Urgent |

Le pipeline et le pipo

Par A. Boumezrag – Le pape en Algérie, l’Italie branchée sur ses pipelines et la France encore occupée à commenter. Rarement la Méditerranée aura résumé aussi clairement son nouvel équilibre.

Il arrive parfois que la géopolitique ressemble à une scène d’opéra méditerranéen. Les acteurs entrent par trois portes différentes, chantent chacun leur aria, et révèlent que l’histoire ne se joue plus là où elle croyait se jouer. En ce printemps 2026, la partition est limpide. Le pape à Alger, le pipeline à Rome, le pipo à Paris.

Rappelons l’évidence historique que certains ont trop longtemps oubliée. Augustin d’Hippone est né à Thagaste, aujourd’hui Souk Ahras. Africain de naissance, berbère de culture, il demeure l’une des figures fondatrices de la pensée chrétienne occidentale. Pendant des siècles, l’Europe a universalisé Augustin en effaçant sa géographie. La visite du pape en Algérie corrige ce raccourci. L’Afrique n’est pas seulement un espace périphérique du christianisme, elle en est l’un des berceaux. Ce rappel n’est pas théologique, il est civilisationnel.

Pendant que le Vatican regarde vers l’Afrique spirituelle, Rome regarde vers l’Algérie énergétique. Sous l’impulsion de Giorgia Meloni, l’Italie a compris depuis longtemps que l’avenir énergétique européen passe par les pipelines méditerranéens. L’Algérie, fournisseur clé, devient un pivot stratégique. A Paris, en revanche, certains continuent d’analyser l’Algérie comme si elle restait une archive coloniale. Les interventions de Xavier Driencourt illustrent parfaitement cette fixation. Chaque initiative positive devient suspecte, chaque geste symbolique est interprété comme une manœuvre politique. Pendant que Rome agit et qu’Alger s’affirme, Paris commente.

Cette visite pontificale dépasse le cadre religieux et confirme trois réalités majeures : les racines africaines du christianisme sont indéniables ; l’Algérie devient un acteur énergétique central pour l’Europe ; les rapports euro-méditerranéens se rééquilibrent discrètement mais profondément. La Méditerranée redevient un espace de circulation, de mémoire et de pouvoir réel, et non plus une frontière mentale. Rome l’a compris, le Vatican l’a compris. Paris hésite encore entre nostalgie et commentaire.

L’Algérie n’a pas changé de géographie, mais elle a changé de perception. Elle est aujourd’hui une interface stratégique entre Afrique et Europe, héritière d’une mémoire méditerranéenne plurielle et acteur énergétique majeur. Elle retrouve sa centralité sans demander la permission à quiconque. Pendant longtemps, l’Europe a pensé que le Sud devait se rapprocher du Nord pour exister. En 2026, c’est l’inverse. L’Europe redécouvre que ses racines, son énergie et son histoire se trouvent parfois au sud de la Méditerranée. L’Algérie n’a rien concédé. Elle occupe sa place naturelle, historique et stratégique.

Dans ce jeu méditerranéen, le fils prodigue n’est pas celui qui revient pour mendier un héritage ou une attention. Il est celui qui, conscient de son histoire et de ses atouts, se libère des chaînes du passé et impose son rôle sur la scène internationale.

Pendant que Rome compte ses pipelines, Paris note ses rancunes et le pape rappelle ses racines africaines, l’Algérie, elle, réécrit l’histoire et laisse les autres commenter. Pendant que Rome sécurise ses pipelines et que le pape rappelle ses racines africaines, Paris radote et Alger rame en radeau vers un monde multipolaire.

Comme le rappelait Poutine à Macron, la France est petite comme ça. L’Algérie, elle, est grande comme ça.

A. B.

13 Commentaires

  1. «Comme le rappelait Poutine à Macron, la France est petite comme ça. L’Algérie, elle, est grande comme ça.»
    Alors il faudra expliquer pourquoi
    1 : Nos jeunes rêvent pour beaucoup d’y partir n’en déplaise à beaucoup dans ce journal
    2: Pourquoi si la France est si petite et l’Algérie si grande plus des trois quarts des articles sont sur cette petite France

    Répondre
    • Salut aleonor33
      Nos jeunes rêvent pour beaucoup d’y partir , cette phrase n’est pas nouvelle même les hommes politiques Français le disent et cet récurent chez CNEW et Pierre LELLOUCHE en particulier ; en fait c’est une phrase facile .
      Peux tu me dire qu’est ce qui différencie un jeune Européen d’un jeune Maghrébin ?
      Hey bien il n’y a aucune différence , touts jeunes rêve et c’est le propre de la jeunesse mais la différence se trouve dans le niveau économique de chaque pays et les pays occidentaux brident cette jeunesse en refusant l’accès a leurs pays et ont sait pourquoi : ils s’y installent .
      Notre pays est indépendant depuis peu cette indépendant ne s’est pas tout a fait réalisé des problèmes dont tu as certainement vécu sont passé par là ; mais nous sommes en train de trouver la bonne voie .
      Il ne s’agit de faire de la morale mais si vous ne croyez pas en votre pays oublier le car actuellement et pour longtemps l’Algérie a besoin de patriotes .

      Et je répété avec force : INVESTISSER ET INVESTSSONS NOUS DANS NOTRE PAYS POUR LE RENDRE FORT .

      Répondre
    • @Aleonor33.
      Bonnes questions à qui j’essayerai de répondre obejctivement.

      1. L’Algérie a un taux élevé de natalité. Chaque année, notre population augmente d’au moins 600.000 bébés. Il faut les faire nourire, éduquer et employer. Ce n’est pas facile. Je dirais plutôt que nous le faisons bien, malgré les lacunes existentes. Les jeunes qui partent pensent trouver en France ou ailleurs un meilleur avenir. Certains réussissent, mais beaucoup échouent.

      2. Les Algériens aiment titiller l’extreme-droite xénophobe et particulièrement algérophobe, parce qu’elle fait de nous le bouc-émissaire des problèmes de la France (elle en a beaucoup). Donc, nous nous arreterons, lorsqu’elle arretera.

      Les Algériens ne haissent pas la France, malgré le lourd passif du passé. Alors qu’une grande partie (l’extreme-droite et les sionistes) d’elle qui nous hait.

      Répondre
    • La formule attribuée à Vladimir Poutine face à Emmanuel Macron amuse les plateaux, mais elle révèle surtout une gêne française : celle de voir un pays comme l’Algérie sortir du rôle qu’on lui assignait.

      Car il faut remettre les choses à leur place. Si des jeunes Algériens regardent vers la France, ce n’est pas parce que celle-ci serait « supérieure », mais parce qu’elle a construit, sur des décennies, une machine économique et administrative qui attire — souvent au prix d’une sélection dure et d’une précarité bien réelle une fois sur place. Ce rêve, largement entretenu, ne dit rien de la hiérarchie entre États ; il dit simplement où se trouvent, à un instant donné, certaines opportunités. Et ces flux, la France en dépend tout autant qu’elle les subit.

      Quant à l’obsession médiatique autour de la France, elle est moins un aveu de fascination qu’un héritage historique et stratégique. La France parle de l’Algérie. L’Algérie répond. Les deux pays sont liés par une densité humaine, économique et mémorielle unique. Ignorer la France serait une faute d’analyse. Mais en parler ne signifie pas s’y soumettre — cela signifie surveiller, comprendre, et parfois contester.

      Surtout, réduire l’Algérie à ses départs de jeunesse est une lecture paresseuse. L’Algérie, c’est une profondeur stratégique en Afrique, une position énergétique clé en Méditerranée, une diplomatie qui pèse dans les équilibres régionaux. Ce n’est pas une « grande surface » vide : c’est un acteur qui choisit ses partenariats, qui négocie, qui résiste.

      La véritable question n’est donc pas « pourquoi parler de la France ? », mais pourquoi certains veulent empêcher l’Algérie de parler d’elle-même autrement qu’à travers le prisme français. Défendre l’Algérie, ce n’est pas nier les réalités migratoires ni les liens historiques ; c’est refuser que ces éléments soient utilisés pour la rabaisser.

      L’Algérie n’a pas à se comparer pour exister. Elle existe déjà. Et si elle parle de la France, c’est moins par dépendance que parce qu’elle sait exactement où se situent ses intérêts.

      Répondre
  2. La france est déconnectée de sa propre réalité. Elle cherche à se convaincre que son avenir se joue dans un passé dans lequel elle semble enfermée. Présentement, elle continue à se poser en donneuse de leçons alors qu’elle-même est une mauvaise élève qui ne tient pas compte de ses propres erreurs. Toujours aussi arrogante. Et ses vieux démons qui s’accrochent à leurs rêves impossibles. Les miroirs de pages sombres déformant sa conscience. Triste spectacle irréel de ses trahisons.

    « On dit que la france est la fille aînée de l’église, mais c’est une fille bien infidèle. » Pape François

    Répondre
      • « Pipo », « pipeau » : Je ne suis ni docteur ni académicien.

        Je sais seulement que les deux mots existent, mais n’ont pas le même SENS ! Il y a mieux à lire dans l’article !!

      • @Ahlal
        le mot « pipeau » est tiré de l’argot et s’ecrit aussi « pipo ».

  3. « Le pipeline et le pipo »

    « Comme le rappelait Poutine à Macron, frança (hacha les patriotes DZ) est petite comme ça. L’ALGERIE, elle, est grande comme ça. »

    C’est fait/bon ! J’en ai eu ma dose de bonheur aujourd’hui, voire pour toute la semaine ! Merci à vous Dr Boumezrag ❤️🇩🇿

    Aux minables moutons de france, de tout bord : NULLE IMPOSTURE NE PEUT RÉSISTER ÉTERNELLEMENT À SA RÉALITÉ IMMORALE. Vous êtes dans la merde, et dans peu de temps (quelques mois), tout acheminement du GAZ ALGÉRIEN vers l’Europe passe par GORGIA MELONI (elle vous adore).

    Répondre
  4. A vrai dire les nostalgiques et les revanchards-TPI-Ntyh semblent gagner et les français avec lesquels notre relation est plutôt pas mauvaise perdent. L’inertie d’une campagne anti musulmane axée surtout sur l’Algérie depuis des décennies semble donner ses fruits mais les français ont compris le jeu et constatent maintenant les dégâts causés par une catégorie parasite qui ne donne à part la haine, absolument rien, des aigris haineux et n’ont pas été capables de faire q.q.ch de bon dans leur vie, enfin des ratés. Leur descendants suivent. Pour la deuxième catégorie une haine héritée et transmise.
    Notre porte reste grande ouverte à nos amis et attendons qu’ils reprennent les rênes. Nous ne voulons pas frapper la france avec l’italie mais juste être considérés comme des partenaires à hauteur des yeux. Sans haine et sans esprit fanfaron, tout simplement vivre et laisser vivre.

    Répondre
  5. L’Algérie reprend sa place douga douga (tout doucement) sur l’échiquier mondial.

    La France avec ses franco/israélien, israélien, Maroc et harkis essaient de confiner l’Algérie dans un tunnel pour éviter que son peuple ne puisse voir la lumière.

    La France voudrait juste nous faire raquer pour entretenir ses invités qu’elle accueille sur son sol, c’est à dire, marocains, floppée d’israélien, harkis qui lui coutent une fortune sans oublier ses racelards comme Marine Le Pen (24 000 € par mois à yoyoter comme un perroquet) juste pour s’enrichir, le père avait déjà 60 ans d’argent derrière lui, avec sa fille = 100 ans d’argent public = un gros magot, c’est l’euro-dreams de la française des jeux qui tombe tous les mois par virement bancaire.

    Belle vie et comme l’Algérie ne veut plus payer ce genre de charges financières, elle est critiquée sur tous les plateaux de télévision.

    – Avantage avec l’Italie ou l’Espagne, il n’y a pas de tout ça. C’est d’égal à égal, on ne va pas se ressasser le passé sans arrêt car ça fatique beaucoup.

    Imaginez, vous retournez chez votre ex-femme pour la garde des enfants, la pension alimentaire, qui paie, qui éduque, les responsabilités, vous en avez vite marre.

    Il faut donc changer d’épouse, prendre une nouvelle chérie pour avancer.

    Un Etat c’est la même chose. Si vous voulez avancer, on ne retourne jamais chez l’ancien colonisateur qui essaiera toujours de vous rabaisser ou de diminuer votre niveau pour que vous soyez toujours dans des difficultés comme l’a fait Mitterand où il avait incité Chadli Bendjedid a donné du gaz gratuit pendant plus de 19 ans au Maroc suivi de Bouteflika qui avait encore continué 20 ans = 39 ans de gaz gratuit.

    In fine, la France nous a mis la carotte et a refilé le Sahara occidental au Maroc.

    Le gratuit ce n’est jamais bénéfique. Celui qui donne en paie toujours le prix

    Répondre
  6. c’est une minorité sans reperes et vivant de fantasmes qui voit ce pays dirigé par des saltimbanques comme un eldorado .

    Répondre

Laisser un commentaire