Par Mehenna H. – Regardons les faits en face : la classe médiatico-politique qui a méthodiquement affaibli la France s’offre régulièrement le luxe de distribuer les brevets de moralité. Bernard-Henri Lévy, fidèle à son habitude, vient de s’illustrer sur le plateau du Figaro pour pleurnicher sur les «dérives» de personnalités qu’il adoubait hier, à l’instar de Ségolène Royal. Il ose ainsi lui reprocher vertement ses prises de position et son soutien affiché à l’Algérie, comme si la géopolitique mondiale devait se soumettre aux oukases de sa pensée unique. Quelle indécence de voir ce donneur de leçons s’insurger contre des trajectoires politiques, lui qui a tant fait pour égarer la boussole diplomatique de la France.
Car enfin, qui a ouvert la voie à ces interventions humanitaires en kit ? BHL s’est imposé au fil des ans comme le VRP de luxe du bellicisme médiatique, le premier à pousser l’exécutif à signer des chèques en blanc et à engloutir des milliards d’euros d’argent public dans les sables mouvants ukrainiens. S’acharnant à fermer la moindre porte diplomatique et à saboter toute velléité de paix pour plaire à son copain ukrainien, il a transformé la diplomatie française en simple chambre d’écho de ses obsessions atlantistes. Pour lui, la guerre est un roman national et un spectacle permanent, orchestré depuis les salons cossus de Saint-Germain-des-Prés.
Le plus cynique dans cette tragi-comédie reste le financement de ces lubies. Tandis que les hôpitaux publics français agonisent, que le pouvoir d’achat des Français vole en éclats et que les services essentiels de l’Etat s’effondrent sous les coupes budgétaires, on trouve toujours des caisses et de généreuses subventions pour financer ses reportages nombrilistes. Des excursions filmées aux frais du contribuable, où ce philosophe de pacotille pose en chemise blanche impeccable au milieu des zones de conflits, convertissant la détresse humaine en cachet de star.
Pendant que les citoyens français ordinaires supportent de plein fouet les crises économiques successives et la flambée des factures énergétiques, cette caste d’intellectuels mondains continue de parader sur les plateaux télévisés pour encourager des escalades militaires sans fin, totalement déconnectée des réalités du terrain et du coût humain réel de ses lubies va-t-en-guerre.
La France n’a pas besoin de ces saltimbanques de l’ingérence qui confondent la politique étrangère d’une grande puissance avec un caprice d’intellectuel. En s’acharnant à jeter de l’huile sur tous les feux de la planète, BHL et ses semblables démontrent qu’ils sont les fossoyeurs de la paix, bien à l’abri des bombes et des crises qu’ils contribuent à prolonger.
M. H.


