Par M. Aït Amara – Derrière les vitrines brisées, les mairies calcinées et les édifices publics mis à sac en France, l’explication sociologique classique a volé en éclats. Une frange de la jeunesse née et élevée en France, issue de l’immigration algérienne, a délibérément ciblé les symboles les plus sacrés de la République. Alors que les plateaux de télévision français, squattés par des politiciens et des journalistes à la xénophobie décomplexée, s’en donnent à cœur joie pour vomir le mot «racaille», une réalité bien plus lourde s’écrit dans les rues : celle d’une jeunesse qui a décidé de faire payer à la France les drames de l’Algérie, dans une logique de pure vengeance transnationale.
Pour décoder cette fureur, il faut impérativement relier les émeutes de France aux incendies terroristes qui ont ravagé la région de Jijel. Ces feux criminels, qui ont décimé des familles entières brûlées vives dans des pièges de flammes atroces, ne sont pas de simples faits divers. Les enquêtes et les aveux des exécutants arrêtés sur place ont révélé l’infamie : les donneurs d’ordres, les cerveaux et les financiers de ce carnage opéraient en toute impunité depuis Paris.
Cette vérité dérangeante trouve d’ailleurs un écho singulier dans l’attitude de certaines figures politiques françaises. Quand Eric Zemmour pointe directement et obsessionnellement du doigt les Algériens lors de ses interventions médiatiques, ce positionnement agressif n’est pas le fruit du hasard. Ce ciblage systématique démontre qu’il sait parfaitement ce qui se trame en coulisses. Il est conscient de la nature transnationale du conflit et de l’implication des réseaux parisiens dans la déstabilisation de l’Algérie. En focalisant l’attention sur la communauté algérienne, il tente de devancer et de masquer la responsabilité des structures logistiques abritées sur le sol français.
Pour ces jeunes binationaux, constamment harcelés et stigmatisés par un système médiatique français hostile, le calcul est immédiat. Voir le sol français servir de sanctuaire et de base arrière à des criminels qui planifient la destruction de leur patrie d’origine est devenu intolérable. Dès lors, l’embrasement des grandes villes françaises change de nature, si bien qu’il ne s’agit aucunement de délinquance, mais d’une opération de représailles. Brûler les commissariats, les écoles et les mairies devient une réponse symétrique aux incendies de Jijel. C’est le châtiment infligé aux structures d’un Etat complice par son inaction face aux terroristes abrités sur son propre territoire.
Ce constat implacable met à nu une rupture définitive. D’un côté, une élite française qui insulte et criminalise en bloc la jeunesse des quartiers ; de l’autre, une colère noire qui utilise le feu pour venger les morts d’Algérie. En attaquant les institutions de la République, ces jeunes exigent des comptes, retournant la violence incendiaire contre ceux qu’ils estiment responsables des corps calcinés à Jijel. Une démonstration brutale que lorsque la justice officielle faillit, la mémoire blessée dicte sa propre loi du talion.
M. A.-A.
P.-S. : A ceux qui arguent qu’il n’y avait pas que des Algériens dans ces événements, il convient de préciser que la participation de ces derniers s’est distinguée par une charge symbolique unique. En brandissant ostensiblement le drapeau algérien et en affichant des pancartes sans ambiguïté sur la fidélité aux martyrs du 17 Octobre 1961, ils ont affirmé des revendications politiques et mémorielles bien précises. Certes, les Algériens n’étaient pas seuls dans la foule, mais leur message et leurs motivations revêtaient une singularité propre au sein des manifestants.



