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Le génie algérien

Par Mehenna H. – La grandeur d’une nation ne se mesure ni à la hauteur de ses gratte-ciels – suivez mon regard ! –, ni à l’opulence de ses réserves matérielles, mais à l’immensité de son cœur. L’Algérie appartient, incontestablement, à cette catégorie de peuples rares. Chez nous, la fraternité n’est pas un vain concept philosophique ou un slogan de circonstance ; c’est un réflexe viscéral, un élan mystique, une solidarité agissante et puissante chevillée au corps qui se réveille dès qu’une fêlure menace l’un des siens.

Les réseaux sociaux et les places publiques bruissent encore d’une ferveur qui donne le frisson : l’histoire de cette jeune fille orpheline d’Aïn Defla. Face à la précarité de sa condition et par pudeur, elle n’avait formulé qu’une demande bouleversante de simplicité pour son dîner de noces : deux poulets pour honorer dignement ses quelques invités. Ce cri de détresse feutré a agi comme un séisme émotionnel à travers le pays. En quelques heures, des délégations improvisées de citoyens, des commerçants et des anonymes ont déferlé de toutes les wilayas vers son domicile pour lui offrir un mariage digne des plus grands contes de fées, lavant ainsi les larmes de l’isolement par un torrent de générosité.

Ce miracle d’Aïn Defla fait un écho direct à un autre chef-d’œuvre d’humanité survenu à Merouana, dans la wilaya de Batna. Un jeune orphelin s’était retrouvé cruellement seul dans sa salle des fêtes, délaissé. La vidéo de sa solitude a fendu l’âme de la patrie. Le lendemain, des milliers d’Algériens venus des quatre coins du territoire ont convergé vers les Aurès. Cortèges kilométriques, cavaliers traditionnels, montagnes de cadeaux : ils ont transformé son amertume en un triomphe national historique, démontrant qu’aucun enfant de ce pays ne sera jamais abandonné à son sort.

Ces élans festifs ne sont pas des anomalies isolées. Ils découlent de la même sève héroïque qui, lors des dramatiques incendies de Tizi Ouzou et de Jijel, avait poussé des convois de camions d’aide, chargés de vivres et d’espoir, à braver les routes pour secourir leurs frères. Qu’il s’agisse de combattre les flammes ou d’éteindre le feu de la solitude dans le cœur d’un orphelin, la réponse algérienne est identique : faire bloc.

L’Algérie prouve au monde que l’individualisme moderne s’effondre face à la puissance de l’entraide commune. Prendre soin de l’orphelin n’y est pas un devoir lointain, mais une promesse collective sacrée. Tant que ce peuple refusera de laisser l’un des siens célébrer ou souffrir dans la solitude, l’Algérie demeurera invincible. Sa plus grande richesse reste, à jamais, ses enfants.

M. H.

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