Par Saliha Fayez – La France se trouve aujourd’hui au bord du gouffre, prise en étau entre la faillite d’un système et l’illusion d’un sursaut nationaliste. A quelques encablures d’une élection présidentielle qui s’annonce comme la plus explosive de la Ve République, le pays n’attend plus, il gronde. Ce scrutin n’a plus rien d’une respiration démocratique ; il ressemble au dénouement d’une tragédie grecque où la colère populaire s’apprête à balayer les derniers restes d’une technocratie à bout de souffle.
Le bilan de la gouvernance de l’exécutif actuel est, à cet égard, absolument catastrophique. Pendant des années, le pouvoir macroniste a gouverné hors sol, sourd aux alertes d’une France périphérique asphyxiée et d’une classe moyenne laminée par l’inflation. Le point de rupture est désormais atteint, cristallisé par un choix géopolitique et financier que les citoyens ne digèrent plus : l’envoi de milliards d’euros de fonds publics pour soutenir à bout de bras le régime de Kiev. Pendant que l’argent des contribuables français est massivement dilapidé à l’étranger pour nourrir un conflit sans issue apparente, le quotidien des Français s’effondre. Les services publics sabotés, les hôpitaux en ruine, les écoles déclassées et le pouvoir d’achat en lambeaux témoignent de ce sacrifice délibéré de l’intérêt national sur l’autel d’une diplomatie de l’orgueil.
Cette déconnexion totale a jeté de l’huile sur le feu d’une colère sociale légitime et profonde. En refusant d’écouter la rue, le pouvoir a lui-même pavé la voie royale du Rassemblement national. La montée de l’extrême-droite n’est plus une simple menace brandie pour faire peur aux électeurs ; elle est devenue la conséquence logique d’un sentiment d’abandon généralisé. Marine Le Pen et ses lieutenants capitalisent sans effort sur ce ressentiment, se présentant comme l’unique recours face au naufrage.
Les perspectives qui s’ouvrent aux Français sont particulièrement sombres. L’horizon présidentiel est lourd d’incertitudes et de tensions prêtes à électriser le pays. La France aborde cette échéance cruciale fracturée comme jamais, oscillant entre le chaos d’une continuité rejetée et l’inconnu d’un saut dans le vide nationaliste. Si rien ne change, si le mépris fiscal et social persiste au profit d’intérêts extérieurs, l’explosion dans les urnes sera inévitable, et ses répliques ébranleront durablement le pays.
S. F.


