Par Mehenna H. – La sortie scandaleuse d’Abdelilah Benkirane, le 26 octobre dernier, illustre à nouveau la dérive pathétique d’un personnel politique marocain réduit aux abois, prisonnier de son propre populisme. En s’en prenant de manière mesquine à un député marocain en le dénigrant par ces mots : «Sait-il donc lire le Coran alors que sa mère est algérienne ?», pour jeter le discrédit sur sa foi et, à travers elle, celle de tous Algériens, l’ancien chef du gouvernement a franchi un seuil intolérable dans l’indignité. Par ce mépris calculé, il ne vise pas seulement un opposant ; il se permet de juger et de souiller la piété de tout un peuple, étalant au grand jour une haine rance qui n’a d’égal que sa propre hypocrisie.
Ce sectarisme de pacotille rappelle cruellement le double visage de ceux qui ont troqué leurs prétendus idéaux contre des strapontins ministériels. C’est précisément cette même formation politique, prompte aujourd’hui à brandir l’étendard d’un islam de façade, qui a cautionné et signé des compromissions historiques majeures, ouvrant la voie à des alliances géopolitiques scandaleuses qui ont bradé la souveraineté morale et spirituelle du pays. Les dirigeants de ce parti islamiste, champions de la girouette idéologique, ont sacrifié leurs prétendus principes sur l’autel du pouvoir, offrant sur un plateau d’argent des acquis fondamentaux aux intérêts israéliens au mépris de leur propre peuple, en signant, toute honte bue, les infâmants accords d’Abraham.
Aujourd’hui, alors que les dérives s’accumulent et que les lieux de culte et les traditions spirituelles islamiques subissent des pressions et des interdictions incompréhensibles sur le terrain, allant jusqu’à la destruction de mosquées et l’interdiction de l’appel à la prière, ces politiciens en fin de course tentent désespérément de faire diversion. Incapables de proposer le moindre projet de société constructif ou de rendre des comptes sur leur désastreux bilan à la tête des affaires publiques, ils se complaisent dans la polémique de bas étage.
S’attaquer à la mère de leur contradicteur pour faire le buzz et exister médiatiquement démontre la faillite totale d’un logiciel politique vidé de toute substance. Benkirane ne fait plus illusion : ses imprécations ne sont que le linceul d’une crédibilité politique définitivement enterrée, révélant au grand jour la vacuité d’un homme accroché aux restes d’un pouvoir monarchique vassal et sans envergure qu’il a lui-même contribué à disqualifier.
M. H.


