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Le Maroc essuie trois humiliations et s’enfonce dans le mensonge des victoires imaginaires

Par Nabil D. – Le régime de Rabat vient d’essuyer trois revers successifs sur des dossiers stratégiques majeurs. Pourtant, fidèle à sa mécanique de communication, il continue de présenter à l’opinion publique marocaine une réalité complètement déformée, où chaque déconvenue devient une victoire et chaque désaveu international un prétendu succès diplomatique.

Le premier revers concerne le Sahara Occidental. Le vote à une quasi-unanimité en faveur du maintien du dossier sahraoui à l’ordre du jour de la Quatrième Commission des Nations unies chargée de la décolonisation constitue un rappel sans équivoque : le dossier demeure une question de décolonisation et reste pleinement inscrit dans le cadre onusien. Malgré les campagnes diplomatiques et les efforts incessants du Makhzen pour imposer sa lecture du conflit, la question sahraouie continue de relever du processus de décolonisation des Nations unies. C’est précisément cette réalité que le discours officiel marocain cherche à masquer.

Le deuxième revers est venu de Moscou. Le veto russe opposé au projet de résolution américain constitue un sérieux coup d’arrêt à la tentative de Washington d’imposer le plan d’autonomie marocain comme fondement incontournable du règlement du conflit. Rabat espérait manifestement obtenir, à travers ce texte, une consécration internationale de sa position. C’est finalement un obstacle majeur qui s’est dressé sur cette voie. Là encore, la machine de propagande marocaine s’emploie à transformer un échec diplomatique en victoire imaginaire.

Le troisième coup concerne le fantomatique gazoduc Nigeria-Maroc, présenté pendant des années comme un projet grandiose appelé à faire du royaume un carrefour énergétique incontournable entre l’Afrique et l’Europe. Depuis Moscou, le ministre nigérian des Ressources pétrolières a mis en avant une orientation privilégiant le concret projet de gazoduc transsaharien passant par le Niger et l’Algérie. Une déclaration qui porte un coup sérieux aux ambitions énergétiques démesurées de Rabat et à l’un des projets les plus médiatisés de sa diplomatie économique.

Ces trois événements, intervenus coup sur coup, mettent à nu les limites d’une politique étrangère fondée sur la mise en scène, les annonces spectaculaires et la fabrication permanente de succès diplomatiques.

Mais le plus révélateur reste l’attitude du pouvoir marocain : plutôt que de reconnaître les revers et d’en tirer les conséquences, il préfère entretenir auprès de sa population l’illusion d’une succession de victoires historiques.

La diplomatie ne se construit pas avec des slogans, les réalités internationales ne se décrètent pas dans les médias et les réseaux sociaux, et les défaites ne deviennent pas des victoires simplement parce qu’un régime décide de les présenter ainsi.

N. D.

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