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Présence militaire algérienne au Niger : au nom de qui parle le porte-parole marocain de l’UE ?

Par Mehenna H. – La demande de «clarifications» formulée par l’Union européenne concernant le déploiement de détachements de l’Armée nationale populaire (ANP) au Niger s’apparente à la réaction convulsive d’une bête blessée. Habituée pendant des décennies à voir le plus grand pays d’Afrique s’enfermer dans une doctrine strictement défensive et s’interdire toute projection au-delà de ses frontières, Bruxelles assiste, impuissante, à un changement de paradigme historique. L’Algérie a définitivement cessé d’être ce simple spectateur qui subissait les crises à ses portes. En prenant ses responsabilités sécuritaires au Sahel, l’Algérie affirme son statut de puissance régionale incontournable, une émancipation géopolitique que les cercles impérialistes européens refusent d’admettre.

Pourtant, cette offensive diplomatique ne vient pas des grandes puissances européennes qui mesurent la réalité des dynamiques de terrain. Les dirigeants lucides à Berlin, Madrid ou Rome comprennent parfaitement l’intérêt vital de cette présence militaire algérienne au Niger. Face à une crise énergétique chronique, l’Europe a un besoin pressant et immédiat du gaz nigérian et algérien. Ce flux stratégique dépend directement de la réalisation et de la sécurité du gigantesque projet de gazoduc transsaharien. En s’engageant à protéger cette infrastructure majeure contre les menaces terroristes sur le sol nigérien même, l’Algérie sécurise l’approvisionnement futur des peuples européens. Les Etats pragmatiques le savent : l’ANP est le seul garant crédible de cette stabilité.

Qui s’agite donc dans les couloirs de Bruxelles ? Ce ne sont pas les défenseurs des intérêts européens, mais une minorité de lobbyistes pro-marocains corrompus qui instrumentalisent les institutions communautaires. Ces agents d’influence travaillent pour des agendas extérieurs et des gains personnels, au détriment flagrant de la sécurité énergétique de leurs propres concitoyens. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Europe a choisi pour porter cette charge un diplomate franco-marocain comme porte-parole officiel. Cette mise en scène ravive inévitablement le souvenir des retentissants scandales de corruption, à l’image du Marocgate, où des eurodéputés ont été achetés pour influencer la politique étrangère de l’Union. La diplomatie européenne se retrouve une nouvelle fois l’otage de réseaux occultes en quête de revanche géopolitique.

Le double standard de cette démarche frise le ridicule. Cette même Europe, qui crie aujourd’hui au loup face à une coopération bilatérale légitime et approuvée par le Parlement algérien et les autorités nigériennes, fait preuve d’une amnésie sélective révoltante. Quand les Etats-Unis déploient leurs forces militaires sur les cinq continents, renversent des régimes ou installent des bases avancées sans jamais demander l’avis de quiconque, Bruxelles brille par son silence complice et sa soumission.

L’ingérence de l’Union européenne est d’autant plus illégitime que le déploiement algérien répond à une demande souveraine du Niger pour sécuriser une zone frontalière commune. L’Afrique n’est plus l’arrière-cour d’une Europe donneuse de leçons. En sécurisant ses intérêts et ceux de ses voisins, l’Algérie trace sa propre voie, indifférente aux gesticulations d’une bureaucratie bruxelloise en décalage complet avec les réalités du monde moderne.

M. H.

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