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Sahara Occidental : une main levée et le plan de Trump s’écroule comme un château de cartes

Par Mehenna H. – Le Conseil de sécurité des Nations unies vient d’être le théâtre d’un camouflet monumental pour la diplomatie américaine, illustrant avec fracas l’incapacité de Washington à imposer unilatéralement ses visions géopolitiques sur les dossiers les plus sensibles de la planète. En opposant son veto au projet de résolution américain, la Russie a administré une démonstration cinglante aux Etats-Unis, prouvant que leurs manœuvres de coulisses et leurs tentatives de passage en force sur le dossier du Sahara Occidental ne pèsent guère face aux équilibres multipolaires du Conseil.

Ce choc diplomatique met à nu les ambitions de l’administration américaine, qui espérait mettre la communauté internationale devant le fait accompli. En voulant valider et institutionnaliser à marche forcée le plan d’autonomie concocté par la France au profit de son territoire d’outre-mer marocain, Washington a agi en VRP zélé d’unilatéralisme. L’objectif était transparent : entériner un rapport de force régional au détriment des paramètres historiques de l’ONU et du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination. Mais c’était sans compter sur la riposte de Moscou, qui a balayé d’un revers de main cette tentative de mise sous tutelle de la légalité internationale.

L’escalade verbale et institutionnelle qui s’en est suivie, marquée par des vetos croisés et un blocage total, démontre la faillite de l’approche américaine. En voulant brusquer les choses pour satisfaire des agendas extérieurs, l’implication directe de Washington dans ce conflit cinquantenaire n’a fait qu’envenimer une situation déjà explosive. Plutôt que de favoriser une issue pacifique et équitable, l’activisme de la Maison-Blanche enferme le dossier dans une ornière diplomatique profonde.

A force de vouloir court-circuiter le consensus et d’ignorer les résolutions fondamentales de l’organisation internationale, la politique américaine pousse dangereusement le contentieux vers une impasse absolue. Pire encore, en dynamitant les derniers ponts du dialogue multilatéral sous l’égide de l’ONU, elle fait ressurgir le spectre d’une reprise des hostilités militaires. L’illusion d’une pax americana imposée par décrets unilatéraux s’est brisée net, laissant derrière elle un processus de paix en ruines et une région au bord de l’embrasement.

M. H.

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