Par Mohamed K. – Sur le plateau de France 24, le représentant permanent de la République sahraouie à l’ONU, le brillant Sidi Mohamed Omar, a infligé une cinglante leçon de droit international à Tom Harb, figure du parti républicain américain. Ce débat a mis à nu la vacuité idéologique de l’establishment trumpiste, qui tente de réduire les luttes de libération nationale à de vulgaires transactions commerciales. Face aux intimidations d’un appareil américain aveuglé par la logique de la force, la réplique du diplomate sahraoui a sonné comme un rappel à l’ordre salutaire : le destin et la dignité d’un peuple ne se négocient pas à coups de pressions financières.
Tom Harb, se faisant le porte-voix de la doctrine transactionnelle de Donald Trump, a étalé sans pudeur le cynisme qui caractérise la politique étrangère de son camp. Evoquant le projet de résolution américain visant à réécrire le mandat de la Minurso – pour la vider de sa substance référendaire –, le républicain a immédiatement brandi l’arme du portefeuille, l’unique logiciel d’une pensée trumpiste incapable de concevoir le droit international. Il a ouvertement menacé de suspendre les aides humanitaires destinées aux camps de réfugiés et d’inscrire le Front Polisario sur la liste des sanctions du Congrès américain. Cette tentative d’asphyxie financière dévoile la vraie nature de l’establishment républicain : une diplomatie du chantage qui cherche à affamer pour forcer la capitulation politique en faveur du chimérique plan d’autonomie marocain.
La réponse du diplomate sahraoui, calme et chirurgicale, a totalement désarmé la brutalité de son interlocuteur. Sidi Mohamed Omar a d’abord exposé de manière exhaustive le contenu de sa démarche officielle auprès du Conseil de sécurité, démontrant que la République sahraouie refuse de se laisser imposer un fait accompli.
«Le contenu de la lettre que nous avons envoyée à la représentante permanente de la Grèce, présidente actuelle du Conseil de sécurité, concerne la position du Front Polisario vis-à-vis du projet initial distribué par les Etats-Unis en tant que porte-plume auprès des membres du Conseil de sécurité le 2 du mois. Nous avons dit clairement que ce projet dévie de manière dangereuse des fondements sur lesquels le Conseil de sécurité a toujours traité la question du Sahara Occidental. Il s’attaque au cœur même et à la substance du processus de paix, qui repose et s’appuie sur le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, y compris ce que cela implique comme tentative de modifier le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental», a-t-il rappelé.
Face aux accusations de blocage formulées par le camp républicain, le représentant sahraoui a remis les pendules à l’heure avec une haute stature étatique, redéfinissant la différence entre le chantage et la responsabilité politique.
«Et c’est ainsi qu’a été notre position claire que nous avons exprimée dans la lettre : si, et d’ailleurs le Front Polisario n’a pas menacé mais a averti, si ce projet initial venait à être adopté sans y introduire de modifications fondamentales et ciblées, nous n’aurions d’autre choix que de nous retirer de l’ensemble du processus de paix. Tout en réaffirmant, bien entendu, notre engagement dans la recherche d’une solution pacifique et juste pour la cause sahraouie, qui demeure une question de décolonisation. Et il a été demandé au Conseil de sécurité d’agir et d’accomplir son devoir afin de sauver le processus de paix au Sahara Occidental, qui reste un facteur essentiel pour l’instauration de la sécurité et de la stabilité dans la région de l’Afrique du Nord», a-t-il développé.
Enfin, balayant d’un revers de main le paternalisme et les menaces de sanctions brandies par Tom Harb, Sidi Mohamed Omar a prononcé une tirade historique, brisant définitivement l’illusion trumpiste selon laquelle le monde s’achète et se vend.
«Le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance est un droit intangible. C’est un droit qui n’est pas venu par une décision du Conseil de sécurité, par la plume des Etats-Unis ou de quiconque, ni par une décision de l’Assemblée générale. C’est un droit que le peuple sahraoui a ancré par ses sacrifices, ses peines, son sang, ses larmes, la détermination de ses politiciens, de ses blessés et de ses prisonniers. C’est donc un droit que ni le président Trump, ni personne d’autre ne peut l’effacer d’un trait de plume, quelles que soient les circonstances», a-t-il cinglé.
En opposant ces vérités juridiques et historiques à l’arrogance de Tom Harb, le représentant sahraoui a rappelé une réalité que l’establishment de Donald Trump est structurellement incapable de comprendre : la souveraineté sur le Sahara Occidental appartient exclusivement à son peuple et n’est pas un actif immobilier transférable.
Alors que le camp républicain pensait intimider le Polisario en l’exposant à sa politique de puissance, le déploiement méthodique des arguments de Sidi Mohamed Omar a provoqué l’effet inverse. Il a mis en lumière la faillite morale d’un establishment américain réduit à utiliser l’aide humanitaire comme moyen de pression, face à la force d’une cause qui refuse de plier. Une défaite idéologique totale pour les partisans de Trump, administrée en direct devant les téléspectateurs.
M. K.



