Par Nabil D. – Le Nord du Niger est-il en train de devenir le théâtre d’une confrontation géopolitique majeure visant à parasiter l’influence de l’Algérie au Sahel ? C’est la thèse explosive partagée par l’analyste et politologue nigérien Cheffou Souleymane. A travers un décryptage minutieux de la situation sécuritaire aux frontières du Niger avec la Libye et l’Algérie, l’expert lève le voile sur un plan global de guerre par procuration. Au centre de ce dispositif militaire et logistique : le vassal libyen Khalifa Haftar, agissant comme le bras armé d’une coalition internationale hostile aux intérêts algériens.
L’alerte vient du désert, à peine à une centaine de kilomètres de la base militaire stratégique nigérienne de Madama. Selon Cheffou Souleymane, le chef de Benghazi y a déployé un nombre impressionnant d’hommes lourdement armés. Mais pour le politologue, ce mouvement de troupes ne relève pas d’une simple opération frontalière libyenne. Il s’agit d’une manœuvre stratégique téléguidée par des puissances tierces. L’objectif ? Assiéger indirectement l’Algérie en créant un foyer de tension permanent à sa frontière sud, tout en brisant l’alliance naissante entre Alger et Niamey.
Le politologue va plus loin en désignant nommément les parrains de cette offensive. Khalifa Haftar bénéficie des soutiens financiers et militaires massifs du Maroc et des Emirats arabes unis. Plus grave encore, l’analyste affirme que cette coalition bénéficie de l’appui indirect de la France et d’Israël. Pour ces pays, qui entretiennent toutes des relations hostiles et belliqueuses avec l’Algérie, le Niger constitue le terrain idéal pour mener une guerre asymétrique visant à tenter d’affaiblir la puissance régionale algérienne.
Pour exécuter ce plan de déstabilisation, la stratégie des mentors de Haftar repose sur l’instrumentalisation des crises internes du Niger. Cheffou Souleymane révèle que ce déploiement massif à la frontière pourrait servir de base arrière logistique pour armer et renforcer deux mouvements rebelles nigériens : le Front patriotique pour la libération de Mahmoud Salah et le Mouvement pour la justice et la liberté de Moussa Kounaï. En finançant ces groupes opposés aux autorités de transition de Niamey, les puissances extérieures espèrent créer un chaos sécuritaire.
Enfin, l’enjeu de cette guerre par procuration est profondément économique. Le dispositif exécuté par Haftar cible directement le cœur énergétique du Niger : les installations pétrolières d’Agadem et surtout le nouveau projet hautement stratégique de Kafra. Ce dernier représente un investissement colossal pour l’Algérie, qui cherche à sécuriser ses approvisionnements et ses partenariats au Sahel. Saboter ces infrastructures reviendrait à porter un coup de massue financier à l’économie algérienne. C’est précisément pour faire face à ce complot multidimensionnel que le déploiement des soldats de l’ANP sur le sol nigérien s’avère indispensable, souligne le politologue, agissant comme l’unique rempart capable de protéger les infrastructures vitales et de neutraliser cette menace internationale.
N. D.


