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La voix de l’Algérie au sommet Russie-Afrique : pour un partenariat équitable et un multilatéralisme rénové

A l’occasion de la troisième édition du sommet Russie-Afrique, qui s’est tenue à Moscou les 28 et 29 octobre 2026, l’Algérie a réaffirmé sa vision d’un monde multipolaire fondé sur le respect mutuel, la justice internationale et le développement partagé. Dans une allocution prononcée au nom du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, l’Algérie a tracé les contours d’une coopération renouvelée avec la Russie, tout en portant haut les aspirations et les priorités stratégiques du continent africain.

Exprimant ses remerciements au président russe Vladimir Poutine pour la qualité de l’accueil et l’organisation de ce rendez-vous majeur – succédant aux sommets de Sotchi (2019) et de Saint-Pétersbourg (2023) –, le chef de l’Etat a mis en avant la solidité des relations historiques unissant l’Algérie et la Fédération de Russie. Consolidées par la Déclaration de partenariat stratégique approfondi signée en 2023 et par une concertation étroite au sein d’Opep+ et du Forum des pays exportateurs de gaz, ces relations visent désormais un objectif clair : transformer ce capital en une coopération mutuellement bénéfique.

Le président Tebboune a insisté sur la nécessité de bâtir les relations internationales sur la base de la parité, de la souveraineté et des intérêts communs, loin de toute logique hégémonique ou de tutorat. Il a plaidé pour une véritable co-production de richesses et un transfert de technologies, invitant les opérateurs russes à investir massivement dans les secteurs clés de l’énergie, des mines, de l’agriculture et de la transition numérique en Afrique.

Face aux bouleversements géopolitiques mondiaux, le discours a souligné l’urgence d’une refonte profonde de l’architecture onusienne. L’appel à la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU a été réitéré avec force, qualifié de véritable «test de légitimité internationale» pour corriger l’injustice historique faite à l’Afrique, conformément au consensus d’Ezulwini et à l’déclaration de Syrte.

Le président Tebboune a également réaffirmé le principe immuable de l’autodétermination des peuples et la doctrine des «solutions africaines aux problèmes africains». A ce titre, la question du Sahara Occidental a occupé une place centrale : l’Algérie a salué la relance des négociations parrainées par l’ONU début 2026 et loué la position constante de Moscou en faveur d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable.

Sur le plan sécuritaire, l’Algérie a mis en garde contre les ingérences étrangères illégitimes, qui ne font qu’aggraver les crises. En tant que coordinateur de l’Union africaine pour la lutte contre le terrorisme, le président Tebboune a rappelé que la sécurité du continent est indissociable d’un développement socio-économique inclusif et de la lutte contre la précarité qui guette la jeunesse.

Joignant la parole aux actes, l’Algérie déploie des efforts considérables pour stimuler l’intégration africaine. A travers l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement (AACI), le pays finance des projets structurants en matière d’infrastructures, de santé et d’éducation. L’organisation du Salon africain du commerce témoigne également de la volonté d’Alger de dynamiser la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Dans le domaine des infrastructures, l’Algérie a rappelé le lancement, depuis juin 2026, des travaux du tronçon algérien du gazoduc transsaharien reliant le pays au Niger et au Nigéria, aux côtés d’autres projets d’envergure comme la route transsaharienne et la dorsale transsaharienne à fibre optique. Ces initiatives visent à décloisonner le continent et à renforcer la souveraineté énergétique et numérique de l’Afrique.

Enfin, après avoir abordé la nécessité d’un soutien international accru face aux crises climatiques et humanitaires – tout en insistant sur la situation critique à Gaza et la défense de la cause palestinienne –, le sommet s’est achevé sur une note d’espoir. L’Algérie a réitéré son engagement indéfectible à œuvrer aux côtés de la Russie et des nations africaines pour ériger un avenir de paix, de stabilité et de prospérité partagée.

K. M.

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