Par M. Aït Amara – Donald Trump continue de s’enfoncer dans son propre délire belliqueux. Devant une communauté internationale de plus en plus sceptique, le locataire de la Maison-Blanche multiplie les déclarations fracassantes, menaçant cette fois-ci d’«anéantir» l’Iran. Pourtant, derrière la rhétorique enflammée et les postures théâtrales se cache une réalité que Washington tente désespérément de masquer : la superpuissance militaire américaine s’est littéralement cassé les dents sur le théâtre du Moyen-Orient.
Ce constat d’échec n’émane pas seulement des adversaires des Etats-Unis, mais des Américains eux-mêmes. Les aveux lucides d’observateurs militaires de premier plan confirment le gouffre abyssal entre les ambitions impériales de Washington et les capacités réelles du Pentagone. Lors d’un entretien sans concession publié dans Algeriepatriotique, le colonel américain Douglas Macgregor a mis en lumière l’effritement de la puissance occidentale. Evoquant le conflit en Ukraine et l’attitude de l’OTAN face à la Russie, le haut gradé n’a pas mâché ses mots en qualifiant l’Alliance atlantique de «façade vide». Selon lui, les forces occidentales sont désormais «trop faibles, trop réduites, et tout simplement incapables» de mener un affrontement de haute intensité.
Ce diagnostic sévère s’applique parfaitement aux rodomontades de Trump envers Téhéran. Comment le milliardaire peut-il promettre la destruction de l’Iran alors que les guerres successives en Irak et en Afghanistan ont épuisé les troupes américaines, englouti des milliers de milliards de dollars et brisé définitivement le mythe de l’invincibilité du Pentagone ? Ce grand bluff ne trompe plus personne. Même au sein de l’appareil de défense américain, la perspective d’un nouveau conflit majeur suscite une profonde réticence, tant l’armée est usée et moralement fracturée par des décennies d’interventions infructueuses et destructrices.
A ces déboires militaires majeurs s’ajoute une contestation interne grandissante au cœur même de la société américaine. Aux Etats-Unis, la façade d’unité nationale s’effondre totalement. Face aux dérives militaristes et aux provocations répétées de Donald Trump, les voix qui s’opposent à la guerre s’élèvent de plus belle à travers le pays. Citoyens, mouvements associatifs, anciens combattants et analystes politiques refusent catégoriquement de voir une nouvelle génération de soldats sacrifiée pour les ambitions démesurées d’un président mégalomane en quête de puissance. L’opinion publique américaine, profondément fatiguée par ces «guerres éternelles», rejette massivement l’idée d’un embrasement régional avec l’Iran.
En persistant dans sa stratégie de la terreur verbale, Donald Trump ignore volontairement la transformation radicale du paysage géopolitique mondial. A l’image de la Russie qui, comme le rappelle si bien le colonel Macgregor, s’est dotée d’un appareil militaire puissant, ultra-moderne et prêt à riposter, les puissances régionales ne se laissent plus intimider par les ultimatums théâtraux de Washington.
Le chantage à l’anéantissement a cessé de fonctionner. Le grand bluff de Trump est désormais exposé aux yeux du monde : une pitoyable démonstration de faiblesse déguisée en posture de force, qui ne fait qu’isoler un peu plus les Etats-Unis sur la scène internationale.
M. A.-A.


