Par Nabil D. – Mandaté par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, le ministre des Affaires étrangères porte la voix de l’Algérie au cœur du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans un contexte géopolitique fracturé, l’intervention d’Ahmed Attaf à New York résonne comme un plaidoyer vigoureux pour la refonte du multilatéralisme et la justice internationale.
Au centre des priorités portées par le chef de la diplomatie figure, de manière non négociable, la défense des causes arabes et africaines. Face à l’escalade de la violence au Moyen-Orient, Ahmed Attaf a réitéré le soutien indéfectible de l’Algérie à la cause palestinienne, exigeant une action internationale immédiate pour faire cesser les agressions et restaurer les droits légitimes du peuple palestinien.
Sur le plan continental, le ministre a mis l’accent sur les impératifs de paix et de sécurité en Afrique, notamment dans la région sahélo-saharienne. Evoquant les crises persistantes, Attaf a insisté sur la nécessité absolue de traiter les causes profondes des conflits et de rejeter fermement les ingérences extérieures. L’Algérie continue ainsi de prôner des solutions africaines aux problèmes africains, tout en renforçant sa coordination avec le secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de paix.
L’autre grand pilier de cette offensive diplomatique concerne l’architecture même de la gouvernance mondiale. Sous le thème onusien visant à «restaurer la confiance», Ahmed Attaf a dénoncé les «campagnes sans précédent» menées contre le multilatéralisme.
En parallèle à son allocution, le ministre d’Etat a déployé une intense activité diplomatique en marge des assemblées. Il s’est entretenu de manière bilatérale avec le président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, ainsi qu’avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Fahmy, pour coordonner les actions face à la crise au Moyen-Orient. Attaf a également rencontré plusieurs de ses homologues européens, à l’instar de la ministre hongroise Anita Orban et du ministre chypriote Constantinos Kombos, mettant l’accent sur la levée des obstacles qui entravent les exportations algériennes vers les marchés de l’Union européenne. Des séances de travail avec la présidente du CICR, Mirjana Spoljaric Egger, et la direction du Programme alimentaire mondial (PAM) ont permis d’aborder l’urgence humanitaire à Gaza et la situation des réfugiés sahraouis.
S’exprimant au nom des pays du Sud, le ministre d’Etat a réclamé une accélération de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. L’Algérie, qui préside actuellement le Conseil économique et social (ECOSOC) par l’intermédiaire de l’ambassadeur Amar Bendjama, entend peser de tout son poids pour imposer une transition énergétique juste et un accès équitable aux technologies numériques.
N. D.


