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Sauvez l’ONU !

Par Mehenna H. – L’Organisation des Nations Unies se meurt de son impuissance. Censée être le sanctuaire de la paix mondiale et le bouclier des opprimés, elle n’est plus qu’un théâtre d’ombres où se rejouent les partitions obsolètes de 1945. Face aux guerres contemporaines, l’institution affiche une paralysie structurelle flagrante. Pour lui redonner son efficacité et restaurer sa légitimité, deux conditions sine qua non doivent impérativement être remplies.

La première exigence est géographique. Il faut déplacer le siège de l’ONU hors des Etats-Unis. Historiquement ancrée à New York, l’organisation subit de plein fouet l’influence de son pays hôte, dont la politique étrangère est belliqueuse par essence. Cette relocalisation s’avère d’autant plus indispensable aujourd’hui que Washington bafoue ses propres engagements internationaux. Le refus illégal des autorités américaines d’accorder un visa au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, l’obligeant à intervenir à distance, constitue une violation flagrante de la règle de l’extraterritorialité. Le président palestinien ne se rendait pas sur le territoire américain, mais à l’ONU.

A l’inverse, cette partialité territoriale révoltante a permis à Benjamin Netanyahou de s’exprimer librement à la tribune new-yorkaise, alors même qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international de la CPI pour crimes de guerre.

Installer le secrétariat général dans une nation neutre ou pacifique – à l’instar de la Suisse ou d’un Etat scandinave – offrirait un ancrage moral salvateur, hors de portée des pressions de la première puissance militaire mondiale.

La seconde condition est l’abolition du droit de veto au Conseil de sécurité. Ce privilège anachronique, accordé aux cinq membres permanents, fausse toute forme de démocratie internationale. Il est le symbole absolu de l’injustice : une seule signature peut réduire à néant la volonté de l’immense majorité de la planète, protégeant les intérêts des puissants au détriment des plus faibles. En transformant le Conseil en un organe où les décisions se prennent à la majorité, on mettrait fin à une impunité systémique.

L’ONU ne pourra survivre au XXIe siècle en conservant les règles du siècle précédent. Le déménagement de son siège et la suppression du veto ne sont pas des utopies, mais des nécessités vitales. Si l’institution refuse cette mutation, elle se condamne à l’insignifiance, laissant le monde aux mains de la loi du plus fort. Il est temps de briser les chaînes de 1945 pour inventer une paix universelle et équitable.

M. H.

4 Commentaires

  1. « Sauvez l’ONU ! » titre M. H..

    Contrairement à M. H. qui soutient que l’ONU est « censée être le sanctuaire de la paix mondiale et le bouclier des opprimés », je pense que ce « machin » n’a jamais été autre chose qu’un voile dissimulant la main mise des grandes puissances sur les affaires mondiales et une illusion donnant l’impression aux États du « Tiers-Monde » de participer à la gestion des dites affaires.

    D’ailleurs, toute l’histoire de l’ONU montre que seuls les États « faibles »* sont concernés par les résolutions** de …………. l’ONU.

    Moralité de l’histoire: il n’y en a aucune, à part que:

    que l’ONU déménage de son siège, supprime son veto ou brise le chaînes de 1945, tant que le Grand Capital domine le monde dans son entièreté, la « paix universelle et équitable » sera synonyme de paix pour faciliter l’asservissement et l’exploitation des « travailleurs » par …… le Grand Capital, la démocratie se réduira à des joutes entre divers « fonctionnaires » du capital qui se drapent de divers drapeaux, i. e. du drapeau de la « droite » au drapeau de la « gauche », en passant par celui du « centre », et la liberté individuelle servira, essentiellement, aux capitalistes à justifier l’exploitation, dans de bonnes conditions, des « travailleurs » quels qu’ils soient.

    Wa el fahem yefhem.

    * Comparons le situation de la Corée du Nord et de l’Iran et tirons les conclusions qui s’imposent.
    ** Il me paraît inutile de rappeler que l’entité sioniste n’est concernée par aucune résolution de l’ONU.

    PS : je pense que les propositions de M. H. seraient pertinentes si nous vivions dans un monde des Bisounours où tout le monde rechercherait le bonheur de …………….. tout le monde. Or, dans un monde régi par la lutte des contraires, les propositions de M. H.. sont, effectivement des ……………. utopies.

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  2. Passons plutôt à autre chose. Une réforme en profondeur de l’ONU est nécessaire. L’Afrique a droit à un siège en tant que membre permanent du Conseil de sécurité.

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  3. Les modifications apportées à la Charte des Nations unies ne peuvent être effectuées par les membres de l’ONU sans obtenir le consensus et l’approbation des cinq membres permanents. Donc, une importante barrière légale se dresse sur la voie. Autrement dit, il est juridiquement impossible d’éradiquer totalement le droit de veto tant que les pays qui en bénéficient ne consentent pas à son abolition. Ces nations tiennent fermement à leurs droits privilégiés et écartent l’éventualité d’y renoncer: La mise en œuvre concrète de cette «nécessité» figure aujourd’hui parmi les défis diplomatiques majeurs du XXIe siècle.

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