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L’Algérie ne bluffe pas

Par Mehenna H. – Pendant des décennies, notre diplomatie s’est cantonnée dans un principe immuable : le refus absolu de toute projection militaire hors de ses frontières. C’était l’héritage d’une doctrine postindépendance. Mais le monde a changé, et le Sahel est devenu le laboratoire à ciel ouvert d’une guerre hybride globale. Face à des menaces d’un genre nouveau, la posture passive n’est plus une vertu, elle devenait un péril. En décidant de briser ce tabou doctrinal, l’Algérie pose un acte fondateur majeur pour la sécurité du continent africain.

Cette réponse vigoureuse n’est pas un caprice isolationniste, c’est le réveil brutal d’un géant régional qui refuse d’être encerclé. Depuis trop longtemps, les officines étrangères transforment le voisinage immédiat de l’Algérie en un échiquier géopolitique où les Etats souverains servent de pions. Financer l’instabilité à nos portes, manipuler des mutineries pour punir des rapprochements diplomatiques légitimes, le procédé est aussi ancien que délétère. Par ce geste inédit, l’Algérie siffle la fin de la récréation pour les apprentis sorciers du néocolonialisme et de la diplomatie du chéquier.

Il ne s’agit plus d’émettre des réserves polies dans les couloirs des Nations unies, mais de faire parler la foudre de la dissuasion. Ce que le président Abdelmadjid Tebboune a exprimé avec la force du cœur et des armes, c’est le refus catégorique de voir le flanc sud de l’Algérie transformé en zone de non-droit. L’ANP ne cherche la guerre avec personne, mais elle n’acceptera plus que des acteurs extérieurs téléguident le chaos à nos frontières.

La souveraineté de l’Afrique ne se négocie pas dans des capitales lointaines. En se positionnant comme le garant ultime de la stabilité de son voisin, l’Algérie démontre que le destin du Sahel appartient d’abord à ses peuples et à ceux qui partagent leur terre. Le message est gravé dans le marbre : l’Algérie ne bluffe pas, elle protège son espace vital. Et quiconque s’y frottera devra désormais assumer le choc d’un tête-à-tête frontal.

M. H.

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