La cour d’assises près la cour d’Alger a prononcé les premières peines de mort en application de la nouvelle législation relative à la prévention et à la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes. Cette décision marque un tournant historique dans la lutte contre le narcotrafic en Algérie, concrétisant la rigueur du nouveau cadre juridique.
Les verdicts rendus constituent la toute première mise en œuvre des dispositions de la loi numéro 25-03 du 1er juillet 2025. Ce texte législatif a considérablement durci les sanctions pénales en prévoyant la peine capitale pour les crimes liés au trafic organisé de drogue et à la contrebande, en particulier lorsque ces activités menacent la sécurité nationale ou l’ordre public.
Dans cette affaire d’envergure, la sentence maximale a visé un réseau criminel composé de neuf individus. Trois d’entre eux ont été jugés en leur présence, tandis que les six autres, actuellement en fuite, ont fait l’objet d’une condamnation par contumace. Les investigations et l’intervention des forces de sécurité ont mis en lumière l’ampleur de ce réseau à travers des saisies massives, comprenant 113 kilogrammes de cocaïne ainsi que 225 030 comprimés de prégabaline, un psychotrope puissant fréquemment désigné sous le nom de Lyrica.
Le tribunal a retenu un lourd arsenal de chefs d’inculpation contre les prévenus. Sur le plan criminel, les accusations portent sur l’importation, le transport, l’expédition, le stockage et la détention de drogues dures et de substances psychotropes en vue de leur vente. Ces opérations étaient orchestrées dans le cadre d’une organisation criminelle transfrontalière organisée, avec l’intention délibérée de porter atteinte à la sécurité nationale et de troubler gravement l’ordre public, des faits auxquels s’ajoute le crime de contrebande.
L’instruction judiciaire a également mis en évidence plusieurs délits connexes reprochés aux membres de ce réseau. Les condamnés devaient ainsi répondre d’actes de blanchiment d’argent, d’usurpation d’identité d’autrui, d’immigration clandestine et de séjour irrégulier sur le territoire national. Ce procès retentissant confirme la volonté des institutions judiciaires et sécuritaires algériennes d’appliquer une politique de tolérance zéro face aux organisations criminelles qui ciblent la stabilité du pays.
R. N.
