Par Mehenna H. – En ouvrant le ciel et le sol d’Alger pour offrir une escale technique au président de la République islamique d’Iran, alors en route vers le sanctuaire des Nations unies à New York, l’Algérie a réaffirmé, devant le tribunal de l’histoire, un postulat intangible : elle n’attend le feu vert d’aucune puissance pour dicter sa conduite. Cet accueil, loin de se réduire à un simple jalon logistique, s’inscrit dans la lignée directe d’une doctrine diplomatique souveraine, imperméable aux injonctions extérieures et guidée par la seule force de ses convictions endogènes.
Il importe de situer cet événement à sa juste et haute mesure : il ne s’agissait point d’une rencontre bilatérale ordinaire, mais d’un acte lié à une session de l’Assemblée générale de l’ONU, d’une gravité exceptionnelle à l’heure où le Moyen-Orient est embrasé par une guerre totale. Interdire le passage ou refuser l’assistance technique à un chef d’Etat en mission multilatérale eût été une forfaiture face aux principes cardinaux du droit international. L’Algérie, fidèle à sa vocation de carrefour universel, ne saurait faillir à ses devoirs à l’égard de la communauté internationale.
Cet accueil a dû exiger le déploiement de mesures de sécurité hors du commun, dictées par le péril extrême qui guette les dirigeants iraniens, cibles d’une campagne d’assassinats ciblés orchestrée par le régime criminel de Tel-Aviv. En érigeant un sanctuaire inviolable pour cette halte stratégique au cœur d’une conjoncture explosive, l’Algérie démontre la robustesse de son appareil d’Etat et sa capacité à assumer ses responsabilités géopolitiques avec un courage imperturbable, insensible aux menaces environnantes.
Pour autant, cette rectitude morale ne saurait être dévoyée par de grossiers amalgames. La diplomatie algérienne, forte de son indépendance, refuse les logiques d’alignement aveugle sur un quelconque axe. C’est avec la même clarté et la même fermeté que l’Algérie a condamné le fait que des pays arabes du Golfe soient pris pour cibles. La position algérienne ne souffre aucune ambiguïté : elle défend l’intégrité des nations et le droit international, sans géométrie variable.
Les dirigeants iraniens connaissent le tempérament de la diplomatie algérienne, forgé dans le culte de l’honneur, de la sincérité et de la parole donnée. Téhéran sait qu’Alger ne transige pas et que ses positions procèdent exclusivement d’une souveraineté de conscience, rebelle à tout diktat et sourde aux ordres d’où qu’ils viennent. C’est là toute l’essence de notre souveraineté active : un engagement d’honneur qui s’impose au monde par sa cohérence et sa dignité.
M. H.



