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15 ans de détention arbitraire : Naâma Asfari en grève de la faim illimitée

Par Kahina B.-H. Le respect du droit international au cœur d’un bras de fer vital. Détenu arbitrairement, le prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari a débuté une grève de la faim illimitée le 8 juin dernier. Cette action ultime fait suite à trois grèves de la faim de 48 heures menées en mai, restées ignorées par le Makhzen. Elle vise à exiger l’application de l’Avis du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.

«L’Etat marocain n’a appliqué aucune des mesures préconisées dans l’Avis du Groupe de travail de 2023, qui dénonçait une détention arbitraire et demandait la libération des prisonniers sahraouis du groupe de Gdeim Izik, lourdement condamnés sur la base d’aveux obtenus sous la torture, comme l’a attesté le Comité contre la torture des Nations unies», déplore l’Association des Amis de la RASD (AARASD) dans un communiqué de presse.

Dans ce même document, l’association relaie les dénonciations des prisonniers concernant de graves négligences médicales et des représailles systématiques à leur encontre.

«Ces pratiques marocaines viennent d’être dénoncées et caractérisées dans le rapport 2025 intitulé : Pas de traitement… Pas de visite… Pas de justice, publié par la Ligue pour la protection des prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines (LPPS)», souligne l’organisation.

L’Association rapporte que, lors d’un bref appel à sa famille, Naâma Asfari a pu décrire les conditions drastiques dans lesquelles se déroule sa grève de la faim. Actuellement enfermé à l’infirmerie de la prison de Kénitra, il n’est autorisé à sortir qu’une heure par jour pour sa promenade. S’il dispose de ses livres, il est en revanche privé de lampe, de table et de chaise.

L’organisation précise qu’après une douzaine de jours de jeûne, le prisonnier politique a déjà perdu cinq kilos. Malgré cet affaiblissement physique, il maintient une force mentale intacte, confiant à ses proches : «Mon cerveau travaille et j’intériorise le stoïcisme.»

« Avec Naâma Asfari, nous appelons à la libération de tous les prisonniers sahraouis de Gdeim Izik et nous soutenons sa bataille pour la dignité», a appelé l’association qui, face à la gravité de ces 15 années de détention arbitraire, exhorte la communauté internationale – notamment la France, les institutions de l’ONU et les ONG des droits de l’Homme – à exiger des explications urgentes du gouvernement marocain pour mettre fin à cette situation de non-droit. L’association réaffirme son soutien total à Naâma Asfari et aux prisonniers politiques sahraouis dans toutes leurs initiatives face au déni persistant de l’Etat marocain.

 R. I.

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