés ou transformés en objets de collection. Le présent texte appelle ainsi l’ACSE à élargir la logique humaniste qu’elle revendique à cette question encore douloureuse de l’histoire coloniale et muséale.

Une association vouée à la sauvegarde de Saint-Eugène-Bologhine

L’Association des Amis des Cimetières de Saint-Eugène-Bologhine, généralement désignée par le sigle ACSE, se présente comme une organisation consacrée à la protection, à l’entretien, à la réhabilitation, à la valorisation et à la transmission du patrimoine funéraire de l’ancien Saint-Eugène, aujourd’hui Bologhine, sur les hauteurs occidentales d’Alger. Le site qu’elle défend réunit notamment un cimetière chrétien fondé au XIXe siècle et un cimetière juif voisin, auxquels s’ajoutent des monuments commémoratifs, des carrés militaires, des sépultures familiales, des mausolées et des ensembles architecturaux qui témoignent de plusieurs strates de l’histoire urbaine et religieuse d’Alger. L’association insiste sur son indépendance à l’égard des appartenances partisanes et affirme intervenir dans le respect des personnes inhumées et de leurs croyances, avec le concours ou l’accord des autorités concernées en Algérie et en France ainsi que des instances religieuses compétentes.

Son ambition dépasse l’entretien ponctuel de quelques tombes, puisqu’elle cherche à faire reconnaître l’ensemble de la colline de Notre-Dame d’Afrique et des cimetières de Saint-Eugène comme un ensemble patrimonial majeur, susceptible de bénéficier d’une reconnaissance internationale. Dans cette perspective, elle développe une véritable politique de conservation funéraire, faite de consolidation de structures menacées, de restauration d’inscriptions, de réfection de monuments, de surveillance des dégradations et de mobilisation de financements provenant de partenaires publics ou privés. L’association emploie à plusieurs reprises un vocabulaire de la dignité, de la mémoire et de la transmission qui mérite d’être pris au sérieux, car il repose sur une idée juste : les lieux de sépulture ne sont pas de simples espaces immobiliers, mais des territoires où se rencontrent la mémoire des familles, l’histoire collective et la responsabilité des vivants envers ceux qui ne peuvent plus défendre eux-mêmes leur nom, leur tombe ni leurs restes.

Un travail de conservation qu’il serait absurde de mépriser

Il serait intellectuellement malhonnête de caricaturer cette entreprise sous prétexte qu’elle concerne principalement des sépultures européennes, chrétiennes ou juives de l’Algérie coloniale et postcoloniale. La sauvegarde d’un cimetière, quelle que soit l’identité de ceux qui y reposent, relève d’une responsabilité patrimoniale et humaine qui mérite d’être défendue. Les pierres tombales brisées, les caveaux éventrés, les chapelles détruites, les inscriptions effacées, les murs de soutènement fissurés et les monuments menacés d’effondrement constituent autant de pertes pour l’histoire d’Alger elle-même, car une ville ne choisit pas rétrospectivement les couches de son passé qu’elle accepte de conserver. Restaurer un carré militaire de 1914-1918, consolider un mausolée de rabbins ou protéger une sépulture familiale n’enlève rien à l’histoire algérienne ; ces gestes peuvent au contraire contribuer à faire du territoire national un espace capable d’assumer toutes les traces de son passé sans les confondre ni les hiérarchiser.

Cette reconnaissance rend cependant plus forte encore la question que pose le silence entourant d’autres morts, car le problème ne réside pas dans ce que l’ACSE protège, mais dans l’universalité du principe qu’elle invoque. Lorsqu’une association affirme que les ossements d’un columbarium doivent être protégés afin qu’ils ne soient pas dispersés ou mêlés à la suite d’un effondrement, elle exprime une conception de la personne humaine qui persiste au-delà de la mort. Lorsqu’elle répare une tombe parce qu’une inscription disparaît, elle reconnaît qu’un nom effacé constitue une seconde disparition. Lorsqu’elle défend un mausolée parce qu’il abrite les restes de personnes auxquelles une tradition religieuse attache une valeur particulière, elle admet que les morts ont encore un statut dans le monde des vivants. C’est précisément cette logique, moralement solide, qui conduit inévitablement des cimetières de Bologhine aux réserves anthropologiques du Muséum national d’Histoire naturelle.

Quand le principe de dignité conduit nécessairement au MNHN

Au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris ont été conservés, durant de longues décennies, des crânes et d’autres restes humains provenant d’Algérie, entrés dans les collections au cours du XIXe siècle et parfois dans des circonstances directement liées à la conquête, aux opérations militaires, aux violences politiques, aux pratiques médicales ou anthropologiques de l’époque et aux réseaux de collecte constitués dans l’Algérie coloniale. La restitution à l’Algérie, en juillet 2020, de vingt-quatre crânes a rendu cette réalité visible au grand public, mais elle n’a pas épuisé la question des restes humains algériens présents dans les collections françaises, pas davantage qu’elle n’a clos la recherche nécessaire sur leur identité, leur provenance, les circonstances de leur prélèvement et leur statut historique.

La difficulté tient précisément au fait que ces restes ne sont pas de simples objets archéologiques détachés de toute biographie. Certains appartiennent à des individus nommés, d’autres sont associés à des lieux, à des dates, à des campagnes militaires, à des insurrections ou à des épisodes de répression, tandis que d’autres encore demeurent enfermés dans des catégories anthropologiques anciennes qui ont souvent réduit la personne à une origine géographique, à un type physique ou à une curiosité anatomique. Derrière chaque cote d’inventaire se trouve pourtant un corps qui fut vivant, une existence qui eut des parents, des contemporains, une langue, une appartenance sociale et, dans bien des cas, des rites funéraires dont le déplacement de la dépouille a interrompu l’accomplissement. La conservation scientifique ne peut donc être pensée indépendamment de l’histoire politique qui a rendu possible la constitution de ces collections.

Dans certains cas, la documentation ancienne renvoie à des têtes coupées, à des décapitations, à des prélèvements effectués sur des morts ou à des restes obtenus dans des contextes de domination militaire. Dans d’autres, les circonstances exactes restent à établir avec prudence et exigent une enquête archivistique rigoureuse, car la dénonciation légitime de la violence coloniale ne dispense jamais de distinguer ce que les sources démontrent, ce qu’elles suggèrent et ce qui demeure incertain. Cette exigence de précision ne diminue nullement la portée morale du dossier ; elle la renforce, puisque l’enjeu consiste précisément à rendre aux individus une histoire débarrassée des approximations qui les avaient autrefois transformés en spécimens.

Le columbarium de Bologhine et les réserves parisiennes : une même question humaine

Le site de l’ACSE attire particulièrement l’attention sur le risque d’effondrement d’un grand columbarium du cimetière juif de Bologhine, long de plusieurs dizaines de mètres et contenant les ossements de centaines de personnes. L’association redoute que la dégradation de la structure n’entraîne le mélange des ossements et sollicite l’intervention des autorités religieuses compétentes afin de prévenir cette atteinte à l’intégrité des défunts. La préoccupation est parfaitement compréhensible, et c’est précisément pourquoi elle produit un effet de miroir avec la situation des restes humains algériens conservés en France. Si le mélange d’ossements identifiés ou localisés dans un cimetière constitue une atteinte suffisamment grave pour justifier une mobilisation institutionnelle, que dire de dépouilles retirées de leur territoire, transportées vers une métropole coloniale, inventoriées dans des collections scientifiques et séparées pendant parfois plus d’un siècle de tout lieu de sépulture ?

La comparaison ne vise pas à assimiler des situations historiquement différentes, car un columbarium menacé d’effondrement n’est évidemment pas une collection anthropologique constituée dans le contexte colonial. Elle sert seulement à éprouver la cohérence d’un principe. Dans les deux cas, des restes humains sont en cause ; dans les deux cas, leur intégrité, leur identification et leur relation avec une communauté de mémoire comptent ; dans les deux cas, les vivants se reconnaissent une obligation envers ceux qui sont morts. La différence historique des situations ne peut donc justifier une différence ontologique entre les défunts, comme si certains restes appelaient naturellement le recueillement tandis que d’autres pourraient demeurer indéfiniment enfermés dans la neutralité apparente d’un classement muséal.

Cette question devient plus sensible encore lorsque l’on se souvient que la conquête de l’Algérie a produit une violence dans laquelle la décapitation, l’exposition de têtes, le prélèvement de restes et leur circulation comme trophées, pièces anatomiques ou matériaux anthropologiques ne relèvent pas d’une pure reconstruction rétrospective. Les archives du XIXe siècle, les registres de collections et les correspondances savantes montrent que les frontières entre guerre, médecine, anthropologie physique et collecte muséale furent parfois poreuses. Cela impose aujourd’hui une responsabilité spécifique : ne pas traiter l’inventaire comme un écran administratif, mais comme le point de départ d’une enquête destinée à retrouver, derrière la cote, l’individu et les circonstances dans lesquelles son corps est devenu objet de science.

Ne pas opposer les morts aux morts

La réponse la plus médiocre à cette question consisterait à dresser les morts les uns contre les autres, comme si la restauration d’une tombe européenne à Alger devait être dénoncée tant que tous les restes algériens conservés en France ne seraient pas restitués, ou comme si la défense d’un cimetière juif ou chrétien constituait nécessairement une entreprise de nostalgie coloniale. Une telle logique reproduirait exactement ce qu’il faut dépasser, à savoir la hiérarchisation des morts selon l’identité nationale, religieuse ou politique que leur attribuent les vivants. Le respect d’une sépulture chrétienne à Bologhine et la restitution d’un résistant algérien décapité ne sont pas des causes rivales ; elles procèdent, lorsqu’on les examine au niveau le plus élémentaire, d’une même anthropologie de la dignité humaine.

Les sociétés méditerranéennes ont presque toutes développé des systèmes complexes destinés à séparer les morts des vivants sans les expulser de la communauté. La tombe, le nom, le rite, la mémoire familiale, le sanctuaire, la visite funéraire et le respect des ossements composent un ensemble de pratiques par lesquelles les vivants reconnaissent que le mort reste un sujet de relation. Retirer une dépouille de cet ordre rituel pour la faire entrer dans une collection savante ne constitue jamais un geste neutre, surtout lorsqu’il intervient dans un contexte de conquête où le pouvoir de prélever le corps de l’autre prolonge le pouvoir exercé sur son territoire. La science du XIXe siècle ne peut être jugée comme si elle avait travaillé dans un espace abstrait, séparé des rapports de domination au sein desquels elle obtenait parfois ses matériaux.

C’est pourquoi l’universalisme ne consiste pas à effacer les différences historiques, mais à les traiter à partir d’une même exigence de dignité. Les morts de Saint-Eugène ont droit à leurs noms, à leurs tombes et à la conservation de leurs monuments ; les morts algériens conservés dans les réserves du MNHN ont droit à une identification aussi complète que possible, à la connaissance des circonstances de leur prélèvement, à la consultation des archives qui les concernent et, lorsque les conditions historiques, scientifiques et juridiques le permettent, à une restitution qui rende possible leur réinhumation. L’un n’annule pas l’autre, et toute tentative de les opposer ne ferait que transformer la mémoire en comptabilité funéraire.

Une association franco-algérienne de mémoire ne peut ignorer cette histoire

L’ACSE affirme vouloir préserver un patrimoine commun à la France et à l’Algérie, formule qui possède une portée plus vaste qu’il n’y paraît. Un patrimoine réellement commun n’est pas seulement constitué des monuments dont les deux pays peuvent contempler ensemble l’architecture ; il comprend aussi les objets de conflit, les traces de domination, les absences, les déplacements de corps et les blessures héritées d’une histoire qu’aucune restauration de pierre ne peut suffire à apaiser. La mémoire partagée n’est crédible que lorsqu’elle accepte de regarder ce qui dérange autant que ce qui rassemble, et la conservation patrimoniale perd une partie de sa force morale lorsqu’elle sélectionne silencieusement les morts auxquels elle accorde son attention.

Dans cette perspective, une prise de position de l’ACSE sur les restes humains algériens du MNHN aurait une valeur symbolique considérable, précisément parce qu’elle viendrait d’une association attachée à la sauvegarde des sépultures européennes d’Alger. Elle montrerait que la défense de Saint-Eugène n’est pas une nostalgie fermée sur une communauté disparue, mais l’expression d’un principe applicable à tous les morts de cette histoire. Elle donnerait également un contenu concret à la notion de patrimoine franco-algérien en reconnaissant que la relation entre les deux pays ne se résume ni aux monuments européens laissés en Algérie ni aux collections algériennes conservées en France, mais qu’elle engage un devoir réciproque de connaissance, de conservation, de transparence et, lorsque cela s’impose, de réparation.

Il ne serait même pas nécessaire que l’association adopte une position juridique détaillée sur chaque restitution, domaine qui relève des États, des institutions scientifiques, des commissions spécialisées et des procédures prévues par le droit. Une déclaration de principe suffirait déjà à rompre un silence devenu difficilement compatible avec les valeurs affichées sur son propre site. L’ACSE pourrait demander que les inventaires soient poursuivis et rendus intelligibles, que les archives associées aux restes algériens soient pleinement exploitées, que les identifications historiques soient conduites avec méthode, que les circonstances violentes des collectes soient reconnues lorsqu’elles sont documentées et que les demandes légitimes de restitution soient examinées sans inertie administrative. Une telle démarche ne diminuerait en rien son action à Bologhine ; elle lui donnerait au contraire une cohérence morale beaucoup plus forte.

De la conservation patrimoniale à la responsabilité historique

La question des restes humains issus de contextes coloniaux a profondément transformé, depuis plusieurs décennies, la réflexion des musées et des institutions scientifiques à travers le monde. Les collections anthropologiques ne sont plus envisagées exclusivement comme des ensembles de matériaux destinés à la recherche biologique ou historique ; elles sont également étudiées comme le produit de relations de pouvoir, de pratiques scientifiques datées, de hiérarchies raciales anciennes et de situations politiques dans lesquelles le consentement des personnes concernées ou de leurs communautés n’avait souvent aucune place. Cette évolution ne signifie pas qu’il faille condamner indistinctement toute collection ni renoncer à la recherche, mais qu’une institution moderne ne peut plus séparer la valeur scientifique d’un reste humain de l’histoire de son acquisition.

Dans le cas algérien, cette exigence est d’autant plus forte que la conquête militaire et l’organisation coloniale ont fourni le cadre dans lequel médecins, militaires, administrateurs, naturalistes et anthropologues ont pu accéder à des corps qui, dans d’autres circonstances, auraient été protégés par les rites funéraires, les familles ou les communautés locales. Les catégories administratives et scientifiques de l’époque ont ensuite achevé la transformation de la personne en échantillon, parfois en réduisant un individu à une origine géographique sommaire, à une appartenance ethnique supposée ou à un caractère anatomique. La restitution contemporaine ne consiste donc pas seulement à déplacer matériellement un crâne d’une réserve vers un cimetière ; elle renverse symboliquement le processus ancien en rendant à l’être humain ce que la collection avait parfois effacé, c’est-à-dire un nom, une histoire et une place parmi les siens.

C’est ici que le langage de l’ACSE prend une résonance particulière. Réhabiliter, préserver et transmettre sont des verbes qui conviennent aussi à ce chantier. Il faut réhabiliter l’identité des personnes réduites à des numéros, préserver les archives qui permettent de reconstruire leur parcours et transmettre aux générations futures une histoire qui ne dissimule ni les violences de la conquête ni les transformations de la science anthropologique. Mais il faut y ajouter un quatrième verbe, sans lequel les trois autres risquent de demeurer incomplets : reconnaître. Reconnaître ce qui fut fait, reconnaître les conditions dans lesquelles certains corps furent acquis, reconnaître la valeur funéraire de restes que la science avait parfois désacralisés et reconnaître enfin le droit des sociétés contemporaines à interroger l’héritage matériel d’une domination ancienne.

Le cas emblématique des restes algériens

Le dossier algérien possède une force particulière parce qu’il ne relève ni d’une histoire lointaine dépourvue de noms ni d’une controverse abstraite sur la muséologie. Les recherches conduites dans les inventaires ont fait apparaître des individus associés aux résistances du XIXe siècle, à des régions frappées par les opérations militaires et à des collectes effectuées par des médecins ou des acteurs de la conquête. La restitution de 2020 a précisément montré que ce qui avait longtemps été présenté comme une série anthropologique pouvait aussi être compris comme un ensemble de destins historiques, avec des noms, des appartenances et des événements auxquels les sociétés algérienne et française demeurent encore sensibles.

Il importe toutefois de ne pas transformer cette cause en récit simplifié où chaque crâne algérien conservé en France serait automatiquement celui d’un combattant décapité par l’armée française, car une telle généralisation affaiblirait la démonstration au lieu de la renforcer. Les collections sont hétérogènes, les provenances différentes, les conditions d’acquisition parfois bien documentées et parfois obscures, tandis que le vocabulaire des anciens catalogues doit lui-même être interprété avec prudence. La tâche historique consiste précisément à établir des distinctions, à croiser les registres, les correspondances, les dossiers militaires, les archives médicales et les sources locales, afin de déterminer ce qui peut être affirmé avec certitude. La force du dossier ne repose pas sur l’exagération, mais sur l’accumulation de faits vérifiables qui révèlent une pratique ancienne de collecte des corps dans un contexte de domination coloniale.

Cette rigueur rend d’autant plus légitime l’appel adressé à une association de sauvegarde funéraire comme l’ACSE. Il ne lui est pas demandé d’endosser toutes les interprétations historiques ni d’adopter un discours de culpabilité collective, mais simplement de reconnaître qu’un reste humain algérien, surtout lorsqu’il provient d’un contexte de guerre ou de prélèvement colonial, mérite une sollicitude comparable à celle qu’elle manifeste pour les ossements menacés de Bologhine. La demande n’est pas excessive ; elle est exactement proportionnée au principe que l’association affirme déjà défendre.

Un geste qui pourrait transformer le dialogue des mémoires

Une prise de position publique en faveur de l’identification, de la transparence documentaire et de la restitution des restes humains algériens concernés pourrait avoir une portée qui dépasserait largement l’ACSE. Elle introduirait dans le débat franco-algérien un geste rare, parce qu’il ne partirait ni d’une institution d’État ni d’un affrontement diplomatique, mais d’une association de mémoire attachée à un patrimoine européen situé en Algérie. Elle signifierait que la conservation des traces françaises en Algérie et la restitution des dépouilles algériennes conservées en France ne sont pas deux revendications incompatibles, mais les deux versants d’une même politique de respect des morts et de connaissance du passé.

Une telle démarche pourrait également contribuer à sortir les débats mémoriels de la logique stérile des accusations réciproques. L’Algérie a la responsabilité de préserver les cimetières et monuments qui appartiennent à son histoire, même lorsqu’ils sont issus de la période coloniale, tandis que la France a la responsabilité d’examiner avec transparence les collections humaines constituées dans le cadre de la conquête et de l’empire. La réciprocité ne signifie pas que les situations soient symétriques, car la puissance coloniale et la société colonisée n’occupaient évidemment pas la même position historique ; elle signifie seulement que le respect contemporain du patrimoine et des morts doit pouvoir franchir les frontières nationales et les appartenances communautaires.

Cette attitude aurait enfin le mérite de rappeler que la mémoire n’est pas condamnée à être un champ clos où chacun protège exclusivement ses propres morts. Les morts européens d’Alger et les morts algériens conservés à Paris appartiennent à des histoires différentes, parfois opposées, mais ils se trouvent aujourd’hui placés sous la responsabilité des mêmes générations de vivants. Celles-ci peuvent choisir de prolonger les anciennes séparations ou d’inventer une éthique commune qui ne gomme rien de la violence du passé tout en refusant d’en reproduire les hiérarchies.

Conclusion — La dignité n’a ni nationalité ni confession

On aimerait donc que l’Association des Amis des Cimetières de Saint-Eugène-Bologhine, précisément parce qu’elle accomplit un travail réel de sauvegarde et qu’elle sait ce que signifie protéger des tombes, des noms et des ossements, fasse entendre sa voix à propos des restes humains algériens encore conservés dans les collections françaises. Cette demande ne relève ni de la polémique gratuite ni d’une volonté de mettre en accusation ceux qui restaurent les cimetières européens d’Alger ; elle découle directement du principe de dignité funéraire que l’association revendique elle-même et qu’il serait souhaitable de voir appliqué sans frontière mémorielle.

Lorsqu’un columbarium menace de s’effondrer à Bologhine, la perspective que des ossements puissent être dispersés ou mélangés provoque à juste titre l’inquiétude et la mobilisation. Lorsqu’un mausolée se fissure, on recherche des financements, on consolide les murs et l’on restaure les inscriptions afin que ceux qui y reposent ne soient pas abandonnés une seconde fois. La même sensibilité devrait pouvoir s’exprimer devant des crânes algériens sortis de leur terre au XIXe siècle, conservés dans des collections anthropologiques et parfois associés à des épisodes de guerre, de répression ou de décapitation. Leur retour éventuel ne menace aucune mémoire ; il restitue simplement aux morts la possibilité de sortir du statut d’objet scientifique pour retrouver celui de personne humaine.

La véritable grandeur d’une association de mémoire ne se mesure pas seulement à la fidélité avec laquelle elle protège les siens, mais à sa capacité de reconnaître la dignité de ceux qui appartiennent à une autre histoire. Il serait donc particulièrement fort que l’ACSE, tout en poursuivant son œuvre nécessaire à Saint-Eugène-Bologhine, affirme publiquement que les restes humains algériens conservés en France doivent faire l’objet d’une identification complète, d’une transparence documentaire et, lorsque leur histoire et le droit le justifient, d’une restitution digne. Elle montrerait ainsi qu’entre Alger et Paris il peut exister autre chose qu’une concurrence des souvenirs : une même obligation envers les morts.

La formule pourrait alors devenir un principe commun, suffisamment simple pour traverser les appartenances et suffisamment exigeant pour résister aux sélections mémorielles : aucune tombe ne doit être profanée, aucun ossement ne doit être traité avec indifférence, aucune dépouille humaine ne doit être privée d’histoire lorsque cette histoire peut être retrouvée, et aucun mort ne devrait perdre son droit à la dignité sous prétexte qu’il repose du mauvais côté de la Méditerranée.

Source de présentation de l’ACSE

La présentation de l’association, de ses objectifs, de ses réalisations et de ses projets est fondée sur les informations publiées par l’Association des Amis des Cimetières de Saint-Eugène-Bologhine sur son site officiel, notamment les pages consacrées à sa mission patrimoniale, au columbarium du cimetière juif, aux restaurations de monuments et à la sauvegarde des cimetières de Bologhine.

A.-F. B.

Auteur, historien, anthropologue

24 Commentaires

      • Cet article a été rédigé dans des termes mesurés, corrects et élégants, non pour engager une polémique stérile, mais pour inviter cette association à élargir son engagement patrimonial et à réagir publiquement au sort des centaines de crânes et autres restes humains algériens encore conservés au Muséum national d’histoire naturelle de Paris. Une association qui entend préserver les sépultures et honorer la mémoire des morts ne saurait demeurer indifférente lorsque des dépouilles algériennes, privées depuis plus d’un siècle de sépulture digne, attendent toujours d’être identifiées, restituées et rendues à leur terre.

      • Vous avez employé les termes.
        Merci de préciser @AFB. 👍

        Je vous souhaite vraiment une bonne continuation.

  1. Alors je vous renvoie à mon commentaire de la 1ère partie de votre contribution.
    Concernant cette 2ème partie :
    1) l’ACSE : qui est derrière cette association ?? financement direction membres etc …
    2) « patrimoine commun à la France et à l’Algérie / patrimoine franco-algérien / Un geste qui pourrait transformer le dialogue des mémoires » ➡️ pour reprendre @Tin-Hinane : il n’y a rien de commun entre l’Algérie et la France, c’est comme le jour et la nuit !
    Aucun dialogue des mémoires !
    Le vainqueur n’écrit par l’Histoire avec le vaincu qu’est la France.
    « la conquête de l’Algérie a produit une violence dans laquelle la décapitation, l’exposition de têtes, le prélèvement de restes et leur circulation comme trophées, pièces anatomiques ou matériaux anthropologiques ne relèvent pas d’une pure reconstruction rétrospective.  » ➡️ donc
    Tout d’abord sur votre contribution :
    1) « La violence institutionnelle ne suppose pas que chaque médecin ou chaque collecteur soit personnellement animé par la haine ; elle résulte d’un ordre politique qui rend certaines personnes plus disponibles que d’autres. » ➡️ (…) à titre personnel et revenue d’outre tombe le seul « médecin » que j’ai « rencontré » n’ayant eu aucune prise en charge médicale encore à ce jour est un « médecin » de la « victimologie » CHU de Clermont-Ferrand sur soi-disant demande du procureur de la république française de son trou du luc qui était HILARE FIER AU XXI ÈME SIÈCLE et m’a dit que la victime n’était pas mon corps mutilé de la tête aux pieds, je ne tenais même pas debout pas de fauteuil roulant mon crâne ma tête explosée au sens propre mon père Allah yrahmou me portait comme un bébé moi une adulte, mais le criminel terroriste ayant attenté à ma vie et a écrit ses aveux de culpabilité en pondant un rapport « médical » bidon « je n’avais rien que de petits hématomes » une sinécure la voiture bélier pour faire court et surtout HILARE FIER DANS SA BARBARIE, je précise que je connais parfaitement le milieu médical mes mentors sont des sommités nationales et internationales dont le 2ème Président de la HAS …Un Détail de l’Histoire…
    Donc NON :
    En droit international le fait d’avoir agi sur l’ordre de son gouvernement ou celui d’un supérieur hiérarchique ne dégage PAS LA RESPONSABILITÉ DE L’AUTEUR (s’il a eu MORALEMENT la faculté de choisir) Les Principes de Nuremberg (Principe 4).
    2) Concernant Zidane : « Cette parole est légitime dès lors qu’elle procède d’une sensibilité à la séparation, à l’attente des proches et à la dignité d’un homme privé de liberté » ➡️ (…) un CRIMINEL TERRORISTE a été jugé et condamné comme tel par la Justice Algérienne en tant que tel il n’y a PAS lieu de faire du SENTIMENTALISME quand les terroristes du MAK ont assassiné Djamel Bensmaïl Allah yrahmou la France Zidane le MAK ont fait du sentimentalisme …
    Zidane a agi sur commande pour ses maîtres point barre quant à son fils selon les Patriotes AP une nullité finie recruté parce que fils de à l’EN …Un Détail de l’Histoire….
    Bon, ceci étant posé.
    La colonisation française en Algérie et la guerre d’Algérie est LA PLUS BARBARE QUI AIT JAMAIS EXISTÉ À CÔTÉ HITLER FAIT OFFICE DE SAINT AU RISQUE DE ME RÉPÉTER.
    Imaginons à Berlin, un MUSÉE HITLER !!! Même leurs terroristes de DAECH quand ils décapitent ne gardent pas de trophée.
    Donc ce soi-disant musée MNHN où sont exposés et conservés tels des trophées les CRÂNES DE NOS RÉSISTANTS est une ode UN CULTE À LA BARBARIE, épicitou, inutile de chercher midi à 14h.
    La France doit restituer LÉGALEMENT L’INTÉGRALITÉ DES DEPOUILLES CRÂNES DE NOS RÉSISTANTS ALGÉRIENS ALLAH YRAHMOUM ALLAH YARHAM CHOUHADA AL ABRAR GLOIRE À NOS MARTYRS VIVE L’ALGÉRIE ETERNELLE.

    Répondre
    • YAtik essaha KOYA …
      P,Ourquoi on crée pas une association des victimes des explosions nucléaires françaises faite pour le compte de Israël???.

      Répondre
      • @abou portan
        Les soutiens de l’asso ACSE :
        SGA Ministère des Armées Français, l’Ambassade de France en Algérie, Villes de Montpellier et NICE, synagogue Berith Chalom Paris 9ème St-Lazare, le Souvenir français, EGPFC (Établissement de Gestion des Pompes Funèbres et Cimetières) Alger, pompes funèbres et cimetières de la Wilaya d’Alger, Notre Dame d’afrique.
        Le siège de l’association est à Paris 9 à St-Lazare

    • Je n’ai aucune leçon à recevoir des procureurs de circonstance
      Je n’ai aucune leçon de patriotisme, de mémoire ou de dignité à recevoir de commentateurs qui substituent les majuscules aux archives, l’injure à l’enquête et la surenchère comparative à la connaissance. Depuis mars 2011, je travaille sur ces collections, leurs inventaires, leurs cotes, leurs provenances, leurs collecteurs et les personnes dont elles conservent les restes. Cette antériorité ne me rend pas infaillible, mais elle m’autorise à exiger que la contradiction repose sur des faits et non sur une succession de cris.
      Vous aviez une question légitime sur l’ACSE et un témoignage personnel digne d’attention. Vous les avez noyés sous des accusations non démontrées, une interprétation erronée de Nuremberg, des attaques contre la famille de Zidane, une banalisation inadmissible du nazisme et une description factuellement imprécise du MNHN. En voulant tout condamner à la fois, vous n’avez rien démontré. Vous n’avez pas réfuté mon article ; vous avez seulement exposé votre colère.
      Les morts algériens méritent mieux que cette agitation. Ils exigent des noms, des cotes, des archives, des preuves, une procédure de restitution et une sépulture digne.

      Répondre
      • @AFB : pour ma Part , Vous contribution est pertinente , j ai juste donné des avis avec ma frêle et insignifiante contribution , votre Travail est remarquable ma soeur ou mon frère

      • Salam alaykoum @AFB,

        Ont-ils réellement lu votre contribution? Ont-ils réellement les moyens de la lire et de comprendre le sens de votre démarche? Pour ma part. je ne pense pas.

        Merci beaucoup pour tout ce que vous faites.

  2. Quelques questions que cet article soulève.

    Je ne conteste pas la nécessité de préserver les cimetières chrétiens et juifs de Bologhine. Mais une question me vient immédiatement à l’esprit :

    Pourquoi le texte part-il de la sauvegarde de la mémoire des communautés européennes et juives d’Algérie pour arriver ensuite aux crânes des résistants algériens conservés en France ?

    Ne devrait-on pas plutôt commencer par rappeler le contexte historique dans lequel certains de ces crânes ont été prélevés ?

    Lorsque l’auteur parle de « patrimoine commun franco-algérien », ne risque-t-il pas de transformer une histoire coloniale fondée sur un rapport de domination en une mémoire apparemment équilibrée entre deux parties ?

    Peut-on réellement mettre sur le même plan un cimetière de familles européennes ou juives ayant vécu en Algérie et les restes de résistants algériens dont certains ont été prélevés dans le contexte de la conquête et de la répression ?

    La dignité des morts est-elle universelle ? Certainement.
    Mais l’histoire de ces morts est-elle pour autant comparable ?

    Et lorsqu’on affirme qu’il ne faut pas « opposer les morts aux morts », ne risque-t-on pas, sous couvert d’universalité, d’effacer la différence fondamentale entre les morts du colonisateur et ceux du colonisé ?

    Enfin, pourquoi les morts européens sont-ils présentés principalement à travers leur mémoire, leurs familles, leurs croyances et leurs tombes, tandis que les morts algériens apparaissent davantage comme des objets d’étude, d’inventaire et de restitution ?

    La véritable question n’est donc peut-être pas de savoir s’il faut respecter tous les morts — évidemment oui — mais de savoir si, en voulant réconcilier les mémoires, on ne finit pas par réécrire l’histoire et par donner à la France une place plus importante qu’elle ne devrait avoir dans la mémoire algérienne.

    Répondre
    • @Anouar Macta
      Effectivement, on ne met pas sur un même pied d’égalité le criminel bourreau génocidaire France et la victime Algérie y compris au niveau des morts.
      Comme cette tartufferie monumentale de commission mémorielle.
      @Anti-BOBARDS
      Monsieur Stora,

      Du « Chemin des Dames » à la « Souika », de la « Brèche » à « Bel Air » & « Belle Vue », en passant par « Saint-Jean », les rues de Constantine se souviennent absolument de tout. Elles gardent la mémoire de la bravoure et du courage des combattants de l’ALN, menés par leur valeureux chef, le Chahid Messaoud Boudjeriou, tout comme elles se rappellent la barbarie des colons qui ont souillé notre terre.

      Notre HISTOIRE SOUVERAINE ne saurait dépendre du verdict d’une COMMISSION où siègent les héritiers de la colonisation. Des MÉTROPOLES aux plus modestes DOUARS, chaque DECHRA préserve sa propre mémoire.

      MONSIEUR STORA,

      La TERRE ALGÉRIENNE sait, avec une ABSOLUE certitude, qui furent ses MARTYRS, ses MAQUISARDS, ses TRAÎTRES et ses BOURREAUX !
      @Algeria First
      Alors comme ça Stora nous dit que les français sont ignares .

      Ils sont ignorants du génocide perpétré par la France en Algérie.
      Ils sont ignorants du génocide perpétré par ’Israel’ en Palestine & Liban.
      Pauvres choux.

      Ainsi les victimes de génocides doivent permettre aux criminels d’apprendre et de réduire leur ignorance « pas à pas » selon lui?

      Ça suffit maintenant.
      Qu’ils aillent tous se faire pendre.

      Répondre
  3. L Algérie se bat pour ses devoirs de Mémoires ,
    Il devrait être décerné à la France : la légion de l Horreur pour le non Respect des Morts,
    ses musées de l Horreur en sont les ineffables preuves de sa Honte traversent les époques qu elle ne réalisera jamais ….
    Sans compter Les actes de cruautés intégrés dans ses archives ….
    Pensée aux Peuples Palestiniens vivant dans les camps de concentrations ou chaque jour passé est synonyme de survie
    Allah les délivre de la cruauté inhumaine

    Répondre
  4. La ville brillamment éclairée et la nation des droits de l’homme ont été submergées dans l’une des phases les plus cruelles de l’histoire humaine. Aucun acteur n’a contraint ou persuadé ce régime inhumain d’exposer les violences qu’il a imposées aux populations de notre planète. Il a délibérément œuvré pour que chaque génération future se souvienne, ne serait-ce qu’en visitant le Musée de l’Homme à Paris, en voyant les têtes coupées et disséquées exposées au monde entier. C’est ce régime corrompu, composé de voyous et de criminels, qui a orchestré et exécuté la décapitation de ces têtes; aucun pays ni aucun individu au monde ne les lui a jamais offerts ni délégués… ni ne lui a permis d’imposer un tel opprobre à leurs familles.

    Le régime parisien corrompu de ce pays dévoile sans vergogne les répercussions désastreuses de son règne indécent, exposant audacieusement, à travers une violence extrême et un scandale monumental, les exactions et la barbarie qui caractérisent son impérialisme.

    Répondre
  5. Fantasme littéraire !

    Cette contribution me semble totalement IRRÉALISTE ou DÉCONNECTÉE de la réalité NATIONALE.

    À mon sens, elle manque de rigueur patriotique.

    لكم دينكم و لنا ديننا

    Répondre
    • Le pseudonyme, refuge des lâches
      Se dissimuler derrière un pseudonyme pour insulter, calomnier ou salir autrui constitue la forme la plus misérable du courage : celle qui ne s’exerce qu’à l’abri de toute responsabilité. Le lâche masqué lance sa boue, puis regagne précipitamment son terrier numérique, convaincu que l’absence de visage le dispense d’honneur, de preuve et de conséquences. Il exige que sa victime s’explique publiquement, mais demeure incapable d’assumer jusqu’à son propre nom. Ce n’est plus un interlocuteur, encore moins un contradicteur : c’est une bouche sans identité, une conscience en fuite et une médiocrité qui emprunte un masque pour se donner l’illusion d’exister.

      Répondre
      • AFB sont les initiales d’Ali Farid Belkadi, auteur, historien et anthropologue, à l’origine de l’identification, dans les collections du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, de crânes appartenant à des résistants algériens. Cette découverte fut rendue publique dans son ouvrage Boubaghla, le sultan à la mule grise. La résistance des chorfas, manuscrit refusé par les éditeurs français avant de paraître à Alger, aux éditions Thala, en novembre 2014.
        En 2018, Ali Farid Belkadi fut appelé à siéger au sein de la commission algérienne d’experts chargée d’examiner la question de ces restes humains, mais il en démissionna l’année suivante, en désaccord avec la manière dont les travaux étaient conduits. Invité, en juillet 2020, à prendre place à bord de l’avion qui devait ramener les crânes à Alger, il refusa de participer à cette cérémonie afin de ne pas cautionner ce qu’il considérait comme un travail précipité et insuffisamment rigoureux. Parmi les vingt-quatre crânes alors présentés comme ceux de résistants algériens figuraient en effet les restes de trois soldats indigènes ayant servi dans l’armée française, confusion qui imposait, selon lui, une vérification scientifique et historique beaucoup plus approfondie.

      • Dans son œuvre majeure, The Making of Contemporary Algeria, l’anthropologue Mahfoud BENNOUNE démontre que la RÉVOLUTION ALGÉRIENNE fut un mouvement de masse irrésistible. Selon son cadre d’analyse, la LÉGITIMITÉ HISTORIQUE appartient EXCLUSIVEMENT au peuple opprimé : c’est son sacrifice collectif qui a scellé l’acte de naissance de l’État nation moderne DZ.

        À l’inverse, l’officier de l’ALN BENNOUNE met en lumière la compromission des ÉLITES TRADITIONNELLES. Les grands propriétaires terriens indigènes et les NOTABLES COLONIAUX (caïds, juges et bachaghas) ont MASSIVEMENT SOUTENU l’ordre colonial pour pérenniser leurs privilèges matériels, trahissant ainsi les aspirations souveraines du peuple algérien opprimé.

        و الحديث قياس

  6. Après l’indépendance, dans ma ville natale, un CIMETIÈRE COLONIAL a été rasé pour faire place à un grand lycée, baptisé du nom d’un des artisans clés des accords d’Évian.

    و الحديث قياس

    Répondre
  7. On a pas a entretenir les caveaux de nos ennemis on devrait les mettre dans un bateau et leur renvoyer leur ossements qui souille notre sol ,et a la place construire des immeubles vu le manque de terrain tant qu’ils reste chez nous le colonialisme n’a pas disparu mais donne le tournis aux Algériens qui ont perdu des membres de leur famille
    c’est retourner le couteau dans la plaie on a pas oublié !!
    Pas de réconciliation ,et aucune pitié pour ce qu’on a subit l’Algérophobie existait déja

    Répondre
    • @Hannibal  » employer ce genre de méthode revient à démontrer que l Algérie est pire qu eux en déshumanisation…
      En tout cas l Algérie prouve son respect absolu des sépultures et ceci quelque soit la religion

      On se demande qu elle nation est plus civilisée que l autre ??

      Même si cela n a rien à voir avec cet article : Allah apporte délivrance petit coincé dans un puit de 80 mètres en Algérie, Allah le délivré Ya Allah , svp Vos prières sont précieuses
      Salam Alaykoum

      Répondre
    • HANNIBAL, il vous est possible de solliciter l’annulation de votre ticket auprès d’AP. Évitez de stigmatiser tous les Algériens par la généralisation de la situation déshonorante décrite, privilégiez l’usage des «je ou moi» pour parler de cela.

      L’Algérie honore et rend hommage à chacun de ses citoyens disparus et à tous les étrangers décédés sur son territoire, à l’opposé d’Israël qui, à Gaza, fait usage de bulldozers pour détruire entièrement leur présence, y compris les épitaphes.

      Les dommages accidentels survenus dans divers cimetières algériens, causés par des intempéries ou par l’indifférence des familles, ont suscité une réaction des autorités. L’Algérie, en collaboration avec le Consistoire et les autorités françaises, a ainsi promulgué le décret du 26 mai 2016 visant à renforcer la sécurité des sépultures juives et à autoriser l’exhumation des restes en vue de leur éventuel regroupement ou rapatriement. Plusieurs exhumations ont été effectuées dans différents lieux de sépulture, dans le respect des rites et des souhaits des familles, notamment par des visites familiales, en particulier au sein de la communauté juive, sur les lieux de sépulture en Algérie.

      Voici ce que j’ai également découvert sur les médias étrangers: Une mission d’exploration et d’évaluation dépêchée en Algérie a procédé à un inventaire minutieux des cimetières juifs, recensant les tombes et inspectant leur état. Le représentant du Consistoire, s’est déclaré satisfait, soulignant qu’aucune dégradation intentionnelle, aucun graffiti ni aucune inscription hostile n’avaient été constatés sur les tombes juives.

      Répondre
  8. Nous, dans les villages et villes de l Algerie profonde, sitot les colons ont quitte notre terre benite, leurs cimetieres ont servi a des fin utiles, telles que ecoles, batiments, stades etc…
    Walou nostalgie, walou pelerinage!
    Il est vrai que nous sommes intellectuellement simplement structures, mais cela nous Importe peu.
    Par contre, eux, qui sont d une culture autrement plus elevee pour lesquels l ethique et les droits humains ne doivent pas etre des nation abstraktes, ceux-la gardent nos cranes. Et quand on leur parle de reconnaissance de leurs mefaits de colonisateurs, ils nous servent un bras d honneur.

    Répondre
  9. Nous sommes des humains et nous respectons les morts.Nous ne sommes la France qui expose des crânes de résistants à sa barbarie coloniale comme des trophées de chasse .

    Répondre

Laisser un commentaire