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Chadli versus Macron : la sérénité d’un vieux soldat contre la panique d’un monarque déchu

Par Mehenna H. – L’histoire bouscule parfois les certitudes et inverse les rôles. Alors que la France officielle s’est longtemps érigée en donneuse de leçons de démocratie, les événements de cet automne 2026 offrent un contraste saisissant avec les émeutes d’octobre 1988 en Algérie. Face à la colère populaire, la posture du président français Emmanuel Macron et celle, gravée dans les mémoires, du défunt président Chadli Bendjedid révèlent deux visions radicalement opposées de l’exercice du pouvoir en temps de crise.

Le 10 octobre 1988, cinq jours après le déclenchement des révoltes qui ébranlaient l’Algérie, Chadli Bendjedid s’adressait à la nation. Ancien combattant de la guerre de Libération nationale, habitué aux tempêtes, avait alors surpris par la sérénité et la profonde humanité qui se dégageaient de son allocution. Paru sincèrement affecté par le chaos qui régnait dans le pays, Chadli avait prononcé un discours resté célèbre, touchant le cœur de millions d’Algériens. Loin de diaboliser la rue, il avait implicitement donné raison au peuple, reconnaissant le bien-fondé d’un ras-le-bol généralisé face au déclin socio-économique et aux blocages du système.

Dans un élan d’une rare lucidité politique pour un dirigeant de l’époque, il affirma sa volonté de réformer en déclarant : «Quand j’ai dû choisir entre le pouvoir et ma conscience, j’ai choisi la seconde.» Ce courage politique d’admettre la rupture et d’entendre les revendications citoyennes ouvrit la voie au multipartisme.

Près de quarante ans plus tard, la France, pourtant qualifiée de démocratie historique, traverse à son tour une crise de gouvernance majeure. A l’origine de cette fracture, une colère légitime face à la gestion catastrophique par une équipe de technocrates, enfants gâtés du système, déconnectés des réalités. Pourtant, face aux millions de citoyens descendus manifester leur détresse et leur rejet de la politique de l’Elysée, la réponse d’Emmanuel Macron s’est située aux antipodes de celle du dirigeant algérien.

Au lieu d’écouter, le chef de l’Etat français a choisi la confrontation. Dans une intervention crispée, il a multiplié les menaces à l’encontre des manifestants, occultant totalement les fondements d’une colère populaire nourrie par la paupérisation et le délitement des services publics. Là où Chadli incarnait la dignité face aux émeutes, l’actuel locataire de l’Elysée a trahi de nets signes de panique. L’arrogance habituelle du pouvoir a laissé place à la fébrilité d’un dirigeant acculé, conscient qu’il s’apprête à quitter un palais présidentiel d’où il aura mené l’économie et la cohésion sociale de son pays vers un déclin historique.

La comparaison est cruelle pour la diplomatie des certitudes. En 1988, face à un régime à parti unique, un ancien colonel de l’ALN a su faire preuve d’autocritique pour apaiser les esprits. En 2026, au cœur de l’Europe, un pouvoir libéral supposément démocratique s’enferme dans le déni et la répression verbale. Cette confrontation textuelle met en lumière une vérité universelle : la véritable stature d’un homme d’Etat ne se mesure pas à l’aune des institutions dont il hérite, mais à sa capacité à écouter la voix de son peuple lorsque gronde la tempête.

M. H.

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