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Le chef de la diplomatie sahraouie tranche : «Le plan d’autonomie marocain est mort et enterré»

Par Nabil D. – Le ministre sahraoui des Affaires étrangères et des Affaires africaines, Mohamed Yaslem Beissat, est revenu en détail sur le véto croisé au Conseil de sécurité de l’ONU. Pour le chef de la diplomatie sahraouie, les manœuvres visant à imposer la vision marocaine ont échoué, tandis que la position historique de l’Algérie a été magistralement portée par son ambassadeur Amar Bendjama.

Le climat est électrique au Conseil de sécurité des Nations unies concernant le dossier du Sahara Occidental. Intervenant sur Ennahar TV, Mohamed Yaslem Beissat n’a pas mâché ses mots pour qualifier le texte soumis au vote par les Etats-Unis de proposition «déséquilibrée» et «unilatérale». Selon le ministre sahraoui, ce document adoptait ouvertement la vision marocaine, privant ainsi le Conseil de sécurité d’une opportunité historique de parvenir à une solution consensuelle et équitable.

Le chef de la diplomatie sahraouie a mis en avant un fait historique majeur : pour la première fois depuis 1975, la question sahraouie a provoqué un double véto au sein du Conseil de sécurité. Le 30 octobre dernier, un projet de résolution alternatif porté par la Russie a été bloqué par les Etats-Unis, n’obtenant pas les 9 voix nécessaires, tandis que le texte américain a lui aussi été rejeté.

La diplomatie sahraouie dénonce la méthode américaine, qui a refusé le dialogue et les négociations en distribuant directement son texte «en bleu» [prêt pour le vote, Ndlr]. Cependant, le ministre note un paradoxe encourageant : «Etrangement, l’ensemble des pays a insisté sur le droit à l’autodétermination, y compris ceux qui ont voté en faveur du projet de résolution américain.» Pour lui, un consensus sur l’autodétermination et le mandat de la Minurso était à portée de main, si les Etats-Unis n’avaient pas fait preuve d’un «alignement flagrant» avec la position du régime de Rabat.

Le chef de la diplomatie de la RASD a profité de cette tribune pour acter la fin définitive des ambitions marocaines. «Le projet marocain d’autonomie est terminé», a-t-il martelé. Selon lui, depuis 2007, le Maroc s’est lancé dans une course contre la montre effrénée, usant de lobbying, de corruption et de tapage médiatique pour tenter d’officialiser son plan d’autonomie dans les documents officiels de l’ONU.

«Le Maroc a gaspillé 20 ans à saboter les résolutions onusiennes pour le règlement de cette cause, et 20 autres années à tenter d’imposer son autonomie. Cette étape est désormais close, ce plan s’est effondré», a affirmé le ministre.

Enfin, Mohamed Yaslem Beissat a tenu à saluer avec force le discours prononcé par le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, l’ambassadeur Amar Bendjama. Qualifiant son allocution de «grandiose, tant sur la forme que sur le fond», le ministre sahraoui a déclaré que Bendjama avait incarné «une Algérie fière, fidèle aux principes de la Révolution du 1er Novembre», grâce à des arguments juridiques implacables.

En rappelant que «le droit à l’autodétermination est la référence absolue» et que «personne n’a le droit de donner à la puissance occupante ce qui ne lui appartient pas», le discours d’Amar Bendjama restera, selon le ministre sahraoui, comme un document historique de référence dans les annales du droit international.

N. D.

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