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La différence

Par A. Boumezrag – Il fut un temps où la France comprenait l’Algérie par défaut, pensait-elle, par héritage, par histoire, par habitude. Rome, lui, n’était qu’un décor méditerranéen, une étape touristique, un partenaire secondaire. Ce temps est révolu. Aujourd’hui, la question s’impose avec une évidence presque cruelle : qui comprend réellement l’Algérie ? La France ou l’Italie ?

La réponse dérange la France, rassure l’Italie et confirme une vérité que l’Algérie applique désormais sans complexe : comprendre, ce n’est pas parler plus fort, c’est écouter plus juste.

La France continue de croire qu’elle comprend l’Algérie parce qu’elle la connaît trop. Trop d’histoire commune, trop de blessures mal cicatrisées, trop de discours prononcés au nom de l’autre. Elle confond familiarité et lucidité. Elle pense savoir, donc elle n’écoute plus.

La diplomatie du régime Macron incarne cette ambiguïté : un discours prisonnier d’une structure mentale ancienne. On reconnaît du bout des lèvres, on contextualise à l’excès, on théorise la mémoire comme si elle pouvait être administrée depuis Paris. L’Algérie est sans cesse ramenée à son passé, comme si son présent et son avenir restaient négociables.

Comprendre l’Algérie supposerait pourtant une chose simple : accepter qu’elle n’ait plus besoin d’être comprise par la France pour exister.

L’Italie, à l’inverse, n’a jamais revendiqué un droit moral sur l’Algérie. Elle n’a ni dette symbolique à solde ni récit à imposer. Elle arrive avec ce que la diplomatie contemporaine exige : des intérêts clairs, des contraintes assumées, des partenariats équilibrés.

L’Italie ne parle pas d’âme algérienne, elle parle d’énergie, de sécurité, de Méditerranée, de stabilité. Elle ne demande pas à l’Algérie de se raconter, elle lui demande ce qu’elle veut construire.

Giorgia Meloni a compris une chose essentielle : l’Algérie ne cherche pas un tuteur éclairé, mais un interlocuteur fiable.

La différence entre la France et l’Italie ne tient pas à la sympathie, mais à la posture. La France continue de penser la relation en termes d’influence. L’Italie la pense en termes d’équilibre. La France veut rester centrale. L’Italie accepte d’être partenaire.

Comprendre l’Algérie aujourd’hui, c’est admettre qu’elle choisit ses alliances sans demander de validation historique. Qu’elle ne joue pas dans un tête-à-tête postcolonial, mais dans une multipolarité assumée. Que la Méditerranée n’est plus un prolongement de l’Europe, mais un espace partagé où chacun défend ses intérêts.

L’Italie l’a compris. La France n’a pas su s’y adapter.

Le basculement algérien vers l’Italie est aussi un signal adressé au reste du monde. Il dit que la Méditerranée redevient un espace stratégique, non idéologique. Un espace de circulation, de négociation, de compromis. Pas un théâtre de nostalgies impériales.

L’Italie, héritière d’un empire pragmatique plus que missionnaire, retrouve ici un rôle naturel. La France, héritière d’un empire universaliste, peine à renoncer à la tentation d’expliquer le monde.

Alors, qui comprend mieux l’Algérie ? Celui qui lui parle de ce qu’elle fut, ou celui qui négocie avec ce qu’elle est devenue ? Celui qui exige une relation spéciale, ou celui qui accepte une relation normale ?

La réponse ne se trouve pas dans les discours, mais dans les choix algériens eux-mêmes. Et ces choix sont limpides.

Le rapprochement avec l’Italie n’est pas une rupture avec la France, mais un avertissement. L’Algérie ne ferme aucune porte, mais elle refuse, comme elle l’a toujours fait, les relations asymétriques. Elle privilégiera ceux qui comprennent que le respect précède la coopération, et que la mémoire ne remplace pas la stratégie.

La France peut encore comprendre l’Algérie, à condition qu’elle accepte de ne plus être son interprète attitré. L’Italie, elle, a déjà compris que dans le monde qui vient, on ne domine plus par le récit, mais par le respect mutuel.

A. B.

21 Commentaires

  1. il faut considérer la France comme un pays ordinaire avec des relations banales. Si ce pays considère qu’il n’a pas de dettes quelconques avec l’Algérie alors on prend acte et on fait son chemin tranquillement et en toute indépendance et souveraineté. on traite avec qui on veut sur ce que l’on veut et quand on veut. Les marchés sont ouverts à qui l’on veut et le privilège français n’existe pas, dans les appels d’offres on peut lister librement les pays qui peuvent postuler et la france peut etre ignorée et c’est notre droit.

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  2. A. Boumezrag affirme que la france est celle qui connaissait le mieux l’Algérie alors que l’ambassadeur du mauvais goût xavier driencourt dit exactement le contraire. Avec la mauvaise foi et la malhonnêteté intellectuelle qu’on lui connaît, l’ancien diplomate avance la théorie que son pays n’arrive toujours pas à comprendre l’Algérie alors que, elle, savait très bien à qui elle avait affaire. Il qualifie ce paradoxe d' »énigme algérienne ». Parler de « système » de manière arrogante et moralisatrice. La mauvaise élève de l’impérialisme qui continue à se poser en donneuse de leçons. Après 132 années de colonisation et près de 64 années de relations bilatérales tumultueuses, l’idéologie coloniale reste toujours vivace dans une certaine france qui reste prisonnière d’une histoire qu’elle travestit. La france de xavier driencourt et de ses semblables qui fantasment un passé glorieux. Celui du bon vieux temps des colonies …

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  3. Ce qu’il y a à comprendre c’est que la France et les Francais ne veulent plus de l’Algérie et des Algériens ,à nous d’en tirer les conclusions car eux en 2027 ils le feront

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    • Beaucoup par fierté mal placée continue comme si de rien n’était ,en bombant le torse sans penser qu’en 2027 leur situation va se dégrader à grande vitesse pour eux et malheur à ceux qui n’auront pas anticipé la nouvelle politique française à leur égard ,ils ne pourront pas dire qu’ils n’avaient pas été avertis de l’orage qui va s’abattre sur eux

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      • Ça laisse une petite année et demie à la France pour remplacer les 15 000 médecins algériens qui portent à bout de bras son système de santé en faillite, les infirmiers, ambulanciers, ingénieurs, cadres, ouvriers, techniciens, managers, laborantins, chefs d’entreprises, etc…On en reparlera en 2027.

  4. Bonjour
    A force de parler il n’y a plus rien a attendre et depuis quand avons nous eu une histoire commune ; nous avons eu une relation imposer ( en fait un viol ) .
    Ce problème avec la France est du au Sahara c’est cela le vrai problème .
    Dans cette politique de non ingérence nous avons créer un conflit dit gelé le Maroc par son audace malsaine la dégelé a sa façon .
    Nous avons crier haut et fort : le droit international ; or ce leurre le Maroc s’en est affranchi comme tout les autres pays et on trouver deux bonnes astuces pour réussir leur coup :
    1- développer avec des partenaires européens et la France en particulier le Sahara et bien sur a leur profit et celui de la nomenclatura Marocaine
    2-la rapine et le soudoiement
    Voila le résultat , il faut absolument mettre un terme avec cette terrible situation .
    LIBERTE POUR LE PEUPLE SAHARAOUI .

    Pour l’Italie vous inquiéter pas elle trouve son compte et l’Algérie aussi nous avons tout simplement un partenariat gagnant gagnant et s’arrête la .

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  5. L’Algérie se distingue par sa dignité et sa souveraineté : elle choisit ses alliances avec lucidité, refuse les relations asymétriques et rappelle au monde que le respect est la base de toute coopération.

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  6. La dynamique d’un dialogue doit être fondée sur des mesures de confiance. Est-il possible d’intensifier la relation sans occulter les difficultés à surmonter générées par Pégasus ( logiciel espion qui tient par la barbichette nombre de chefs d’Etat et, leur revirement en faveur du voisin de l’ouest fait foi).

    Ayant une confiance totale en ses analyses sur les méandres du pouvoir, le patriote algérien que je suis sème l’alarme sur les pièges à éviter.

    Dans cette perspective, il importe aux autorités algériennes de demander des garanties objectives qui méritent de ne pas être balayées par la mauvaise passe dans laquelle se trouve nombre de ces pays.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

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  7. Au delà des intérêts, il y a aussi une certaine affinité, dû à un tempérament similaire des gens du sud.
    Les gens du sud crient, rient, gesticulent, theatralisent et se comprennent juste en se regardant.
    Si cela ne tenait qu à moi, la porte, on la ferme à la France.
    Ciao ciao

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  8. Mais ce petit pays france ne se connait même pas lui même , il est perpétuellement dans le déni, le déni de son hyper racisme, de sa ringardise, de ses rapports sectaire, de sa disgrâce, de ses penchants pour la plouto rivalité, de son absence de réponse à tout , de son endettement fiché banque mondiale, et de sa fainéantise fonctionnelle. Alors ! Comment voudriez vous qu’un petit pays corrompu et sous traitant de hashish puisse connaître le progrès à venir ?

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    • Il ne faut pas se raconter de salades. L’Italie, ou précisément les gouvernants italiens, ne sont pas cette merveille décrite dans cet édito. Elle fait du business point barre. Lorsque l’OTAN décida de liquider El Kaddafi, l’armée italienne, sous Berlusconi, participa, sans état d’âme aux bombardements de la Lybie. Pour mémoire, ce pays fut colonisé par l’Italie. Il faut arrêter avec ces discours récurrents Bisounours sur Meloni, la néo mussolinienne..

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    • Il ne manque plus alors que la fève. xavier driencourt sait heureusement où la trouver. Une énigme qui ne demande qu’à être percée. On sait par ailleurs où elle siège.

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  9. La france est une pustule dans l’histoire de l’Algérie, un point noir car avant 1830 l’Algérie existait déjà et ce depuis plus longtemps que ce que la pustule espére nous faire avaler

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  10. La f(rance) est de l’histoire ancienne sur le volet économique .
    Elle ne remarque pas que les oui mssiou (génération créer par la colonisation) n’ont plus rien à nous dire.

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  11. Un claude lelouch par exemple même pas capable de rentrer sa chemise à cause de sa panse résume à lui seul le déclin programmé de la pourriture parisienne .

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  12. Le système français c’est ould abbèss , ouyahia , hadad and co.
    Placer des hmarrs aux manettes , un capitalisme débridée des soit disant oligarques apauvrissant le peuple.

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  13. On ne peut pas avancer avec quelqu’un qui à du mal à fermer sa gueule , qui se plaint toujours de quelque chose . Râleurs comme le rappelent si bien les anglo-saxons et voisins immédiats.

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  14. Je pense que GALOUFA à raison , cependant ne pas oublier une chose , il y a 6 millions de personnes Algériennes pour la très grande majorité Franco-Algériennes , donc ne pas non plus dire qu il faudrait tout stopper tout avec la France , la coupe du monde de 1998 au stade France de ST DENIS ce fût ZIDANE , IL Y A EUT, BEN ZEMA , ISABELLE ADJANI , DANY BOOM , JEAN AMROUCHE , KAD MERAD ……..Même PIAF ou MOULOUDJI ET 15000 MEDECINS Francos-Algeriens toutes spécialités confondu , ingénieurs ,chercheurs, enseignants ,militaires gendarmes policiers, chanteurs ou écrivains sauf ce pourri de sansal ,des fonctionnaires ou privés, chefs d entreprises , oui l Algèrie compte , la France aussi , un juste équilibre serait super des centaines de milliers de mariages mixtes aussi , la France et l ALGERIE C’ EST POUR MOI COMME UNE CHORBA , PIQUANTE OU MOINS PIQUANTE , mais attention !!!……..L Algérie comme la France ont des intérêts communs ,la politique passe, pas les citoyens , nous sommes attachés aux deux c est comme ça , c est notre héritage , hélas les SIONISTES ET RACISTES veulent faire en sorte de semer la merde entre la France et l Algérie ………IMPOSSIBLE !!!

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