Mohsen Abdelmoumen : Vous soutenez, d’un point de vue conceptuel, que la dissuasion nucléaire n’est pas un théorème de sécurité, mais une pure et simple illusion qui n’a fonctionné jusqu’à présent que par le plus grand des hasards. Si l’on retire la rationalité des acteurs (avec l’émergence d’acteurs non étatiques ou de l’intelligence artificielle), le concept même de dissuasion ne s’effondre-t-il pas mathématiquement ?
Dr Ivana Nikolić Hughes : Je n’irais peut-être pas jusqu’à qualifier la dissuasion nucléaire de totalement invalide. Il a pu y avoir, et il peut encore y avoir, des situations où des États agissent ou s’abstiennent d’agir parce qu’eux-mêmes ou un autre État possèdent des armes nucléaires. Ce que nous savons en revanche, c’est qu’à plusieurs reprises, tout au long de la Guerre froide, nous avons été très proches de l’utilisation d’armes nucléaires et même d’une guerre nucléaire, ce qui semble invalider l’affirmation selon laquelle la dissuasion nucléaire est infaillible. Parmi les exemples, on peut citer la crise des missiles de Cuba, en particulier l’incident du sous-marin impliquant Vassili Arkhipov ; l’exercice militaire Able Archer ; la fausse alerte de 1983 impliquant Stanislav Petrov ; et bien d’autres encore. De plus, même si nous admettons que la dissuasion nucléaire a fonctionné dans le passé, cela ne garantit en rien qu’elle fonctionnera à l’avenir. Aujourd’hui, une guerre nucléaire signifierait la destruction de la civilisation humaine et probablement de toute vie sur la planète, par la mort de centaines de millions de personnes suite à l’utilisation de milliers d’ogives nucléaires, sans compter les changements environnementaux tels que l’hiver nucléaire et la destruction de la couche d’ozone, qui entraîneraient la mort de milliards d’autres personnes par famine. Nous ne pouvons pas suspendre le sort de l’humanité au fil d’une hypothèse aussi précaire.
Le concept de justice nucléaire que vous défendez à l’ONU va au-delà de la simple décontamination technique. Comment ce concept redéfinit-il la souveraineté des peuples autochtones face aux superpuissances qui ont utilisé leurs territoires comme des laboratoires sacrificiels ?
Les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki ont tué de l’ordre de 200 000 personnes et en ont blessé irrémédiablement bien d’autres. Mais la douleur et la dévastation causées par les armes nucléaires ne se sont pas arrêtées là. En fait, on peut soutenir qu’elles ont commencé un mois plus tôt avec la toute première explosion nucléaire au Nouveau-Mexique, nom de code Trinity, qui a exposé les populations voisines aux retombées radioactives et fait d’elles les premières victimes au monde de ces retombées (les « downwinders »). Plus de 2 000 explosions d’armes nucléaires ont été menées depuis lors, principalement par les États-Unis et l’Union soviétique, mais aussi, dans une moindre mesure, par la France, le Royaume-Uni et la Chine. Les autres États dotés d’armes nucléaires (l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord) ont mené exclusivement des essais souterrains, et la question de l’essai nucléaire d’Israël reste sujette à débat. Ces explosions ont causé d’immenses dévastations et souffrances aux populations voisines et à celles exposées aux retombées, entraînant dans certains cas une contamination radiologique persistante, la perte de terres, la destruction de modes de vie durables, et bien plus encore. Malheureusement, mais peut-être sans surprise, les programmes d’essais nucléaires ont souvent été menés sur des terres autochtones ou à proximité de celles-ci, donnant naissance à la notion de colonialisme nucléaire, qui, tout comme les isotopes radioactifs dans le sol et les aliments, ou les radiations dans l’air, maintient son emprise sur les populations anciennement et actuellement colonisées.
Vous avez appelé l’Assemblée générale des Nations Unies à exiger des puissances nucléaires qu’elles commencent par présenter des excuses formelles. D’un point de vue diplomatique, comment comptez-vous surmonter la résistance de pays comme les États-Unis et la France, qui craignent que des excuses officielles n’ouvrent la voie à des vagues de contentieux juridiques et financiers majeurs ?
Les recherches que j’ai menées avec mon mari, le professeur Emlyn Hughes, et nos étudiants à l’Université Columbia sur la contamination radiologique aux îles Marshall nous ont amenés à mesurer la gravité des impacts du programme d’essais nucléaires et le fait qu’ils restent d’une brûlante actualité à ce jour. Cela nous a conduits à proposer que les États-Unis présentent des excuses formelles aux îles Marshall, une démarche qui a également été inscrite dans une résolution par les sénateurs américains Markey et Hirono, ainsi que par la représentante Katie Porter. Il ne fait aucun doute que les États-Unis et d’autres pays comme la France continueront de refuser de s’engager dans cette voie. Ce que nous pouvons faire, c’est continuer à les mettre face à leurs responsabilités et à réclamer justice. Notre monde a de nombreux problèmes, mais chaque fois que nous nous attaquons à l’un d’eux et que nous rendons le monde plus juste, nous ouvrons de nouvelles voies de coopération et de progrès. L’honnêteté est primordiale, et la démarche la plus honnête consisterait, pour les responsables, à commencer par présenter des excuses. Cela ouvrirait la voie à de véritables mesures pour réparer les préjudices passés et minimiser ceux à venir.
En tant que chimiste, vous savez qu’une grande partie des données sur les conséquences réelles de ces essais reste classée secret défense. Quel levier politique l’ONU ou le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) peuvent-ils utiliser pour contraindre les institutions militaires à assurer une transparence scientifique totale ?
C’est une question et une tâche très difficiles. Les puissances nucléaires qui ont procédé à des essais d’armes nucléaires dans l’atmosphère et qui ont, de loin, mené le plus grand nombre d’essais, sont exactement celles qui sont reconnues par l’ONU comme États dotés d’armes nucléaires et qui siègent en tant que membres permanents du Conseil de sécurité. Je pense que si les citoyens ordinaires de ces pays connaissaient l’ampleur réelle de ce qui s’est produit dans le cadre des différents programmes d’essais nucléaires, ils voudraient que leurs gouvernements s’attaquent à ces problèmes dans toute la mesure du possible. Une mesure relativement simple consisterait à déclassifier toutes les études révélant les niveaux de radiation passés et actuels. Cela permettrait non seulement de garantir, par exemple, que les préjudices passés soient reconnus et indemnisés, mais aussi que les préjudices futurs puissent être évités.
Dans l’émission de Tucker Carlson, vous avez ouvertement déclaré que la possession d’un arsenal nucléaire ne servait pas les meilleurs intérêts de la sécurité nationale des États-Unis. Comment les instituts de réflexion stratégique (think tanks) et les experts militaires de Washington ont-ils réagi à ce défi direct lancé à la doctrine de la dissuasion ?
Je n’ai été contredite par personne sur ce point de vue. J’ai du mal à croire qu’aucune des personnes qui ne sont pas d’accord avec moi n’ait réellement regardé l’interview. Je ne peux qu’imaginer qu’ils ne m’ont pas contestée parce que j’ai raison et qu’ils reconnaissent que leur verbiage politique et leurs postures mettent les États-Unis, sans parler du monde, au bord de l’annihilation. Pour reprendre les mots de Daniel Ellsberg, célèbre pour avoir divulgué les Pentagon Papers, tout cela est « vertigineusement insensé et immoral ».
Votre apparition dans l’émission de Tucker Carlson a mis en lumière une convergence bipartisane surprenante, où le pacifisme scientifique et la critique populiste de l’establishment militaire ont convergé. Lorsque vous avez accepté cette invitation, pensiez-vous que vos arguments scientifiques sur l’hiver nucléaire et les risques d’anéantissement de l’humanité résonneraient aussi immédiatement auprès de son public ?
Je crois fermement que les arguments dénonçant la folie de ce que nous avons fait et continuons de faire à l’ère nucléaire sont si solides que quiconque prend le temps d’apprendre et de comprendre les enjeux parviendrait à la même conclusion.
Personnellement, j’essaie non seulement de promouvoir mon propre point de vue et mes solutions, mais plutôt de partager les faits sur ce que nous savons que les armes nucléaires ont fait et peuvent faire à l’avenir, et sur la façon dont l’histoire de l’ère nucléaire révèle la fragilité de notre situation actuelle. Si les gens entendent ce que j’ai à dire et concluent que nous avons besoin de milliers d’ogives nucléaires, je l’accepte, en fait. Ce que je n’accepte pas, c’est de parler de posséder des milliers d’ogives nucléaires sans aucune compréhension réelle de ce que cela signifie. Je suis vraiment reconnaissante envers Tucker de m’avoir accueillie dans son émission. Je suis encore plus encouragée par le fait qu’il s’est exprimé fermement et à de nombreuses reprises contre les armes nucléaires depuis lors. À mon sens, la question des armes nucléaires devrait transcender les clivages partisans ; c’est une véritable cause « pro-vie ». Il n’y a rien de plus pro-vie que de s’opposer à l’anéantissement nucléaire.
Vous dénoncez le fait que la politique de défense des États-Unis soit dictée par les profits du complexe militaro-industriel plutôt que par la sécurité réelle des citoyens. Comment la société civile peut-elle briser l’influence de ces fabricants d’armes, alors que leurs usines sont stratégiquement implantées dans presque toutes les circonscriptions électorales du Congrès, afin de s’assurer que les élus votent en leur faveur ?
Je suis fermement convaincue que la raison pour laquelle les États-Unis possèdent des armes nucléaires, c’est le complexe militaro-industriel. D’autres États peuvent avoir des motivations différentes pour en détenir, comme le Royaume-Uni et la France, pour qui l’arme nucléaire reste un symbole de leur statut de superpuissance mondiale et le vestige de leur emprise sur une grande partie du globe à l’apogée de leur ère coloniale. Aux États-Unis, il est d’ailleurs bien documenté que certains des États qui reçoivent le plus de financements pour les activités liées à l’armement, y compris le nucléaire, sont également les plus pauvres, affichant certains des pires indicateurs en matière de pauvreté et d’éducation. Le Nouveau-Mexique en est un parfait exemple.
Avec l’intégration récente de l’intelligence artificielle dans les systèmes de défense, craignez-vous que le complexe militaro-industriel ne déclenche une nouvelle course aux armements algorithmique, totalement incontrôlable, dans le seul but de créer de nouveaux marchés lucratifs ?
Je suis profondément inquiète de l’imbrication entre l’intelligence artificielle et les armes nucléaires. J’ai développé ce sujet dans un article. À mon sens, il existe trois scénarios distincts. Premièrement, nous pourrions intégrer délibérément l’IA dans certains volets du commandement et du contrôle nucléaires, ce qui nous exposerait au risque qu’elle commette une erreur ou « hallucine » en nous signalant, à tort, une attaque ou un scénario de ce genre. Deuxièmement, l’IA pourrait potentiellement pirater délibérément les systèmes de commandement et de contrôle nucléaires, comme cela a déjà été le cas avec d’autres systèmes, qu’ils soient privés ou étatiques. Enfin, dans l’éventualité d’une IA super intelligente – hypothèse qui pourrait se concrétiser ou non –, le déclenchement d’une guerre nucléaire devient une réelle possibilité si une telle IA décidait, par exemple, d’éliminer l’espèce humaine. Ce dernier scénario ne m’inquiète pas outre mesure, car il reste pour l’instant très hypothétique. En revanche, les deux premiers me préoccupent énormément.
Vous soutenez que la doctrine de la dissuasion est un outil marketing utilisé par le complexe militaro-industriel pour justifier sa propre existence. Comment pouvons-nous déconstruire ce discours de la « menace permanente » auprès du public américain, conditionné par des décennies de rhétorique sur la sécurité nationale ?
Les États-Unis ont la chance d’occuper l’un des territoires les plus privilégiés de la planète. Entourés de deux océans et n’ayant pour voisins que deux pays qui ne sont pas leurs pairs, ni par la taille de leur population ni par celle de leur économie, les États-Unis pourraient être le pays le plus sûr de l’histoire de l’humanité, comme l’a déjà souligné le professeur Jeffrey Sachs. Pourtant, une grande partie de ce que les États-Unis ont fait depuis 1945 en réalité, et plus particulièrement depuis la fin de la Guerre froide, ne les a rendus ni plus sûrs ni plus prospères. À la fin de la Guerre froide en particulier, les États-Unis avaient l’opportunité d’aider à bâtir un monde plus juste et plus sûr. Au lieu de cela, ils ont choisi de déclencher de nouvelles guerres au Moyen-Orient et de provoquer la Russie, ce qui a conduit aux conflits d’aujourd’hui qui menacent notre survie même. La bonne nouvelle, c’est que le peuple américain semble en être conscient et a régulièrement voté pour le « candidat de la paix ». Que ce candidat ait tenu ses promesses une fois au pouvoir ou non est une autre affaire. Le grand public américain doit trouver un moyen d’exiger des comptes à ses dirigeants, et pas seulement en votant une fois tous les quatre ans.
Vos travaux au sein de la NAPF (Nuclear Age Peace Foundation) mettent en évidence la façon dont les puissances coloniales ont systématiquement utilisé les territoires autochtones ou colonisés (les îles Marshall pour les États-Unis, l’Algérie et la Polynésie pour la France) comme des zones sacrificielles. Selon vous, en quoi la lutte pour la vérité concernant les essais nucléaires au Sahara est-elle inextricablement liée à la décolonisation et à la justice climatique mondiale ?
Absolument. J’ai grandi en ex-Yougoslavie et, enfant, l’une des choses dont j’étais le plus fière était le rôle de la Yougoslavie au sein du Mouvement des pays non alignés (MNA). Ce mouvement a été fondé en 1961 et a tenu sa première conférence à Belgrade cette même année. Tel qu’il était conçu dans les années 1960, le MNA avait trois objectifs : la décolonisation, les droits de l’homme et le désarmement nucléaire. Plus de soixante-cinq ans plus tard, il nous reste encore énormément de travail à accomplir sur ces trois fronts. Pour le peuple algérien, même l’indépendance n’a pas mis un terme aux essais, ce qui illustre la persistance pernicieuse du colonialisme.
Lors de l’essai souterrain « Béryl » à In Ekker en 1962, la roche a cédé et de la lave radioactive a contaminé le personnel militaire ainsi que les populations locales. Vos recherches se concentrent spécifiquement sur les failles des modélisations gouvernementales. Pensez-vous que la France dissimule encore, sous couvert de sécurité nationale, l’ampleur réelle de la contamination environnementale en Algérie ?
La France est sans doute l’État qui fait preuve de l’hostilité la plus farouche à l’ONU en matière de désarmement nucléaire et de justice nucléaire. Ce n’est pas seulement mon point de vue, mais aussi celui de nombreux diplomates et représentants de la société civile avec qui j’ai échangé sur ces questions. La liste des transgressions de la France est longue : elle inclut, entre autres, les prétendus essais de bombes à hydrogène « propres » en Polynésie française, ainsi que l’enfouissement d’équipements contaminés par la radioactivité dans les sables du Sahara. Je pense qu’une partie de cette attitude est liée au fait que la France s’accroche à l’arme nucléaire comme à un symbole de son statut de superpuissance. La France doit véritablement abandonner cette façade et s’engager sérieusement auprès des populations et des gouvernements d’Algérie et de Polynésie française, afin de déterminer comment les aider et de faire toute la lumière sur la situation actuelle en matière de contamination radiologique sur ces territoires.
Vous êtes une défenseure engagée de la justice réparatrice à l’ONU. Compte tenu de la réalité tragique selon laquelle un seul Algérien a été indemnisé par la France en raison de critères juridiques délibérément restrictifs, quelles réformes le Groupe consultatif du TIAN (Traité sur l’interdiction des armes nucléaires) recommande-t-il afin d’établir des normes d’indemnisation internationales et indépendantes ?
La Fondation pour la paix à l’ère nucléaire publiera une série de recommandations lors de la Conférence d’examen du TIAN, détaillant les mesures que les États peuvent prendre pour faire progresser la justice nucléaire. Dans ce document, nous formulons des propositions spécifiques concernant les normes d’indemnisation. J’espère pouvoir continuer à échanger sur ce sujet avec mes collègues du Groupe consultatif scientifique.
En tant que chimiste, vous étudiez la persistance des radio-isotopes dans l’environnement. Le rapport « Radioactivité sous le sable », publié par vos partenaires d’ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires), démontre que des déchets militaires hautement toxiques restent enfouis sans aucune protection dans le Sahara. Quel est le risque de migration de ces radionucléides vers les nappes phréatiques fossiles de la région, et quelles technologies de remédiation d’urgence recommandez-vous ?
La France possède une vaste expérience en matière de gestion des déchets nucléaires et de sûreté, compte tenu de la place prépondérante qu’occupe l’énergie nucléaire dans le pays depuis des décennies. Je recommanderais la conclusion d’un accord bilatéral entre la France et l’Algérie afin de déterminer la meilleure marche à suivre pour dépolluer les sites et évacuer les contaminations résiduelles.
À l’ONU, la NAPF prend la parole au nom des peuples autochtones victimes des essais nucléaires. Au-delà des déclarations de principe figurant dans les rapports de votre fondation, quelles actions directes et concrètes la NAPF mène-t-elle sur le terrain pour aider les communautés qui souffrent encore aujourd’hui des cancers et de la contamination de leurs terres ?
La mission de la NAPF est d’éduquer et de militer pour un monde juste et pacifique, exempt d’armes nucléaires, et nos activités s’inscrivent pleinement dans cette voie. Nous disposons d’une petite équipe et de ressources limitées ; par conséquent, la majeure partie de notre travail ne se déroule pas nécessairement sur le terrain, mais consiste plutôt à donner une voix aux personnes touchées, à la fois pour rechercher la justice et pour servir l’objectif d’un monde sans armes nucléaires. Notre travail sur la résolution pour la justice nucléaire a notamment conduit à la tenue historique, le 1er septembre, d’une réunion internationale d’une journée à l’ONU consacrée à l’assistance aux victimes et à la réhabilitation environnementale. Sur le terrain, aux îles Marshall, et à la suite de nos recherches à l’Université Columbia, la République des îles Marshall a créé une Commission nucléaire nationale. Celle-ci s’est montrée extrêmement efficace pour défendre la justice nucléaire, tant sur la scène nationale américaine qu’au niveau international. Il est indispensable que d’autres États touchés se dotent de telles commissions pour les aider à coordonner leurs propres efforts afin de faire progresser la justice au sein de leurs communautés.
Interview réalisée par M. A.
La Dr. Ivana Nikolić Hughes est maîtresse de conférences senior en chimie et directrice du cours « Frontiers of Science » (Les frontières de la science), un enseignement scientifique fondamental du Columbia College. Elle est également présidente de la Fondation pour la paix à l’ère nucléaire (Nuclear Age Peace Foundation), une organisation qui œuvre par l’éducation et le plaidoyer en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires.
La Dr. Hughes est titulaire d’un Bachelor of Science (licence) avec mention du California Institute of Technology (Caltech), où elle a étudié le génie chimique et rédigé son mémoire de fin d’études sous la direction de la professeure Frances Arnold. Elle a obtenu son doctorat à l’Université de Stanford, où elle a été boursière prédoctorale de l’American Heart Association, travaillant dans le laboratoire du professeur Dan Herschlag.
Membre du corps professoral de l’Université Columbia depuis 2008, elle a reçu le prix Lenfest Distinguished Columbia Faculty Award en 2020. Ses travaux visant à évaluer les conditions radiologiques aux îles Marshall, site des essais nucléaires américains, ont fait l’objet d’une large couverture médiatique. La Dre Hughes siège actuellement en tant que membre du Groupe consultatif scientifique du Traité des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Outre ses travaux universitaires, elle a publié des articles dans des médias tels que The Nation, le Bulletin of the Atomic Scientists, The Hill, Scientific American, Truthout, Common Dreams, Transcend Media Service et The Diplomat, entre autres.


