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Les trois singes

Par Mehenna H. – La France brûle, mais l’audiovisuel public a choisi la politique des trois singes. Ce jeudi 5 novembre 2026, la réalité du pays ne se discute pas sur les plateaux feutrés, elle se crie dans la rue. Pendant qu’un automne social d’une violence rare culmine aujourd’hui en émeutes, affrontements et blocages massifs de Lille à Marseille en passant par Paris et Toulouse, les ondes de l’audiovisuel d’Etat imposent un calme lénifiant. Plus d’un million de personnes battent le pavé, des vitrines volent en éclats, des gaz lacrymogènes saturent l’air des métropoles, mais les écrans publics préfèrent anesthésier l’opinion.

Le cynisme de cette complicité médiatique s’articule désormais autour d’une posture bien connue : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire.

D’abord, les rédactions subventionnées se voilent les yeux. Elles refusent de cadrer le chaos économique et les barricades de lycéens à Paris, préférant braquer leurs projecteurs sur de dociles reportages sur le foie gras et la gastronomie de fin d’année. Ensuite, elles se bouchent les oreilles, restant sourdes aux tirs de mortiers à Lyon et à la détresse légitime face à la vie chère, pour imposer de longs débats sur les dernières transitions transgenres ou le quotidien des couples polyamoureux. Enfin, elles se cousent la bouche, s’interdisant de nommer les racines politiques de la révolte sociale, préférant feuilletonner sur des futilités sociétales pour détourner le regard du peuple.

Quant aux rares fois où le paysage médiatique dominant daigne enfin tourner ses caméras vers la colère de la rue, l’imposture change simplement de visage. Des chaînes privées comme CNews s’emparent alors de l’actualité en boucle, non pas pour relayer la détresse du pays, mais pour détourner la contestation vers leur obsession obsessionnelle : casser de l’immigré. En réduisant un mouvement social global à des questions identitaires ou sécuritaires, ces médias d’opinion servent une autre forme de diversion, offrant au pouvoir une main tendue pour diviser les Français plutôt que de regarder en face la faillite du système.

Ces médias français, grassement financés par l’impôt des contribuables ou par des intérêts privés, se drapent perpétuellement dans leur indépendance. En réalité, ils agissent comme les chiens de garde d’un pouvoir aux abois. Toujours prompts à donner des leçons de morale, de tolérance et de civisme à la terre entière, ils s’aveuglent volontairement dès qu’il s’agit de filmer la faillite d’un gouvernement surendetté qui ne répond plus que par la matraque.

Cette posture hypocrite a détruit leur crédibilité. En singeant la sagesse pour masquer leur lâcheté, ces donneurs de leçons sont devenus les complices directs d’un régime Macron en décomposition, préférant l’anesthésie culturelle à la brutalité du réel. Mais à force de vouloir cacher le brasier sous un tapis de diversions bourgeoises, le réveil sera fatal. La rue n’attend plus la permission des collabos de l’info pour imposer sa vérité.

M. H.

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