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Le président français était-il visé par l’attentat commis près de son point de chute à Damas ?

Par Mohamed K. – Deux bombes artisanales ont explosé ce mardi matin à proximité de l’hôtel Four Seasons de Damas où Emmanuel Macron avait passé la nuit lors de sa visite officielle en Syrie. Les explosions, qui ont fait au moins 18 blessés selon les autorités syriennes, sont intervenues peu après le départ du chef de l’Etat français vers le palais présidentiel, où il devait rencontrer le président syrien Ahmed Al-Charaa. A ce stade, aucune revendication n’a été publiée et rien ne permet d’affirmer que le président français constituait la cible directe de cette attaque.

La coïncidence du calendrier interroge néanmoins. La visite d’Emmanuel Macron est la première d’un dirigeant occidental depuis la chute de Bachar Al-Assad et l’arrivée au pouvoir d’un nouveau pouvoir islamiste à Damas. Macron s’est rendu en Syrie pour signer une série de contrats après l’effondrement de l’économie syrienne.

Les deux engins explosifs étaient de fabrication artisanale, l’un dissimulé dans une benne à ordures, l’autre dans un véhicule stationné à proximité de l’hôtel. Ce mode opératoire évoque davantage une action préparée localement qu’une opération militaire sophistiquée. Reste une question essentielle : les auteurs savaient-ils précisément où se trouvait le président français et à quel moment il quitterait les lieux ? Si l’objectif avait été son élimination, le calendrier semble avoir été mal synchronisé, puisque les explosions sont intervenues après son départ.

Plusieurs hypothèses demeurent ouvertes. Des opposants au régime actuel, issu d’Al-Qaïda, et à ses soutiens occidentaux pourraient avoir cherché à envoyer un message politique en démontrant que la capitale syrienne reste vulnérable. D’autres acteurs, opposés à la consolidation du nouveau pouvoir ou à la reprise des relations diplomatiques avec l’Europe, pourraient également avoir intérêt à déstabiliser ce moment hautement symbolique. Enfin, il ne faut pas exclure une attaque visant avant tout les forces de sécurité syriennes ou les institutions situées dans ce secteur particulièrement sensible.

En l’absence de revendication et alors que l’enquête ne fait que commencer, une certitude s’impose. Ces explosions rappellent, en effet, que, malgré la fin officielle de la guerre civile, la Syrie demeure un pays où l’opposition armée fidèle à Al-Assad et les groupes terroristes rivaux d’Al-Nosra conservent une capacité de nuisance importante. Le message adressé aujourd’hui semble, en tout cas, à la fois destiné à Emmanuel Macron et à tous ceux qui souhaitent convaincre le monde que Damas est redevenue une capitale pleinement sécurisée.

M. K.

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